On ne nous dit pas tout !

Bonjour la compagnie,

Elevés dans l’univers des contes de Perrault et de Walt Disney, nous avons besoin d’un monde où le méchant est une brute avérée qui se voit de loin à l’instar  des frères Rapetout, de l’Ogre, de la vilaine sorcière de Blanche Neige ou des Allemands de 1914 rhabillés par la presse revancharde.

Dans l’affaire du génocide rwandais, j’avais compris, aimablement renseigné par les médias que les gentils Tutsis avaient été effroyablement égorgés, lapidés, étranglés par les méchants Hutus que la radio des Mille-Collines incitaient au meurtre.

Dans les derniers numéros du « Fanatique » (de l’aviation)  ce drame est évoqué par une série d’articles « l’aviation au cœur de l’enfer ». L’objet en est l’aviation gouvernementale rwandaise et son action dans le conflit à partir de 1990. En toile de fond il y naturellement une situation politique particulièrement orageuse.

Première découverte le gouvernement du président Habyarimana est l’objet d’une attaque en règle lancée de l’Ouganda voisin par le FPR, entité tutsis revancharde qui tient à reprendre le pouvoir. Ils sont les enfants de ceux qui furent massacrés à la fin des années cinquante dont les survivants se réfugièrent dans ce pays. Ce FPR franchit la frontière et repousse allègement les force armées rwandaises qui ne sont pas à la hauteur. La France soutient du bout des lèvres le gouvernement officiel avec quelques hélicoptères de combat mais fera la sourde oreille aux demandes incessantes du président Habyarimana.

Pourtant ces maigres effectifs aériens vont permettre de stopper l’invasion du FPR. Celui-ci ne désarme pas et reçoit même l’aide de militaires zaïrois spécialisés dans le viol et la rapine. Naturellement les Tutsis de l’intérieur subissent le contre coup du conflit et sont malmenés par la majorité Hutus.

Dès le début de 1991 le FPR reprend le sentier de la guerre contre une armée rwandaise toujours aussi médiocre au combat. Désormais l’Ouganda fournit la rébellion en missile sol air SA-16. A la fin de 1991 le FPR contrôle 25% du territoire et poursuit sa marche en avant en semant le chaos dans tout le pays. Il n’hésite jamais à s’en prendre aux populations civiles et à bombarder les camps de réfugiés. Naturellement pour eux massacrer les Hutus est une seconde nature. Si le FPR signe sous les « cessez-le- feu » que l’on veut il poursuit la conquête sans sourciller.

Afin d’aller plus vite en besogne le FPR décide alors d’un attentat contre le président Habyarimana avec l’aide de missiles ougandais. Ce sera fait le 6 avril 1994.  Le Falcon 50 piloté par des officiers français, Jacky Heraud et Jean Pierre Minaberry est atteint par deux projectiles qui ne leur laissent aucune chance. Avec eux disparait le président et une partie de son état major.
La chasse aux Tutsis et le crime de masse va immédiatement être déclenché dans une atmosphère de chaos incroyable. Si les Hutus ont pris une part à l’holocauste, les Tutsis de l’extérieur n’étaient pas resté les bras ballants et avaient tout fait pour créer l’irréparable.

Refermons donc les « contes de Perrault » laissons « Blanche Neige » de coté et saisissons-nous de « Docteur Jekyll et Mister Hyde » autrement réaliste concernant les circonvolutions du cerveau humain.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Sur la peau de bouc : « Se cacher dans les fonds de misaine pendant la manœuvre »

Le mot du général

Devant des ministres somnolents, Couve de Murville récite son exposé hebdomadaire de politique « internationale »

  • La démarche énergique qu’a effectuée notre ambassadeur auprès du gouvernement de la République Fédérale Allemande… La ferme représentation que j’ai faite au représentant de Sa Majesté britannique… Le fructueux échange de vues…
  • Monsieur le ministre des affaires étrangères, tonne le Général, ayez donc l’obligeance de bien vouloir (crescendo) cesser d’enfoncer des portes ouvertes en nous faisant croire (crescendo) que ce sont des arcs de triomphe.

Pages noires de la Résistance

Bonjour la compagnie,
Notre histoire comporte quelques pages sombres à oublier bien vite.

De l’année 1944 nous nous rappelons des héros, cachés dans les forêts depuis 1941, en guenilles, armés de bric et de broc qui guettaient l’envahisseur au coin d’un bois et réglaient leur compte aux « collaborateurs ».
Cette image est vraie si nous parlons des colonels  Georges GUINGOUIN ou Henri ROMAN-PETIT mais il en est d’autres de moins reluisantes.

Mon grand-père était pétainiste et patriote, il déménagea de Nice vers la Dordogne en mars 1944 au prétexte que le ravitaillement ne posait pas de problème là-bas. Mauvaise pioche, on le retrouvera assassiné sur un chemin forestier  au mois de juillet. En effet une proportion importante de la résistance armée était communiste et envisageait très sérieusement une prise de pouvoir conforme aux idéaux moscoutaires pour construire (enfin)  un monde où le prolétaire goûterait à la joie de vivre.

