Histoire du bon vieux temps

Bonjour la compagnie,
Autour de moi l’humeur est à l’orage, et tous regrettent le bon vieux temps où l’honnêteté régnait à tous les étages, les épouses étaient fidèles et  les  maris attentionnés.

Pourtant en ces temps anciens, vers 1914 nous avons pu constater quelques fâcheux dérapages aux conséquences souvent fatales.

Qui se souvient aujourd’hui de  l’édifiante affaire du Salmson-Moineau ?

René Moineau est un ingénieur jamais à court d’idées, passablement débrouillard et prêt à tout pour faire avancer ses affaires. Pilote il participe à de nombreuses expérimentations sur les Breguets qui participent aux éliminatoires de la coupe Schneider. En 1914 la guerre éclate et le voilà au camp retranché de Paris.

Il intègre alors la société Samson qui produit les moteurs d’avions qui vont faire sa fortune. Pourtant une étape reste à franchir, la réalisation d’un véritable avion ; les Allemands de leur coté ne sont pas restés inactifs et envoient sur  le front leurs Fokkers « Eindecker » qui sont équipés d’une mitrailleuse tirant à travers le disque de l’hélice et qui mettent à mal nos antiques Voisins.

Plein d’imagination René Moineau  va concevoir une étrange machine dont le moteur installé dans la carlingue va actionner deux hélices.  Sur l’avant installé dans un balcon le mitrailleur est  prêt à en découdre.  Le même équipement est installé sur l’arrière. Malheureusement la machine est trop lourde, son moteur chauffe, et elle plafonne à 120 km /h ce qui en fait l’appareil le plus lent de sa génération. C’est le genre d’avions que tous les pilotes exècrent surtout s’ils doivent affronter la chasse allemande.  Les services-techniques de l’armée demandent s’il est bien raisonnable de commander ce monstre.

Pourtant une commande est officialisée le 18 novembre 1916. Commande hors de prix puisque proposée à 75 000 francs quand le Caudron R.IV se négocie à 35 000 francs. 105 modèles sont pourtant commandés.
Inutile de vous dire que de nombreux accidents assombrissent le tableau, en huit mois 31 tués, disparus, prisonniers ou blessés. L’atterrissage c’est quitte ou double. Engagé dans le secteur du chemin des dames son activité opérationnelle ne durera pas.

Mais comment une telle machine a pu être acquise par l’armée ? La seule explication que nous pouvons admettre, c’est la corruption des décideurs publics par le constructeur. Ajoutons qu’est entré dans la boucle un personnage sulfureux : Charles Humbert. Il  saura  se tirer des situations les plus abracadabrantesques  ses co-accusés étant eux condamnés à mort (affaire Bolo Pacha). Humbert est un sénateur très influent, membre de la toute-puissante commission sénatoriale des armées. Il n’hésite devant rien, le chantage ou la prévarication intervenant dans les commandes militaires et ramassant sa petite commission au passage.
En 1919 l’affaire Samson éclate,

 On découvre par exemple qu’il à tenté en 1912 d’obtenir une commission de 250 000 francs pour défendre en commission d’achat le « Flyer » de Wilbur Wright. Celui-ci refusera mais visiblement le motoriste Samson n’a pas les mêmes scrupules. Un arrangement est même trouvé qui permettra à Humbert de faire un lobbying effréné, de multiplier les éloges du constructeur dans son journal et de bien beurrer ses épinards.

Pourtant dans les différents procès auxquels il devra répondre l’affaire des Salmson-Moineau n’est jamais évoquée. Pourtant il y avait fort à parier que le bon sénateur avait su donner le coup de pouce au bon moment.

Ainsi nous pouvons dire : « c’était pire avant ! »

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Sur la peau de bouc : « Avoir profité du mal de mer de ses camarades pour boire toutes les rations de vin et ivresse légère ».

Les mots du Général :
La reddition du commandant des forces allemandes à Paris achoppe sur l’opposition des troupes F.T.P. En désespoir de cause, Leclerc décide d’appeler le Général.

  • Mon général, j’ai un problème avec Rol-Tanguy…
  • Qui est ce Rol ?
  • Le chef des F.F.I. Mon général.
  • Et alors,
  • Et bien Rol-Tanguy ne veut pas que…
  • Ecoutez Leclerc, votre Rol, tout F.F.I.  qu’il est c’est un civil  non ? C’est un Français, non ?
  •  …
  •    Bon, et bien… Foutez -le à la porte !                         

La hyène de la Gestap.

Bonjour la compagnie,

Comme j’étais las des héros, des compagnons de la Libération, des infirmières modèles et résistantes, je me suis dit que je pourrais jouer une musique un peu plus virile sur fond glauque.

J’ai donc trouvé une héroïne du mal, Violette MORRIS, devenue sous  l’Occupation la « Hyène de la Gestap ». Le décor est planté, voyons ce  personnage.

