Souper chez les Trump

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Salut la compagnie,

Les vétérans de la marine nationale disposent à Nice d’un extraordinaire lieu de rencontre, un balcon sur la rade de Villefranche sur Mer. Ils entretiennent ce cadre avec amour et s’y réunissent régulièrement pour refaire le monde et partager un repas frugal.

Quelques personnages hauts en couleur, séduits par l’atmosphère sobrement patriotico-amicale se sont joints à eux. L’un de ces visiteurs est particulièrement attachant, globe-trotter incorrigible, polyglotte, il ne manque jamais de tenter des expériences enrichissantes comme de se faire opérer d’hernie inguinale dans le grand nord canadien par des esquimaux chasseurs d’ours blancs.

Ce personnage élégant entretien des relations chaleureuses aux Etats Unis avec des membres du parti républicain. Il y a quelques semaines entre deux opérations chirurgicales esquimaudes, il est amené à partager un souper fin en compagnie de son héros préféré : Donald Trump.

Notre ami, parlant russe, avait été placé auprès de la belle et opulente madame Trump, Mélania.

Dans la soirée La plantureuse égérie de Donald se penche vers son voisin le secrétaire d’état Tillerson.

– « J’ai acheté un Perroquet à Donald pour son anniversaire, il est magnifique. En plus il est tellement intelligent ! Donald lui a déjà appris à prononcer plus de deux cents mots différents ».

– « Incroyable, c’est magnifique » réponds Tillerson de sa voix profonde et métallique « mais savez vous qu’il prononce ces mots sans avoir aucune idée de leur signification »

– « Oh mais je le sais bien » rétorque la belle Mélania. Puis se penchant vers lui sur le ton de la confidence « Mais le Perroquet non plus ne comprend rien à ce qu’il répète ».

A la semaine prochaine

Donec

La folie des hommes

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Bonjour la compagnie,

Une vraie catastrophe ne s’improvise pas, elle est faite d’une succession de fautes, de mensonges, de légèretés, de maladresses, d’économies malvenues. Nous reconnaitrons pourtant que le résultat dépasse souvent les espérances. Enfin cerise sur le gâteau les coupables, s’ils n’ont pas la mauvaise idée de se suicider ne sont pas vraiment inquiétés.

Prenons par exemple le drame du Vajont. En 1956 l’Europe s’électrifie à grand frais. Il faut faire fonctionner les joujoux d’une société de consommation en plein développement. L’Italie n’échappe pas à la règle et l’édification de barrages hydro-électrique va bon train. Prenons celui du Vajont, au nord de Venise, au pied de la montagne du Toc. Après des études géologiques menées à la bonne franquette par des géologues complaisants, la construction commence. Le terrain de la montagne du Toc n’est absolument pas stable et d’emblée la situation va devenir inquiétante. Ainsi le 4 novembre 1960 un premier glissement de terrain entraine une mise en eau moins ambitieuse. Les riverains s’inquiètent d’autant plus qu’une journaliste de l’Unita pousse des cris d’orfraie, repris en cœur par les habitants de la vallée. Certains, persuadés de l’éminence du drame ont quitté leur village.

Le 22 octobre 1963 vers 23 heures un glissement de terrain fait s’écrouler deux cent soixante millions de mètres cube dans le lac. Deux gigantesques vagues de plusieurs millions de mètres cubes d’eau se forment alors. La première passe par-dessus le barrage et dégringole la vallée. La seconde la remonte, se fracasse sur la montagne et redescend avec plus de violence encore. Ces vagues de cent cinquante mètres de hauteur emportent tout sur leur passage. Près de 2000 habitants périssent dans cette catastrophe.

Heureusement les responsables de la construction du barrage seront traités avec une mansuétude bien naturelle. Il y aura bien un suicide, mais l’ingénieur en chef du projet, jugé en 1977 écopera d’une peine de cinq ans de prison. Heureusement il bénéficiera d’une mesure de grâce au bout d’un an.
Tout est bien qui fini bien.