Pour atteindre ce but il convenait  d’éliminer tout collaborateur, milicien véritable ou bourgeois  supposé qui ne manquerait pas le jour venu d’être un suppôt de la réaction.

En ce qui concerne le Limousin le communiste Georges GUINGOIN, le futur « préfet du maquis » avait transformé son territoire en « petite Russie ». De Saint Gilles la Forêt à Treignac et Eymoutiers  l’ordre régnait et les exactions inutiles n’avaient pas cours. Il faisait à son idée sans suivre les directives du « Parti » ce qui le mettra dans une situation très pénible après la guerre. Il n’en était pas de même au nord de Limoges, du côté de Magnac-Laval où les exécutions sommaires de traîtres supposés ne manquaient pas.

Il reste peu de traces de cette justice expéditive néanmoins après la guerre. Dans les années cinquante il fut demandé aux membres de certaines associations de  rédiger leurs souvenirs sur des cahiers d’écolier. Ceux-ci furent collectés, mis en lieu sûr et disparurent de la circulation. Xavier Laroudie  dans son livre « UN SEUL CHÂTIMENT pour les traitres » en a retrouvé un dont il cite les « bonnes pages ». L’auteur est un militant communiste de Saint-Junien, communiste comme il se doit ( gilet jaune avant l’heure). Il nous conte par le menu l’exécution de quelques traîtres.

« Un Alsacien marié à une Française et engagé dans la Wehrmacht finissait sa permission le 21 mars 1944. Le 20 nous décidons de l’attaquer et de le descendre. Nous partons à trois et pendant que le camarade et moi montions la garde, l’autre de deux balles dans la tête exécute le traître ».

En fait ce soldat  était engagé dans la L.V.F. lui était un vrai traître. En juin 1944 notre maquisard rejoint le groupe « Rolland » cantonné au hameau des Ramades.

« Le lendemain le groupe auquel j’étais rattaché parti à côté du Chêne-Plantier faire un barrage. Les 15, 16 et 17 juin 1944 nous restons là-bas. Le 16 un milicien passe avec toute sa famille ne pensant pas être reconnu. Mais le malheur pour lui est qu’il y avait un camarade qui le connaissait et nous l’arrêtons. A la tombée de la nuit, il s’évade et pendant deux heures nous le cherchons mais nous ne le trouvons pas. Bien qu’il soit blessé, il  nous échappe. Nous allons arrêter sa femme, son associée plutôt en représailles et nous la gardons.
J’avais allumé un peu de feu malgré la nuit et nous nous chauffions pendant que les camarades faisaient leur tour de garde ou se reposaient. Avec deux autres, nous interrogions la gonzesse. Nous avions les mains un peu lestes pendant qu’elle se défendait mollement, après un autre attaquait par ailleurs. Enfin le sergent donna l’ordre de la ramener chez elle, elle n’était pas celle que nous voulions. Nous la ramenons à deux et en arrivant à la maison, nous avons rigolé un bon coup et nous sommes revenus au barrage reprendre notre poste.»
« Le 18 un milicien est amené au camp et je suis chargé de l’interroger et c’est moi qui le soir l’ai abattu comme un animal malfaisant.  Je l’ai tellement bien interrogé que je conserve encore la  marque de mon poing et qu’il a avoué »

Il est alors affecté à la 2 414èmecompagnie mais il ne perd pas la main.

«  Comme je me suis bien conduit au combat on me donne un milicien à exécuter, je lui fais creuser son trou et sauter dedans se coucher, après quoi, soigneusement je le descends. C’était le 30 juin. C’était mon deuxième milicien.»

Et le 3 et 4 juillet :

« Nous sommes allé chercher le milicien qui nous avait été désigné. Une garce de gonzesse nous tire dessus et blesse un copain, ce fut le bouquet. Nous l’arrêtons et revenons au camp avec 3 prisonniers : 2 miliciens et une milicienne et avec 10 fusils e 10 revolvers. Nous allons déménager une fois de plus et quand nous sommes arrivés je demande et obtiens d’exécuter la milicienne. Elle avait 48 ans, j’ai gardé son anneau de mariage en souvenir.»

« Avant que je l’exécute, elle m’a dit textuellement : «  Ce n’est pas bien ce que vous faites là, celui qui est la-haut vous jugera et vous irez en enfer
« Comme je suis beaucoup croyant je m’ennuie follement »

Plus tard dans la nuit.

«  Et à un kilomètre de là, il y a une maison où habitait un milicien. Nous nous arrêtons chez lui et le faisons prisonnier et moi-même je l’exécute, ça faisait 4 boches, 3 miliciens et une milicienne que j’avais sur la conscience ».

«  Le 20 juillet, occupation de Saint Sulpice les feuilles, 31 miliciens arrêtés et exécutés, parmi lesquels 6 femmes dont 4 de moins de 20 ans. Le 21, occupation du Dorat 14 miliciens arrêtés et exécutés. »

Comme vous le voyez il ne fallait sans doute pas grand-chose pour être déclaré milicien quant aux jeunes filles de moins de 20 ans on se doute bien qu’elles ne devaient pas être très dangereuses ni engagées dans la collaboration.

D’ailleurs un certain nombre de ces exécutés ont été déclarés « mort pour la France »

Mais nous n’y pouvons rien c’est la justice du peuple.