Il est haut en couleurs, de bonne naissance, fille du baron, militaire en retraite, Pierre Jacques MORRIS et de Betsy SAKAKINI riche héritière levantine. Elle nait à Paris en 1893. Sportive accomplie, elle a découvert dans son couvent  de l’Assomption à Huy le charme des plaisirs saphiques auxquels elle restera fidèle toute sa vie. Courageuse et casse-cou, elle va se distinguer pendant  la première guerre comme estafette motocycliste. En 1918 portant un uniforme masculin, elle décide de ne porter que des complets-vestons. Ayant reçu l’héritage conséquent de ses parents, elle se consacrera au sport, à tous les sports : Automobile, football, athlétisme, cyclisme, natation pugilat. Son slogan : «  ce qu’un homme peut faire, Voilette peut le faire ! » Malheureusement son caractère, son attitude et son franc-parler indisposent les patrons de fédérations qui la laissent souvent sur le banc de touche, suspectant qu’elle soit un homme travesti. Pour cette raison elle ne  participe pas aux jeux olympiques de 1928. Amie de Jean Marais, de Jean Cocteau et de Joséphine Baker, elle est la maîtresse de l’actrice Yvonne de Bray. Cocteau se servira de ce couple pour écrire la pièce : « les monstres sacrés ». Ses démêlés avec la justice, la police et différentes fédérations sportives étant innombrables, elle se lance dans la compétition automobile. En 1928 elle gagne le Bol d’Or sur B.N.C. marque de cyclecars célébrissime à l’époque.

En 1936 elle participe aux jeux olympiques de Berlin. Elle est alors approchée par l’Abwehr , une association de malfaiteurs pour laquelle elle se miT à espionner. En 1937 elle est arrêtée pour avoir, en état de légitime défense tué un légionnaire qui l’avait menacée. Elle est libérée dans la foulée.

Pendant la guerre, recruté par Helmut KNOCHEN, chef du renseignement SS à Paris, elle est chargée d’engager des espions et de contrer les membres anglais du S.O.E .. D’aucuns prétendent que rue des Saussaies elle se chargeait de l’interrogatoire des prisonnières, elle acquit ainsi sa réputation de « Hyène de la Gestap. ».

La Résistance décide alors d’en finir et lui tend une embuscade. Le26 avril 1944 elle survient à fond les manettes  au volant de sa traction 15 6 cylindres gonflée. Le groupe « Surcouf » ne lui laisse aucune chance. Elle est volatilisée.  La 15 et ses occupants disparaissent sans laisser de trace.

Voila pour notre Hyène !

Naturellement j’aurais dû  plutôt vous parler d’Alix MARRIER d’UNIENVILLE née à l’île Maurice en 1915 et décédée à Paris en 1998, résistante dès juillet 1940, agente du SOE, parachutée en France arrêté par la Gestapo,  elle feint la folie, s’évade, retrouve Paris avec les Américains. D’une beauté sculpturale, elle devient une des premières hôtesses d’Air France et vole sur le mythique Super-Constellation. Elle écrit « en vol » témoignage d’une hôtesse de l’air,  En 1950 elle est la première femme à recevoir le prix Albert Londres. Une autre destinée….

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

L’anecdote du jour : Un jour Jean François Kahn demande bêtement au merveilleux Francis BLANCHE sa définition du rire, il lui répond : « Quand on me pose cette question, je n’y suis pour Bergson! »

Et l’amour dans tout ça?

Bonjour la compagnie,

 Le séjour sur le tombeau des ancêtres exacerbe ma passion pour la lecture, j’ai donc fait l’acquisition à la librairie Jean Jaurès de l’autobiographie du célèbre journaliste touche-à-tout  Jean François KAHN : « Mémoire d’outre vie ».

L’ouvrage contient quelques belles rencontres de vie et d’expériences vécues. Je vais vous en faire partager une.

La vie à deux, le mariage sont toujours pour l’observateur perspicace un sujet d’étonnement.

Nous sommes au Club Méditerranée en Côte d’Ivoire, au seuil des années 60 où notre ami fait un séjour        avec son épouse. Parmi les gentils membres un Américain costaud au torse avantageux, poilu à souhait mais patibulaire et désagréable. Comme chaque jour il effectue un parcours crawlé, puis se hisse sur la plage et lance le cri de Tarzan. Or se jour-là il s’effondre…  sans vie. On l’installe dans une chambre et le médecin prévenu effectue sur notre athlète la respiration artificielle. C’est un échec et il déclare donc le « culturiste » mort. Les gentils organisateurs se rendent auprès de l’épouse avec mille précautions pour lui annoncer la terrible nouvelle.
Mais à la surprise générale  la Dame s’exclame « champagne pour tous ! » C’est la sidération. A entendre la dame le mari était un salopard violent  et elle est ravie de d’en être débarrassé : « enfin libre ! ».