Un film intéressant retrace le drame : « la folie des hommes » (en italien : la diga del disonore), Il a été réalisé par Renzo Martinelli en 2001.

A la semaine prochaine

Donec

N’Importe quoi !

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Bonjour à tous,

Un quartier maitre maistrancier « machine » embarque gare Montparnasse à destination de sa future affectation, le sous marin Gymnote à Lorient.
Une jeune et jolie voyageuse, assise dans le coin fenêtre est plongée dans la lecture de Cosmopolitan. Notre marin découvre que ce numéro traite des performances amoureuses des hommes. Il entame aussitôt la conversation.
« Très curieusement » lui répond-elle « les indiens sont les êtres au monde le plus fortement membrés, en revanche la pratique amoureuse des Bretons est proprement exceptionnelle et satisfait les plus difficiles des connaisseuses ».
Ils en viennent aux présentations.
« Je m’appelle Florence et vous ? »
« Géronimo Le Gonidec ! »
Un maistrancier « machine » je vous dis !
A la semaine prochaine
Donec
Maistrancier « machine » : MacGyver en devenir
Ecole de Maistrance : prestigieuse école qui forme l’élite des officiers mariniers de notre flotte. Certaines réussites sont étonnantes.

Aux grands hommes la “piastrie” reconnaissante

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Bonjour à tous,

La guerre d’Indochine fut particulièrement meurtrière pour le corps expéditionnaire. La génération de nos pères y payât un lourd tribu. Pourtant, ils y vécurent dans ces contrées lointaines des aventures exaltantes et inhumaines.

Pendant que nos commandos pataugeaient dans les rizières infestées de miasmes morbides et de Viet Cong, les affaires allaient bon train. L’affaire dite des piastres en est l’illustration. Voila l’histoire.

La monnaie locale émise par la banque d’Indochine coloniale, des comptoirs indiens, la piastre, était depuis 1945 maintenue à un cours surévalué de 17 francs. On pouvait par ailleurs s’en procurer à 10 francs, voir à 8. Inutile de vous dire qu’une telle manne faisait accourir les trafiquants de tout poil. Car s’ils obtenaient le transfert en métropole des piastres acquises à bas prix, ils faisaient une jolie culbute.

Bien entendu les responsables de la banque flanqués de commissaires aux comptes nommés par le gouvernement et les autorités politiques n’y voyaient pas malice. Il faut aussi savoir que ces trafics ont aussi bénéficié à Hô Chi Minh qui put ainsi acquérir un armement qu’il retourna contre nous.

René Pleven un des ces hommes politiques, plusieurs fois ministre et président du conseil, dont la quatrième république avait le secret eut le mot de la fin : « Je vous le répète, à l’échelon du président du conseil, il n’était pas possible de Paris de suivre ce qui pouvait être fait en Indochine ».

Je crois que tout est dit, et « Topaze* » reste encore d’actualité.

A la semaine prochaine

Donec

*Topaze pièce assez remarquable de Marcel Pagnol où un petit prof de rien franchit allègrement les barrières de l’affairisme.

Pékin Paris

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Bonjour à tous,

Les Français ont une haute idée du génie de leur race, malheureusement cette modestie leur joue parfois des tours.

La course Pékin Paris de 1908 en est un bon exemple. Ce raid, le premier du genre est du à l’initiative du journal le « Matin » mais tous y voient la main du Marquis De Dion. Son objectif est de révéler à la face du monde la supériorité de l’industrie automobile française et de ses productions.

S’il y eu 45 inscriptions ce sont seulement cinq courageux qui s’élanceront de Pékin pour la grande aventure. Il y a L’Itala du Prince Scipion Borghèse monstre de 7 L de cylindrée, deux De Dion Bouton, la Spyker Hollandaise de Charles Godard et un tricycle incertain, le mototri Contal de Pons. La notion de compétition passe au second plan remplacée par l’entraide et la convivialité entre participants.

Le prince Scipion Borghèse, condottière et grand seigneur a tôt fait d’imposer aux autres un rythme qu’ils ne peuvent suivre et s’échappe.