A bientôt pour la suite de nos aventures

Donec

Sur la peau de bouc (motif de punitions dans la Marine de grand père)

  • 40 jours de prison (ordre du Préfet Maritime) « Avoir été l’objet d’une ordonnance de non-lieu. »

Les mots du Général

Du maréchal Montgomery : « Ce n’est pas un soldat, c’est un acteur. Mais il joue tellement bien la comédie du chef qu’il arrive à s’identifier à son personnage. »

Histoire du bon vieux temps

Bonjour la compagnie,
Autour de moi l’humeur est à l’orage, et tous regrettent le bon vieux temps où l’honnêteté régnait à tous les étages, les épouses étaient fidèles et  les  maris attentionnés.

Pourtant en ces temps anciens, vers 1914 nous avons pu constater quelques fâcheux dérapages aux conséquences souvent fatales.

Qui se souvient aujourd’hui de  l’édifiante affaire du Salmson-Moineau ?

René Moineau est un ingénieur jamais à court d’idées, passablement débrouillard et prêt à tout pour faire avancer ses affaires. Pilote il participe à de nombreuses expérimentations sur les Breguets qui participent aux éliminatoires de la coupe Schneider. En 1914 la guerre éclate et le voilà au camp retranché de Paris.

Il intègre alors la société Samson qui produit les moteurs d’avions qui vont faire sa fortune. Pourtant une étape reste à franchir, la réalisation d’un véritable avion ; les Allemands de leur coté ne sont pas restés inactifs et envoient sur  le front leurs Fokkers « Eindecker » qui sont équipés d’une mitrailleuse tirant à travers le disque de l’hélice et qui mettent à mal nos antiques Voisins.

Plein d’imagination René Moineau  va concevoir une étrange machine dont le moteur installé dans la carlingue va actionner deux hélices.  Sur l’avant installé dans un balcon le mitrailleur est  prêt à en découdre.  Le même équipement est installé sur l’arrière. Malheureusement la machine est trop lourde, son moteur chauffe, et elle plafonne à 120 km /h ce qui en fait l’appareil le plus lent de sa génération. C’est le genre d’avions que tous les pilotes exècrent surtout s’ils doivent affronter la chasse allemande.  Les services-techniques de l’armée demandent s’il est bien raisonnable de commander ce monstre.

Pourtant une commande est officialisée le 18 novembre 1916. Commande hors de prix puisque proposée à 75 000 francs quand le Caudron R.IV se négocie à 35 000 francs. 105 modèles sont pourtant commandés.
Inutile de vous dire que de nombreux accidents assombrissent le tableau, en huit mois 31 tués, disparus, prisonniers ou blessés. L’atterrissage c’est quitte ou double. Engagé dans le secteur du chemin des dames son activité opérationnelle ne durera pas.

Mais comment une telle machine a pu être acquise par l’armée ? La seule explication que nous pouvons admettre, c’est la corruption des décideurs publics par le constructeur. Ajoutons qu’est entré dans la boucle un personnage sulfureux : Charles Humbert. Il  saura  se tirer des situations les plus abracadabrantesques  ses co-accusés étant eux condamnés à mort (affaire Bolo Pacha). Humbert est un sénateur très influent, membre de la toute-puissante commission sénatoriale des armées. Il n’hésite devant rien, le chantage ou la prévarication intervenant dans les commandes militaires et ramassant sa petite commission au passage.
En 1919 l’affaire Samson éclate,

 On découvre par exemple qu’il à tenté en 1912 d’obtenir une commission de 250 000 francs pour défendre en commission d’achat le « Flyer » de Wilbur Wright. Celui-ci refusera mais visiblement le motoriste Samson n’a pas les mêmes scrupules. Un arrangement est même trouvé qui permettra à Humbert de faire un lobbying effréné, de multiplier les éloges du constructeur dans son journal et de bien beurrer ses épinards.

Pourtant dans les différents procès auxquels il devra répondre l’affaire des Salmson-Moineau n’est jamais évoquée. Pourtant il y avait fort à parier que le bon sénateur avait su donner le coup de pouce au bon moment.

Ainsi nous pouvons dire : « c’était pire avant ! »

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Sur la peau de bouc : « Avoir profité du mal de mer de ses camarades pour boire toutes les rations de vin et ivresse légère ».

Les mots du Général :
La reddition du commandant des forces allemandes à Paris achoppe sur l’opposition des troupes F.T.P. En désespoir de cause, Leclerc décide d’appeler le Général.

  • Mon général, j’ai un problème avec Rol-Tanguy…
  • Qui est ce Rol ?
  • Le chef des F.F.I. Mon général.
  • Et alors,
  • Et bien Rol-Tanguy ne veut pas que…
  • Ecoutez Leclerc, votre Rol, tout F.F.I.  qu’il est c’est un civil  non ? C’est un Français, non ?
  •  …
  •    Bon, et bien… Foutez -le à la porte !                         

La hyène de la Gestap.

Bonjour la compagnie,

Comme j’étais las des héros, des compagnons de la Libération, des infirmières modèles et résistantes, je me suis dit que je pourrais jouer une musique un peu plus virile sur fond glauque.