Pendant ce temps un gentil organisateur opiniâtre poursuivait les exercices de respiration. Quelque chose craqua, une côte ou deux sans doute. Le moribond poussa alors un retentissant « Ouille ! ».

L’athlète patibulaire n’était pas mort !

Rappelé, le médecin penaud admit sa méprise. Il en fut tout autrement pour l’épouse qui  hurla, injuria, tempêta et n’admit pas que sont mari fût vivant. Il était mort, affaire classée, il n’y a pas à revenir dessus.

Les gentils organisateurs adeptes de la paix des ménages ne prévinrent pas le mari de la réaction de son épouse. Ce qui convenons-en était une sage décision pour l’avenir de leurs relations conjugales..

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Ps : en cadeau un dessin de l’ami Ballouhey

La fin du Tanio

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‌‌Bonjour la compagnie,

Nous sommes le 7  mars 1980, le pétrolier  malgache Tanio, chargé de 27 500 tonnes de fuel est en route pour l’Italie, Il vient de Wilhelmshaven en Allemagne. Le commandant est un Camarétois de 53 ans : Jean Morvan. C’est un marin très expérimenté qui termine sa carrière.   

En arrivant dans le port allemand le pétrolier avait touché le fond et un plongeur avait contrôlé l’état de la coque sans constater de dégâts apparents. Par ailleurs le Tanio est un navire solide parfaitement entretenu.

Ce jour-là, les conditions de navigation sont exécrables, vent d’Ouest de force   9 à 10, creux d’environ 9 mètres, le capitaine Morvan fait réduire l’allure. Le bâtiment poursuit sa route en tanguant fortement. Lorsque l’officier pont vient prendre son quart à 4 heures du matin son collègue ne lui signale rien d’anormal.

Le temps se dégrade encore, le vent fraîchit force 9 à 10 mais les hommes dorment en confiance. Dans le compartiment machines un officier mécanicien, un assistant et un chauffeur veillent sur le navire. Il est six heures, plus que deux heures avant la relève. 

A 4h10 Ils entendent un bruit sec assourdi par les paquets de mer, l’avant se soulève de plus en plus. Les hommes sont précipités sur la cloison séparant la chambre de veille de la chambre à cartes. Ils comprennent vite la situation : le navire s’est plié en deux, les deux parties reliées seulement par la tôle du pont qui fait charnière. La partie avant se dresse à 45°, jouet des vagues qui l’assaillent.

L’officier de quart appelle au poste d’abandon, les lumières s’éteignent. Les machines s’arrêtent et le pétroler sans erre, roule bord sur bord. Guy Delanoé, le chef mécanicien est descendu dans la machine.  A la vue de la situation, il ordonne au personnel de monter sur le pont et de capeler brassières et vêtements chauds. Un quart d’heure à peine s’est déroulé depuis les premiers craquements.

Vu de la plage arrière où se sont réfugiés les mécaniciens, le spectacle est dantesque, la partie avant est ballotée dans cette mer déchaînée, la proue dressée vers le ciel ; Une question se pose alors, que sont devenus les huit hommes de la partie avant ?

La cargaison de fuel lourd s’est répandue et noircit l’écume dans laquelle l’épave se débat. A 8 :00 dans un craquement sec les deux parties se séparent, l’arrière part à la dérive poussée par la violence du vent et la partie avant touche le fond. Avec de pareilles conditions météo l’équipage décide de ne pas mettre d’embarcations à la mer qui se briseraient contre la coque.
Une question se pose alors : » Que sont devenus les huit hommes de la partie avant ? ».

Heureusement le Conquet-radio signale que le pétrolier Français Vignemale a capté un appel de détresse provenant d’un navire dont il n’a pu saisir le nom. Le vent d’Ouest de force 9 à 10 passe de 10 à 11. A son tour le navire japonais Eitokumaru signale qu’un bateau inconnu est en train de couler. Quarante minutes plus tard on sait que c’est le pétrolier Tanio qui est en perdition. L’Abeille Languedoc appareille alors et un Super-Frelon décolle de la base de Lanvéoc-Poulmic. Le lieutenant de vaisseau Martin se positionne au-dessus de l’épave, le plongeur de bord descend et les trente et un marins sont hélitreuillés.

Va commencer alors pour l’abeille-Languedoc le difficile remorquage avec le passage de deux hommes à bord de l’épave. Il faudra plusieurs jours pour mettre la partie arrière à l’abri dans le port du Havre.

Mais le bilan humain est élevé puisque huit marins français et malgache dont le commandant et le commandant en second  ont perdu la vie. Nous ne parlons pas de la pollution qui fera périr 40 000 oiseaux et encore aujourd’hui le pétrole continue, en petite quantités à souiller les plages bretonnes.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Sur la Peau de Bouc
« Rentrer à bord en état d’indigestion et incongruités sur le pont »

La 9ème compagnie du régiment de marche du Tchad

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‌Bonjour la compagnie,

Il est des épisodes glorieux de notre histoire que nous n’hésitons jamais à commémorer et à mettre en avant. Il en est d’autres tout aussi glorieux mais moins franchement tricolores que nous laissons de côté et regardant ailleurs.

En 1936 éclate la guerre d’Espagne, où les tenants de la République doivent affronter leur propre armée. Ellereçoit l’aide intéressée du dictateur Staline et celle en demi-teinte de la France (on y parle déjà de Jean moulin). Le général Franco compte parmi ses supporters des dictateurs comme Hitler et Mussolini qui ne ménagent pas leur peine. Comme toute guerre civile les exactions sont nombreuses et encore aujourd’hui  dans le moindre village d’Andalousie, de Castille ou de Navarre n’a rien oublié.

En 1939 les troupes républicaines aguerries passent la frontière française poursuivies par les nationalistes. Certaines sont en ordre parfait, d’autres complètement débandées. Les hommes sont haves, barbus, épuisés mais ont au cœur la haine des régimes autoritaires européens. Nous allons donc les retrouver  dans la légion étrangère à Narvik et puis dans nos maquis. Je rappelais la semaine passée qu’ils composaient le dernier noyau des hommes du Colonel Georges Guingouin mais aussi les derniers combattants du Vercors.

La 9ème compagnie de la 2ème DB est placée sous le commandement du capitaine Raymond Dronne et elle reçoit l’ordre du général Leclerc le 23 août de foncer sur Paris. L’Hôtel de Ville sera atteint au soir du 24. Mais les premiers véhicules à s’installer sur la place ne se nomment pas «  Romilly », « Champaubert » ou « Montmirail » mais plus prosaïquement « Guadalajara », « Ebro », « Teruel » et « Guernica ». Ce sont les half-tracks blindés de la « Nueve » aux ordres du Lieutenant Amado Granell ex-officier de l’armée républicaine espagnole. Plus, les Espagnols de la « Nueve » sont chargés de l’escorte du général de Gaulle lors de la célèbre descente des Champs-Elysées. Ils défilent, porteurs d’un immense drapeau de la seconde république espagnole.

Tombés dans l’oubli après la guerre les survivants de la « Nueve » , Manuel Fernandez, Luis Royo   Ibanez et Raphaël Gomez recevront la grande médaille de vermeil de la ville de Pars le 24 février 2010.

A très bientôt pour la suite de nos aventures

Donec

Ps : cette semaine petit coup de chapeau à l’armée de l’air…
Sur la peau de bouc :
« Rentrer à bord en état d’indigestion et incongruités sur le pont »

1944 à Eymoutiers

‌Bonjour la compagnie,

Eymoutiers est une petite ville perdue au fin fond d’une campagne limousine verdoyante à souhait.

Bâtie sur les bords de la Vienne elle a conservé du temps de sa splendeur un magnifique patrimoine architectural dont une abbaye de belle taille. Région « rouge » par excellence personne ne s’étonnera des scores obtenus dès avant la dernière guerre par le docteur Jules Fraisseix soutenu par le parti communiste.

Encore aujourd’hui certains partis qui tiennent le haut du pavé en Provence ont tout juste le droit de cité. Vous imaginez aisément que pendant la guerre ces bois profonds étaient infestés de maquis siglés F.T.P.F. sous l’autorité d’un chef prestigieux : le Colonel Georges Guingouin, « Lou Grand » avant de devenir en 1944 le « préfet du maquis ».

A cette époque mon oncle est soutien de famille, son père est décédé depuis deux ans, il a 17 ans et pour toute fortune un petit camion Citroën U23 équipé d’un gazogène avec lequel, sans permis de conduire bien sûr, il assume les transports indispensables pour la commune.

Un beau matin, pendant une de ses tournées, il tombe sur des hommes armés qui sans autre forme de procès décident de s’approprier son camion… Sans se démonter car le garçon est dégourdi, il accepte de leur laisser le camion à condition qu’il en reste le chauffeur. Et le voilà maquisard.

Son premier contact avec l’ennemi ne tarde pas, le même jour à dix-huit heures, le groupe se rend chez un mécanicien. Au retour, passant devant la gare, Ils y découvrent un train allemand arrêté. Des soldats sont sortis, prennent l’air et se dégourdissent les jambes. Ils sont à 30 mètres. Il s’apprête à faire une rapide marche arrière.

Mais le lieutenant F.T.P.F. lui ordonne « Fonce vite dedans, ils vont bien nous laisser le passage ! »

Deux hommes sont allongés sur les ailes armés de leurs pistolets mitrailleurs Thomson. Sur le toit par l’ouverture pratiqué un fusil mitrailleur est à poste.