J’ai donc trouvé une héroïne du mal, Violette MORRIS, devenue sous  l’Occupation la « Hyène de la Gestap ». Le décor est planté, voyons ce  personnage.

Il est haut en couleurs, de bonne naissance, fille du baron, militaire en retraite, Pierre Jacques MORRIS et de Betsy SAKAKINI riche héritière levantine. Elle nait à Paris en 1893. Sportive accomplie, elle a découvert dans son couvent  de l’Assomption à Huy le charme des plaisirs saphiques auxquels elle restera fidèle toute sa vie. Courageuse et casse-cou, elle va se distinguer pendant  la première guerre comme estafette motocycliste. En 1918 portant un uniforme masculin, elle décide de ne porter que des complets-vestons. Ayant reçu l’héritage conséquent de ses parents, elle se consacrera au sport, à tous les sports : Automobile, football, athlétisme, cyclisme, natation pugilat. Son slogan : «  ce qu’un homme peut faire, Voilette peut le faire ! » Malheureusement son caractère, son attitude et son franc-parler indisposent les patrons de fédérations qui la laissent souvent sur le banc de touche, suspectant qu’elle soit un homme travesti. Pour cette raison elle ne  participe pas aux jeux olympiques de 1928. Amie de Jean Marais, de Jean Cocteau et de Joséphine Baker, elle est la maîtresse de l’actrice Yvonne de Bray. Cocteau se servira de ce couple pour écrire la pièce : « les monstres sacrés ». Ses démêlés avec la justice, la police et différentes fédérations sportives étant innombrables, elle se lance dans la compétition automobile. En 1928 elle gagne le Bol d’Or sur B.N.C. marque de cyclecars célébrissime à l’époque.

En 1936 elle participe aux jeux olympiques de Berlin. Elle est alors approchée par l’Abwehr , une association de malfaiteurs pour laquelle elle se miT à espionner. En 1937 elle est arrêtée pour avoir, en état de légitime défense tué un légionnaire qui l’avait menacée. Elle est libérée dans la foulée.

Pendant la guerre, recruté par Helmut KNOCHEN, chef du renseignement SS à Paris, elle est chargée d’engager des espions et de contrer les membres anglais du S.O.E .. D’aucuns prétendent que rue des Saussaies elle se chargeait de l’interrogatoire des prisonnières, elle acquit ainsi sa réputation de « Hyène de la Gestap. ».

La Résistance décide alors d’en finir et lui tend une embuscade. Le26 avril 1944 elle survient à fond les manettes  au volant de sa traction 15 6 cylindres gonflée. Le groupe « Surcouf » ne lui laisse aucune chance. Elle est volatilisée.  La 15 et ses occupants disparaissent sans laisser de trace.

Voila pour notre Hyène !

Naturellement j’aurais dû  plutôt vous parler d’Alix MARRIER d’UNIENVILLE née à l’île Maurice en 1915 et décédée à Paris en 1998, résistante dès juillet 1940, agente du SOE, parachutée en France arrêté par la Gestapo,  elle feint la folie, s’évade, retrouve Paris avec les Américains. D’une beauté sculpturale, elle devient une des premières hôtesses d’Air France et vole sur le mythique Super-Constellation. Elle écrit « en vol » témoignage d’une hôtesse de l’air,  En 1950 elle est la première femme à recevoir le prix Albert Londres. Une autre destinée….

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

L’anecdote du jour : Un jour Jean François Kahn demande bêtement au merveilleux Francis BLANCHE sa définition du rire, il lui répond : « Quand on me pose cette question, je n’y suis pour Bergson! »

Et l’amour dans tout ça?

Bonjour la compagnie,

 Le séjour sur le tombeau des ancêtres exacerbe ma passion pour la lecture, j’ai donc fait l’acquisition à la librairie Jean Jaurès de l’autobiographie du célèbre journaliste touche-à-tout  Jean François KAHN : « Mémoire d’outre vie ».

L’ouvrage contient quelques belles rencontres de vie et d’expériences vécues. Je vais vous en faire partager une.

La vie à deux, le mariage sont toujours pour l’observateur perspicace un sujet d’étonnement.

Nous sommes au Club Méditerranée en Côte d’Ivoire, au seuil des années 60 où notre ami fait un séjour        avec son épouse. Parmi les gentils membres un Américain costaud au torse avantageux, poilu à souhait mais patibulaire et désagréable. Comme chaque jour il effectue un parcours crawlé, puis se hisse sur la plage et lance le cri de Tarzan. Or se jour-là il s’effondre…  sans vie. On l’installe dans une chambre et le médecin prévenu effectue sur notre athlète la respiration artificielle. C’est un échec et il déclare donc le « culturiste » mort. Les gentils organisateurs se rendent auprès de l’épouse avec mille précautions pour lui annoncer la terrible nouvelle.
Mais à la surprise générale  la Dame s’exclame « champagne pour tous ! » C’est la sidération. A entendre la dame le mari était un salopard violent  et elle est ravie de d’en être débarrassé : « enfin libre ! ».

Pendant ce temps un gentil organisateur opiniâtre poursuivait les exercices de respiration. Quelque chose craqua, une côte ou deux sans doute. Le moribond poussa alors un retentissant « Ouille ! ».