Il lance alors le U23 contre les Allemands qui s’écartent au dernier moment…

Le 14 juillet 1944 c’est la fête, après quatre ans de présence allemande. La jeunesse va en chantant par les rues. Les accordéons sortent de leurs étuis et des bals populaires s’improvisent dans les granges : valses, tangos, pasos, tout y passe. Mais un lieutenant F.T.P.F. arrive essoufflé, monte sur l’estrade, réclame le silence et demande à tous les maquisards de rejoindre leur chef. La mobilisation générale est décrétée par le Colonel Guingouin.

Les allemands sont en train de lancer une offensive contre le maquis d’Eymoutiers, il y a un mois c’étaient les massacres de Tulle et d’Oradour-sur-Glane. Quelques jours auparavant les Anglais avaient parachuté des quantités d’armes et de munitions (je le sais ma mère faisait les foins à Grand-Sagne et les forteresses volantes passait à très basse altitude pour larguer leur chargement). Ces armes avaient alors été distribuées à la jeunesse d’Eymoutiers qui armée jusqu’aux dents de grenades, de mitraillettes, de bazookas avec les munitions qui vont avec et se préparent à l’attaque.

Cette attaque contre le mont Gargan débute le 16 juillet. Mon oncle assiste d’un peu loin à cette offensive qui illumine la montagne. Le fort de la bataille se situe dans le cimetière de Saint-Gilles-les Forêts. La chapelle apparaît en rouge sombre sur le bleu profond de la nuit. L’oncle est posté sur le bord de la route et arme un fusil mitrailleur en compagnie d’un Italien. Des ombres passent ce sont les fuyards. Au matin, les Allemands tiennent la montagne et encerclent les maquis. La bataille est maintenant aux portes de la ville. Georges Guingouin prend les choses en main, fustige ses lieutenants et fait appel à son Joker… Les républicains espagnols. Ces hommes, anciens de la guerre d’Espagne autrement aguerris que les maquisards limousins vont bloquer l’accès des Allemands au mont Gargan. En plus avec les évènements qui se déroulent en Normandie on a besoin d’eux plus au nord et ils abandonnent la partie.

Ouf du côté d’Eymoutiers on a eu chaud !

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Tarente 1940 les les rosbeefs s’en donnent à coeur jeu

‌Bonjour la compagnie,

L’Angleterre est un étrange pays où ont été conçues les machines volantes les plus laides qu’il soit. Tout le monde se souvient du Fairey « Gannet », de L’incroyable Avro « Shackelton » et de leurs hélices contrarotatives. Je ne vous parle pas du « Swordfish » sorte de tortue volante, monture de demi-dieux qui allèrent en 1940 chatouiller les moustaches teutonnes mais pas que.
Le 11 novembre 1940 à partir du porte-avions «  Illoustrious » les Britanniques allaient imposer leurs vues aux Italiens dans le contrôle de la suprématie en Méditerranée.

La base de Tarente, située sous le pied de la botte italienne était particulièrement bien équipée pour la construction et l’entretien des bâtiments de guerre. Malheureusement la protection anti-aérienne ou anti-torpilles était particulièrement négligée pour des raisons essentiellement budgétaires. Nous noterons également l’absence de radar et de projecteurs à faible portée.
En août 1940 de nouvelles unités étaient venues se joindre à la flotte, les cuirassés « Vittorio Veneto » et « Littorio », magnifiques bâtiments de 41 000 tonnes qui filaient 30 nœuds. Ils étaient équipés de 9 canons de 381 mm et de 12 canons de 152 mm sans parler des pièces de défense aérienne nombreuse et bien servie. On trouverait là à qui parler<.

En octobre 1940 les Italiens envahissent l’Epire et semblent vouloir contrôler la mer Egée où transitent de nombreux convois anglais. La Grande-Bretagne allait donc montrer de quel bois elle se chauffait. Le commandant en chef de la « Mediterranean Fleet » l’amiral CUNNINGHAM décide d’un raid surprise vers le port de Tarente ce sera l’opération « Judgement ». Son armada appareille d’Alexandrie le 6 novembre composée de cuirassés, de croiseurs, de quinze destroyers mais surtout d’un porte -avions équipé de ses célèbres « Swordfish ».

De leur coté les Italiens inquiets du remue-ménage causé par la flotte anglaise qu’ils surveillaient du coin de l’œil avait fait rentrer tous les bâtiments en rade de Tarente. Comme a dit l’amiral Cunningham : « Tous les oiseaux étaient dans le nid ».

Le 11 novembre, à 20 :30 les avions décollent de « l’Illustrious » et sont sur zone à 23 :20. Ils ouvrent le bal.

« Evoluant tranquillement à 5 000 pieds dans le grondement des canons des six cuirassés, des bordées des croiseurs et destroyers qui avaient relégué au second plan les défenses du port qui n’étaient plus que la frange extérieure d’un déluge de feu projeté au-dessus des flots par un peuple de défenseurs furieux et enragés contre des cibles qu’ils n’apercevaient que pendant quelques secondes. Dans cet enfer cinq, puis six « Swordfish » ont exécuté leur danse de mort et de destruction avec leur torpilles, entrant dans le port à quelques pieds au- dessus de l’eau ; Si bas que l’un d’eux a même touché l’eau de ses roues. Neuf autres biplans ont plongé et largué 48 bombes de 250 livres (113.4 kg) obligeant les servants de la DCA à disperser leurs tir sous des angles différents […] il semble incroyable que seul deux des lents biplans aient été abattu. En fait les pilotes volaient si bas que les Italiens ne pouvaient pas tirer sur eux sans risquer de toucher leurs propres navires ou la ville proche du port. Les avions volants plus haut ne risquaient pas grand-chose non plus car les fusées éclairant sous leur parachutes éblouissaient les tireurs tout en attirant leur visée derrière les avions largueurs»

Bref cette attaque fit cinquante neuf victimes mais paralysa la « Régia Marina » pour le reste de la guerre. Elle était désormais incapable d’escorter les convois vers la Libye. La moitié de leur force navale italienne était hors service.

Désormais la preuve était faite de l’efficacité des porte-avions et cette leçon ne sera pas oubliée par les Japonais à Pearl Harbour.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec Sur la peau de bouc : « Etre allé boire dans un débit étant de corvée pour faire de l’eau 

Encore Winston !

‌Bonjour la compagnie,
Il est des personnages historiques dont on ne se lasse pas, le plus emblématique est sans conteste Winston Churchill dont nous parlons régulièrement.
Ses mots d’esprit et ses réparties nous enchantent.

Naturellement comme on ne prête qu’aux riches, certains n’ont jamais été prononcés comme la réplique à Lady Astor qu’on lui attribue en lui disant qu’il boirait son café empoisonné s’il était son mari – reste la réponse qu’il fit à la députée travailliste Bessie Braddock en 1946 :

  • Winston vous êtes saoul, horriblement saoul.
  • Bessie ma chère, vous êtes laide et pire encore horriblement laide. Mais demain moi, je ne serai plus saoul et vous vous serez toujours horriblement laide

Il ne perdait jamais l’occasion de vitupérer contre les partis socialiste ou travailliste. Par exemple : « le vice inhérent du capitalisme c’est la répartition inégale de ses bienfaits. La vertu inhérente du socialisme, c’est la répartition égale de ses méfaits ».

Ses réparties étaient toujours d’un humour assassin. Un jour un ancien travailliste de haut rang Wilfred Paling (palissade en anglais) cria « Sale Chien » à Winston. Celui-ci sans se démonter rétorqua « Le très honorable membre devrait se rappeler ce que font les chiens aux palissades. »
Inutile de dire que lors des interventions de Churchill la salle du parlement était comble.

Par ailleurs il était docteur honoris causa de plusieurs universités ce qui lui fit déclarer le 26 février 1946 « Je suis surpris de voir que, vers la fin de ma vie, j’ai acquis une telle expérience dans l’obtention des diplômes alors que, quand j’étais écolier, j’avais tant de mal à réussir mes examens. En fait on pourrait presque dire que personne n’a jamais réussi aussi peu d’examen et reçu autant de diplômes. ».

Notre grand homme a toujours été sensible au bonheur du peuple. Les travaillistes l’avaient évincé du pouvoir en 1946 et mis en place une multitude de lois sociales. Revenu au pouvoir en 1953 il n’abrogea rien, bien au contraire, poursuivra sa construction de logements sociaux. Sans doute une des conséquences de l’attitude du peuple anglais à son égard pendant la guerre. Il s’inquiéta également de l’état lamentable de la situation alimentaire et du rationnement. Lloyd George apporta à Downing Street un plat en fer où étaient peinte la ration d’une famille.

  • Pas mal dit Churchill avec satisfaction
  • Mais ce ne sont pas les rations pour un repas ni pour une journée, c’est pour une semaine
  • Une semaine ! mais la population meurt de faim ! s’exclama Winston hors de lui.

Il faudra attendre 1954 pour que la situation s’améliore ce qui sera à mettre au crédit de son gouvernement.

Son régime alimentaire faisait l’admiration de tous pour un homme de plus de 70 ans. En 1952 il confia au roi : « Quand j’étais jeune, j’avais pour règle de ne jamais boire avant le déjeuner. Maintenant, ma règle ; c’est de ne pas boire avant le petit déjeuner ». Harold Mac Millan nous livre la composition de son petit déjeuner à 7h30. Œufs, bacon, saucisses et café suivis d’un grand whisky à l’eau de Seltz et d’un énorme cigare qui faisait l’admiration générale.