L’athlète patibulaire n’était pas mort !

Rappelé, le médecin penaud admit sa méprise. Il en fut tout autrement pour l’épouse qui  hurla, injuria, tempêta et n’admit pas que sont mari fût vivant. Il était mort, affaire classée, il n’y a pas à revenir dessus.

Les gentils organisateurs adeptes de la paix des ménages ne prévinrent pas le mari de la réaction de son épouse. Ce qui convenons-en était une sage décision pour l’avenir de leurs relations conjugales..

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Ps : en cadeau un dessin de l’ami Ballouhey

La fin du Tanio

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‌‌Bonjour la compagnie,

Nous sommes le 7  mars 1980, le pétrolier  malgache Tanio, chargé de 27 500 tonnes de fuel est en route pour l’Italie, Il vient de Wilhelmshaven en Allemagne. Le commandant est un Camarétois de 53 ans : Jean Morvan. C’est un marin très expérimenté qui termine sa carrière.   

En arrivant dans le port allemand le pétrolier avait touché le fond et un plongeur avait contrôlé l’état de la coque sans constater de dégâts apparents. Par ailleurs le Tanio est un navire solide parfaitement entretenu.

Ce jour-là, les conditions de navigation sont exécrables, vent d’Ouest de force   9 à 10, creux d’environ 9 mètres, le capitaine Morvan fait réduire l’allure. Le bâtiment poursuit sa route en tanguant fortement. Lorsque l’officier pont vient prendre son quart à 4 heures du matin son collègue ne lui signale rien d’anormal.

Le temps se dégrade encore, le vent fraîchit force 9 à 10 mais les hommes dorment en confiance. Dans le compartiment machines un officier mécanicien, un assistant et un chauffeur veillent sur le navire. Il est six heures, plus que deux heures avant la relève. 

A 4h10 Ils entendent un bruit sec assourdi par les paquets de mer, l’avant se soulève de plus en plus. Les hommes sont précipités sur la cloison séparant la chambre de veille de la chambre à cartes. Ils comprennent vite la situation : le navire s’est plié en deux, les deux parties reliées seulement par la tôle du pont qui fait charnière. La partie avant se dresse à 45°, jouet des vagues qui l’assaillent.

L’officier de quart appelle au poste d’abandon, les lumières s’éteignent. Les machines s’arrêtent et le pétroler sans erre, roule bord sur bord. Guy Delanoé, le chef mécanicien est descendu dans la machine.  A la vue de la situation, il ordonne au personnel de monter sur le pont et de capeler brassières et vêtements chauds. Un quart d’heure à peine s’est déroulé depuis les premiers craquements.

Vu de la plage arrière où se sont réfugiés les mécaniciens, le spectacle est dantesque, la partie avant est ballotée dans cette mer déchaînée, la proue dressée vers le ciel ; Une question se pose alors, que sont devenus les huit hommes de la partie avant ?

La cargaison de fuel lourd s’est répandue et noircit l’écume dans laquelle l’épave se débat. A 8 :00 dans un craquement sec les deux parties se séparent, l’arrière part à la dérive poussée par la violence du vent et la partie avant touche le fond. Avec de pareilles conditions météo l’équipage décide de ne pas mettre d’embarcations à la mer qui se briseraient contre la coque.
Une question se pose alors : » Que sont devenus les huit hommes de la partie avant ? ».

Heureusement le Conquet-radio signale que le pétrolier Français Vignemale a capté un appel de détresse provenant d’un navire dont il n’a pu saisir le nom. Le vent d’Ouest de force 9 à 10 passe de 10 à 11. A son tour le navire japonais Eitokumaru signale qu’un bateau inconnu est en train de couler. Quarante minutes plus tard on sait que c’est le pétrolier Tanio qui est en perdition. L’Abeille Languedoc appareille alors et un Super-Frelon décolle de la base de Lanvéoc-Poulmic. Le lieutenant de vaisseau Martin se positionne au-dessus de l’épave, le plongeur de bord descend et les trente et un marins sont hélitreuillés.

Va commencer alors pour l’abeille-Languedoc le difficile remorquage avec le passage de deux hommes à bord de l’épave. Il faudra plusieurs jours pour mettre la partie arrière à l’abri dans le port du Havre.

Mais le bilan humain est élevé puisque huit marins français et malgache dont le commandant et le commandant en second  ont perdu la vie. Nous ne parlons pas de la pollution qui fera périr 40 000 oiseaux et encore aujourd’hui le pétrole continue, en petite quantités à souiller les plages bretonnes.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Sur la Peau de Bouc
« Rentrer à bord en état d’indigestion et incongruités sur le pont »

La 9ème compagnie du régiment de marche du Tchad

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‌Bonjour la compagnie,

Il est des épisodes glorieux de notre histoire que nous n’hésitons jamais à commémorer et à mettre en avant. Il en est d’autres tout aussi glorieux mais moins franchement tricolores que nous laissons de côté et regardant ailleurs.