Sa retraite prise, établi à Chartwell, il aimait bien recevoir des visites en nourrissant ses poissons rouges qu’il appelait « mes chéris ». Un jour il proposa un whisky à l’eau de Seltz à un mormon qui lui répondit : Puis-je plutôt avoir de l’eau, sir Winston ? C’est ce que boivent les lions. – Les ânes aussi ! » fut sa réponse.

Sur la fin de sa vie il s’installait à Cap d’Ail chez Lord Beaverbrook. Un soir Daisy Fellowes qui avait épousé un cousin germain s’exclama alors qu’il paraissait endormi : « Quel dommage qu’un si grand homme se plaise à passer ses années de déclin en compagnie d’Onassis et de Wendy Reves » on entendit un grognement puis « Daisy, Wendy est trois choses que vous ne serez jamais : elle est jeune, elle est belle et elle est gentille. »

Bref pour tout vous dire notre héros fut un homme politique, sportif, artiste, orateur, parlementaire, journaliste, essayiste, joueur de casino, soldat, correspondant de guerre, aventurier, patriote, internationaliste, rêveur, pragmatique, stratège, sioniste, impérialiste, monarchiste, démocrate, égocentriste, hédoniste, romantique mais aussi lépidoptériste, chasseur de gros gibier, amoureux des animaux, rédacteur en chef de journal, espion, maçon, bel esprit, pilote d’avion, cavalier, romancier et « bébé pleurnicheur »

Quel homme !

J’en profite pour conseiller aux meilleurs d’entre vous de vous procurer au plus vite le livre de Andrew Roberts intitulé sobrement : Churchill

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Donec

Adieu Bertrand

Bonjour la compagnie

Dans sa bonne ville de Lyon, il veillait sur la destinée de l’Institut Lumière, temple du 7ème art dont il était le gardien de l’Histoire. Ce grand garçon dégingandé et sympathique nous a quittés le 25 mars. Depuis 1974 Bertrand Tavernier réalisait des films attachants, poétiques  et de haute tenue avec les acteurs que nous aimons tous.

Tout avait commencé en 1974 avec son « Horloger de Saint Paul » d’après une nouvelle de Georges Simenon. Il avait planté sa caméra dans sa ville de Lyon toute en traboules et en bouchons. Philippe Noiret, horloger et bon vivant essayait de sortir des griffes de la justice un fils un peu expéditif dans ses relations avec le vigile violeur de son amie.

Cet amour pour sa ville on le retrouvera dans « Une semaine de vacances » où la gentille Nathalie Baye pète un peu les plombs. On profite de l’occasion pour visiter la maison où plane encore l’ombre du père Tavernier grand résistant, éditeur de la revue « Confluences » et hébergeur de Louis Aragon pendant la guerre.

En 1975 il offre un rôle à Michel Galabru où celui-ci donne toute sa mesure, « Le Juge et l’assassin » où un chemineau « sérial killer » assassine à tour de bras les bergères. Là encore éclatent la finesse et l’Humanité de Tavernier dans la France ingrate du XIXème siècle.

Un an plus tard il donne dans le film historique avec « Que la fête commence » florilège des turpitudes de la Régence avec Noiret en grand seigneur cynique et Jean Rochefort en abbé Dubois plus vrai que nature.

En 1981 avec « Coup de torchon » il réalise une adaptation d’un roman noir de Jim Thomson. il nous joue la colonisation façon Céline avec un cynisme déconcertant. Il faut voir Philippe Noiret en ange exterminateur des ordures d’un milieu colonial en décomposition. Succès immense nominé aux Oscars et aux Césars.

En 2002dans « Laissez passer » il prend pour cible Ce cinéma des années 40 que nous aimons tous avec les Carné, Prévert, Autan-Lara, Clouzot et tant d’autres. Nous sommes sur les plateaux de tournage avec deux héros résistant chacun à sa façon, Jacques Gamblin et Jean Aurenche. En toile de fond se dessine avec netteté ce monde du cinéma souvent passif et un rien collaborateur. En plus il nous montre l’homme des Nazis et de la Continental, Alfred Greven sous un jour mesuré et plutôt sympathique.

Nous ne pouvons pas passer sous silence ses œuvres traitant de la guerre de 1914 à commencer par « Capitaine Conan » magnifiquement campé par Philippe Torreton en baroudeur des Balkans au mieux de sa forme. Le roman d’où est tiré le scénario est, je le rappelle pour la jeunesse d’un auteur d’exception, Roger Vercel qui nous fit si souvent embarquer sur des cap-horniers. En 1989 il donne  « La vie et rien d’autre » qui traite de l’après-grande guerre à travers une quête nostalgique dans une France exsangue. L’Histoire semble figée dans le souvenir des héros disparus.