En 1936 éclate la guerre d’Espagne, où les tenants de la République doivent affronter leur propre armée. Ellereçoit l’aide intéressée du dictateur Staline et celle en demi-teinte de la France (on y parle déjà de Jean moulin). Le général Franco compte parmi ses supporters des dictateurs comme Hitler et Mussolini qui ne ménagent pas leur peine. Comme toute guerre civile les exactions sont nombreuses et encore aujourd’hui  dans le moindre village d’Andalousie, de Castille ou de Navarre n’a rien oublié.

En 1939 les troupes républicaines aguerries passent la frontière française poursuivies par les nationalistes. Certaines sont en ordre parfait, d’autres complètement débandées. Les hommes sont haves, barbus, épuisés mais ont au cœur la haine des régimes autoritaires européens. Nous allons donc les retrouver  dans la légion étrangère à Narvik et puis dans nos maquis. Je rappelais la semaine passée qu’ils composaient le dernier noyau des hommes du Colonel Georges Guingouin mais aussi les derniers combattants du Vercors.

La 9ème compagnie de la 2ème DB est placée sous le commandement du capitaine Raymond Dronne et elle reçoit l’ordre du général Leclerc le 23 août de foncer sur Paris. L’Hôtel de Ville sera atteint au soir du 24. Mais les premiers véhicules à s’installer sur la place ne se nomment pas «  Romilly », « Champaubert » ou « Montmirail » mais plus prosaïquement « Guadalajara », « Ebro », « Teruel » et « Guernica ». Ce sont les half-tracks blindés de la « Nueve » aux ordres du Lieutenant Amado Granell ex-officier de l’armée républicaine espagnole. Plus, les Espagnols de la « Nueve » sont chargés de l’escorte du général de Gaulle lors de la célèbre descente des Champs-Elysées. Ils défilent, porteurs d’un immense drapeau de la seconde république espagnole.

Tombés dans l’oubli après la guerre les survivants de la « Nueve » , Manuel Fernandez, Luis Royo   Ibanez et Raphaël Gomez recevront la grande médaille de vermeil de la ville de Pars le 24 février 2010.

A très bientôt pour la suite de nos aventures

Donec

Ps : cette semaine petit coup de chapeau à l’armée de l’air…
Sur la peau de bouc :
« Rentrer à bord en état d’indigestion et incongruités sur le pont »

1944 à Eymoutiers

‌Bonjour la compagnie,

Eymoutiers est une petite ville perdue au fin fond d’une campagne limousine verdoyante à souhait.

Bâtie sur les bords de la Vienne elle a conservé du temps de sa splendeur un magnifique patrimoine architectural dont une abbaye de belle taille. Région « rouge » par excellence personne ne s’étonnera des scores obtenus dès avant la dernière guerre par le docteur Jules Fraisseix soutenu par le parti communiste.

Encore aujourd’hui certains partis qui tiennent le haut du pavé en Provence ont tout juste le droit de cité. Vous imaginez aisément que pendant la guerre ces bois profonds étaient infestés de maquis siglés F.T.P.F. sous l’autorité d’un chef prestigieux : le Colonel Georges Guingouin, « Lou Grand » avant de devenir en 1944 le « préfet du maquis ».

A cette époque mon oncle est soutien de famille, son père est décédé depuis deux ans, il a 17 ans et pour toute fortune un petit camion Citroën U23 équipé d’un gazogène avec lequel, sans permis de conduire bien sûr, il assume les transports indispensables pour la commune.

Un beau matin, pendant une de ses tournées, il tombe sur des hommes armés qui sans autre forme de procès décident de s’approprier son camion… Sans se démonter car le garçon est dégourdi, il accepte de leur laisser le camion à condition qu’il en reste le chauffeur. Et le voilà maquisard.

Son premier contact avec l’ennemi ne tarde pas, le même jour à dix-huit heures, le groupe se rend chez un mécanicien. Au retour, passant devant la gare, Ils y découvrent un train allemand arrêté. Des soldats sont sortis, prennent l’air et se dégourdissent les jambes. Ils sont à 30 mètres. Il s’apprête à faire une rapide marche arrière.

Mais le lieutenant F.T.P.F. lui ordonne « Fonce vite dedans, ils vont bien nous laisser le passage ! »

Deux hommes sont allongés sur les ailes armés de leurs pistolets mitrailleurs Thomson. Sur le toit par l’ouverture pratiqué un fusil mitrailleur est à poste.

Il lance alors le U23 contre les Allemands qui s’écartent au dernier moment…

Le 14 juillet 1944 c’est la fête, après quatre ans de présence allemande. La jeunesse va en chantant par les rues. Les accordéons sortent de leurs étuis et des bals populaires s’improvisent dans les granges : valses, tangos, pasos, tout y passe. Mais un lieutenant F.T.P.F. arrive essoufflé, monte sur l’estrade, réclame le silence et demande à tous les maquisards de rejoindre leur chef. La mobilisation générale est décrétée par le Colonel Guingouin.

Les allemands sont en train de lancer une offensive contre le maquis d’Eymoutiers, il y a un mois c’étaient les massacres de Tulle et d’Oradour-sur-Glane. Quelques jours auparavant les Anglais avaient parachuté des quantités d’armes et de munitions (je le sais ma mère faisait les foins à Grand-Sagne et les forteresses volantes passait à très basse altitude pour larguer leur chargement). Ces armes avaient alors été distribuées à la jeunesse d’Eymoutiers qui armée jusqu’aux dents de grenades, de mitraillettes, de bazookas avec les munitions qui vont avec et se préparent à l’attaque.