L’oeuvre de Bertrand Tavernier est naturellement beaucoup plus riche sans parler des livres écrits et de son amour du cinéma américain qu’il connaissait remarquablement. Bref je n’oublierai pas non plus le magnifique Claude Dauphin en peintre revenu de tout donnant la réplique à Sabine Azéma, femme libérée dans un film « belle époque ».

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Donec

Actuellement TV5 donne une formidable histoire du cinéma français par notre ami Tavernier qui est particulièrement jubilatoire. A ne surtout pas manquer !

La « peau de bouc » de la semaine :

  • Rire bruyamment sur le passage d’un gradé de façon à laisser supposer qu’il riait de lui.

Encore la perfide Albion

Nous allons évoquer aujourd’hui le triste évènement que fut Mers el Kébir mais nous nous intéresserons au point de vue des Anglais. Comment la perfide Albion a conçu et vécu l’évènement.

Nous sommes au début du mois de juillet 1940, la France a signé avec l’Allemagne un armistice le 22 juin, et c’est seulement le 10 juillet que les pleins pouvoirs seront accordés au Maréchal Pétain. Il règne dans les sphères gouvernementales françaises une pagaille d’interrègne.

La France vieillissante de 1939 a mis les pouces à la grande satisfaction de certains. Cependant l’armistice signé le 22 juin a rendu les Anglais fous de rage car ils vont devoir, seuls, résister au terrible choc des divisions nazies et se préparer à un éventuel débarquement. Pour eux qui voyaient l’armée française comme la meilleure du monde la déconvenue est terrible.
Churchill est consterné par l’armistice. Il en éprouve un immense chagrin et ne prendra aucun risque avec la flotte française dont l’appropriation par les Allemands aurait de terribles conséquences ; Il est certain que cet évènement aura lieu tôt ou tard.

Il a un long entretien avec le roi et la reine. Le souverain note à l’issue de la rencontre : « Il est furieux contre la France. Pourquoi devrions-nous lui faire des politesses après sa conduite envers nous ? Elle est revenue sur sa parole et sur son alliance, et sa flotte est dispersée un peu partout. Nous nous retrouvons seuls au monde, à attendre ».

Au soir du 1er juillet, après une entrevue Lord Beaverbrook écrira :

  • Ce n’est qu’à 2 heures du matin que Churchill prit sa décision. Il fallait qu’il la prenne tout seul. Il ne pouvait chercher aucun soutien – et n’en chercha pas [ … ] Juste après l’avoir prise, il quitta la salle du Conseil pour aller dans le jardin du 10 Downing Street. Il arpentait la pelouse, tandis que soufflait une forte brise – Une très forte brise. La nuit était noire. Il n’y avait de lumière nulle part mais il arpentait la pelouse de long en large parce qu’il en connaissait la moindre aspérité [ … ] Il était incroyablement perturbé et il ne reprit ses esprits qu’au bout de quelques minutes d’un vigoureux exercice.

Ce sera l’opération « Catapult ».

Le 2 juillet le premier ministre télégraphie a L’amiral Sommerville

  • Vous êtes chargé de l’une des tâches les plus désagréables et les plus difficiles auxquelles un amiral britannique ait jamais été confronté, mais nous avons entière confiance en vous et nous comptons sur vous pour l’exécuter sans faiblir.

Par la suite il qualifiera son ordre de couler la flotte française à Mers el Kébir et d’arraisonner les navires français à Portsmouth de décision odieuse, la plus contre nature et la plus douloureuse qui ne lui soit jamais échue.

Naturellement nous nous souvenons aussi que l’amiral Gensoul était libre d’éviter l’affrontement en se sabordant, en appareillant pour les Antilles, en rejoignant les Etats-Unis ou en venant se battre aux cotés des Britanniques.

Plutôt que de prendre une décision ferme il va faire traîner les négociations en longueur n’imaginant pas, contrairement à son chef d’état-major que les Anglais puissent attaquer. Si Darlan ne peut être joint l’amiral Luc transmet en clair l’ordre aux bâtiments de guerre français de se porter au secours de l’escadre de Mers El Kébir. En revanche, l’amiral Godfroy et sa force X au mouillage à Alexandrie parvient à sauvegarder sa flotte, Gensoul manque son rendez-vous avec l’Histoire.

Pour conclure Churchill le 4 juillet présente l’opération « Catapult » aux Communes. Il explique le « sinistre devoir » qu’il s’était senti obligé d’exécuter. Sa fille écrira : » Cela à été un jour très triste pour Papa. Sa déclaration a été triste et sombre, mais pleine de résolution et d’encouragement. Il a exposé la situation et l’action du gouvernement devant une chambre lugubre, attentive et pleine à craquer ». A l’issue du discours Winston se rassoit les larmes lui coulant sur les joues.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Sur la peau de bouc ; »Jeter à la mer par méchanceté les tripes des aspirants »