Cette attaque contre le mont Gargan débute le 16 juillet. Mon oncle assiste d’un peu loin à cette offensive qui illumine la montagne. Le fort de la bataille se situe dans le cimetière de Saint-Gilles-les Forêts. La chapelle apparaît en rouge sombre sur le bleu profond de la nuit. L’oncle est posté sur le bord de la route et arme un fusil mitrailleur en compagnie d’un Italien. Des ombres passent ce sont les fuyards. Au matin, les Allemands tiennent la montagne et encerclent les maquis. La bataille est maintenant aux portes de la ville. Georges Guingouin prend les choses en main, fustige ses lieutenants et fait appel à son Joker… Les républicains espagnols. Ces hommes, anciens de la guerre d’Espagne autrement aguerris que les maquisards limousins vont bloquer l’accès des Allemands au mont Gargan. En plus avec les évènements qui se déroulent en Normandie on a besoin d’eux plus au nord et ils abandonnent la partie.

Ouf du côté d’Eymoutiers on a eu chaud !

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Tarente 1940 les les rosbeefs s’en donnent à coeur jeu

‌Bonjour la compagnie,

L’Angleterre est un étrange pays où ont été conçues les machines volantes les plus laides qu’il soit. Tout le monde se souvient du Fairey « Gannet », de L’incroyable Avro « Shackelton » et de leurs hélices contrarotatives. Je ne vous parle pas du « Swordfish » sorte de tortue volante, monture de demi-dieux qui allèrent en 1940 chatouiller les moustaches teutonnes mais pas que.
Le 11 novembre 1940 à partir du porte-avions «  Illoustrious » les Britanniques allaient imposer leurs vues aux Italiens dans le contrôle de la suprématie en Méditerranée.

La base de Tarente, située sous le pied de la botte italienne était particulièrement bien équipée pour la construction et l’entretien des bâtiments de guerre. Malheureusement la protection anti-aérienne ou anti-torpilles était particulièrement négligée pour des raisons essentiellement budgétaires. Nous noterons également l’absence de radar et de projecteurs à faible portée.
En août 1940 de nouvelles unités étaient venues se joindre à la flotte, les cuirassés « Vittorio Veneto » et « Littorio », magnifiques bâtiments de 41 000 tonnes qui filaient 30 nœuds. Ils étaient équipés de 9 canons de 381 mm et de 12 canons de 152 mm sans parler des pièces de défense aérienne nombreuse et bien servie. On trouverait là à qui parler<.

En octobre 1940 les Italiens envahissent l’Epire et semblent vouloir contrôler la mer Egée où transitent de nombreux convois anglais. La Grande-Bretagne allait donc montrer de quel bois elle se chauffait. Le commandant en chef de la « Mediterranean Fleet » l’amiral CUNNINGHAM décide d’un raid surprise vers le port de Tarente ce sera l’opération « Judgement ». Son armada appareille d’Alexandrie le 6 novembre composée de cuirassés, de croiseurs, de quinze destroyers mais surtout d’un porte -avions équipé de ses célèbres « Swordfish ».

De leur coté les Italiens inquiets du remue-ménage causé par la flotte anglaise qu’ils surveillaient du coin de l’œil avait fait rentrer tous les bâtiments en rade de Tarente. Comme a dit l’amiral Cunningham : « Tous les oiseaux étaient dans le nid ».

Le 11 novembre, à 20 :30 les avions décollent de « l’Illustrious » et sont sur zone à 23 :20. Ils ouvrent le bal.

« Evoluant tranquillement à 5 000 pieds dans le grondement des canons des six cuirassés, des bordées des croiseurs et destroyers qui avaient relégué au second plan les défenses du port qui n’étaient plus que la frange extérieure d’un déluge de feu projeté au-dessus des flots par un peuple de défenseurs furieux et enragés contre des cibles qu’ils n’apercevaient que pendant quelques secondes. Dans cet enfer cinq, puis six « Swordfish » ont exécuté leur danse de mort et de destruction avec leur torpilles, entrant dans le port à quelques pieds au- dessus de l’eau ; Si bas que l’un d’eux a même touché l’eau de ses roues. Neuf autres biplans ont plongé et largué 48 bombes de 250 livres (113.4 kg) obligeant les servants de la DCA à disperser leurs tir sous des angles différents […] il semble incroyable que seul deux des lents biplans aient été abattu. En fait les pilotes volaient si bas que les Italiens ne pouvaient pas tirer sur eux sans risquer de toucher leurs propres navires ou la ville proche du port. Les avions volants plus haut ne risquaient pas grand-chose non plus car les fusées éclairant sous leur parachutes éblouissaient les tireurs tout en attirant leur visée derrière les avions largueurs»

Bref cette attaque fit cinquante neuf victimes mais paralysa la « Régia Marina » pour le reste de la guerre. Elle était désormais incapable d’escorter les convois vers la Libye. La moitié de leur force navale italienne était hors service.

Désormais la preuve était faite de l’efficacité des porte-avions et cette leçon ne sera pas oubliée par les Japonais à Pearl Harbour.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec Sur la peau de bouc : « Etre allé boire dans un débit étant de corvée pour faire de l’eau 

Encore Winston !

‌Bonjour la compagnie,
Il est des personnages historiques dont on ne se lasse pas, le plus emblématique est sans conteste Winston Churchill dont nous parlons régulièrement.
Ses mots d’esprit et ses réparties nous enchantent.

Naturellement comme on ne prête qu’aux riches, certains n’ont jamais été prononcés comme la réplique à Lady Astor qu’on lui attribue en lui disant qu’il boirait son café empoisonné s’il était son mari – reste la réponse qu’il fit à la députée travailliste Bessie Braddock en 1946 :

  • Winston vous êtes saoul, horriblement saoul.
  • Bessie ma chère, vous êtes laide et pire encore horriblement laide. Mais demain moi, je ne serai plus saoul et vous vous serez toujours horriblement laide

Il ne perdait jamais l’occasion de vitupérer contre les partis socialiste ou travailliste. Par exemple : « le vice inhérent du capitalisme c’est la répartition inégale de ses bienfaits. La vertu inhérente du socialisme, c’est la répartition égale de ses méfaits ».

Ses réparties étaient toujours d’un humour assassin. Un jour un ancien travailliste de haut rang Wilfred Paling (palissade en anglais) cria « Sale Chien » à Winston. Celui-ci sans se démonter rétorqua « Le très honorable membre devrait se rappeler ce que font les chiens aux palissades. »
Inutile de dire que lors des interventions de Churchill la salle du parlement était comble.

Par ailleurs il était docteur honoris causa de plusieurs universités ce qui lui fit déclarer le 26 février 1946 « Je suis surpris de voir que, vers la fin de ma vie, j’ai acquis une telle expérience dans l’obtention des diplômes alors que, quand j’étais écolier, j’avais tant de mal à réussir mes examens. En fait on pourrait presque dire que personne n’a jamais réussi aussi peu d’examen et reçu autant de diplômes. ».

Notre grand homme a toujours été sensible au bonheur du peuple. Les travaillistes l’avaient évincé du pouvoir en 1946 et mis en place une multitude de lois sociales. Revenu au pouvoir en 1953 il n’abrogea rien, bien au contraire, poursuivra sa construction de logements sociaux. Sans doute une des conséquences de l’attitude du peuple anglais à son égard pendant la guerre. Il s’inquiéta également de l’état lamentable de la situation alimentaire et du rationnement. Lloyd George apporta à Downing Street un plat en fer où étaient peinte la ration d’une famille.

  • Pas mal dit Churchill avec satisfaction
  • Mais ce ne sont pas les rations pour un repas ni pour une journée, c’est pour une semaine
  • Une semaine ! mais la population meurt de faim ! s’exclama Winston hors de lui.

Il faudra attendre 1954 pour que la situation s’améliore ce qui sera à mettre au crédit de son gouvernement.

Son régime alimentaire faisait l’admiration de tous pour un homme de plus de 70 ans. En 1952 il confia au roi : « Quand j’étais jeune, j’avais pour règle de ne jamais boire avant le déjeuner. Maintenant, ma règle ; c’est de ne pas boire avant le petit déjeuner ». Harold Mac Millan nous livre la composition de son petit déjeuner à 7h30. Œufs, bacon, saucisses et café suivis d’un grand whisky à l’eau de Seltz et d’un énorme cigare qui faisait l’admiration générale.

Sa retraite prise, établi à Chartwell, il aimait bien recevoir des visites en nourrissant ses poissons rouges qu’il appelait « mes chéris ». Un jour il proposa un whisky à l’eau de Seltz à un mormon qui lui répondit : Puis-je plutôt avoir de l’eau, sir Winston ? C’est ce que boivent les lions. – Les ânes aussi ! » fut sa réponse.

Sur la fin de sa vie il s’installait à Cap d’Ail chez Lord Beaverbrook. Un soir Daisy Fellowes qui avait épousé un cousin germain s’exclama alors qu’il paraissait endormi : « Quel dommage qu’un si grand homme se plaise à passer ses années de déclin en compagnie d’Onassis et de Wendy Reves » on entendit un grognement puis « Daisy, Wendy est trois choses que vous ne serez jamais : elle est jeune, elle est belle et elle est gentille. »

Bref pour tout vous dire notre héros fut un homme politique, sportif, artiste, orateur, parlementaire, journaliste, essayiste, joueur de casino, soldat, correspondant de guerre, aventurier, patriote, internationaliste, rêveur, pragmatique, stratège, sioniste, impérialiste, monarchiste, démocrate, égocentriste, hédoniste, romantique mais aussi lépidoptériste, chasseur de gros gibier, amoureux des animaux, rédacteur en chef de journal, espion, maçon, bel esprit, pilote d’avion, cavalier, romancier et « bébé pleurnicheur »

Quel homme !

J’en profite pour conseiller aux meilleurs d’entre vous de vous procurer au plus vite le livre de Andrew Roberts intitulé sobrement : Churchill

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Donec