La Spyker tombe en panne d’essence, les De Dion qui pouvaient la ravitailler l’abandonne à son sort. L’équipage attendra les secours une journée en buvant l’eau du radiateur par une température de 45°. Le plein fait, il mène un train d’enfer et rattrape les Français. A Irkoutsk Le Condottière a deux jours d’avance sur ses concurrents, il affronte la boue, les marais, les ponts de bois qui s’écroulent, suit les rails du Transsibérien, contourne le lac Baïkal.

La Spyker donne ses signes de fatigue, la magnéto rend l’âme et la transmission ne vaut guère mieux. Incapable de poursuivre, Godard télégraphie à l’usine, et rapatrie la Spyker à Tomsk pour la réparation. Celle-ci effectuée c’est comme un fou qu’il rattrape son retard en roulant 24 heures d’affilées. En deux semaines il a parcouru la même distance que Borghèse en deux et les De Dion en cinq.

Mais c’est le Prince qui triomphe à Paris 62 jours après le départ de Pékin, accueilli par un orchestre juché sur l’impérial d’un autobus.

Les trois autres concurrents se sont rejoints et leur fraternité retrouvée, naviguent de conserve. Pourtant au passage de la frontière allemande la Spyker est arrêtée. Godard se retrouve au poste de police. Les autorités lui reprochent indélicatesses et dettes qu’il aurait commise. Il risque 17 mois fermes. Ses frasques n’expliquent pas tout. Nous devons y voir l’œuvre du Marquis déjà humilié par l’arrivée de l’Itala. Comment accepter en plus une deuxième place pour la Spyker (supérieure aux De Dion par ailleurs).

Mais la marque néerlandaise ne s’en laisse pas compter et délègue son pilote d’sine pour terminer la course. Naturellement il rattrape les Français, les double mais beau joueur en vue de l’arrivée leur laisse prendre les deuxième et troisième places.

L’humiliation du pauvre marquis est totale d’autant que Godard est relâché quelques heures plus tard.

Nous sommes le 30 aout 1907 le Pékin-Paris est terminé, la légende commence.

A la semaine prochaine

Donec

Rappel pour les néophytes : la cambuse est un lieu merveilleux qui recèle mille mets tous plus succulent les un que les autres

Rev’là Fañch Mit !

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Bonjour à tous,

Des présidents de la Vème république François Mitterrand est assurément un personnage de roman.

Œcuménique, il fit la synthèse entre l’extrême droite la plus trouble et l’extrême gauche la plus fumeuse. Présent aux obsèques des membres éminents de la Cagoule, il vivait entouré de fils d’Israël prestigieux dont il ne manquait jamais de faire l’éloge.

Coté jardin, le « Beau François » menait une vie amoureuse trépidante, ayant plusieurs fers au feu et n’hésitant jamais à partager son savoir faire avec les femmes des copains.

Mais toutes ses conquêtes ne s’en laissaient pas compter. Ainsi la petite Anne Pingeot qui nous livre 33 années des lettres qu’elle recevait de son héros, lui en faisait voir de toutes les couleurs.

En tout cas pour de qui est de la pratique de la langue, François était à la hauteur. Ainsi je ne puis résister au plaisir de lui donner la parole, Découvrons ensemble son intronisation dans l’ordre des chevaliers de la Dive Bouteille.

– « Vers 4 heures je me suis arrêté à Saint-Vincent de Tannay, l’un des rares vignobles de la Nièvre (saint Vincent est le patron des vignerons). J’ai horreur de ces beuveries, de la fausse poésie qui chante les bons crus, de la gaîté collective qui s’exprime gras, de ces bourgeois qui jouent au paysan, de ces paysans qui forcent leur nature. Autant dire que je n’étais pas à mon aise (il y a quelques années, ministre de je ne sais quoi j’ai été invité aux fameux dîners du Tastevin au château Clos-Vougeot. Là on m’a fait « grand-officier » de l’ordre en question, avec un ambassadeur, deux ou trois maîtres de forge et Robert Lacoste, qui fut gouverneur de l’Algérie. Je me vois décoré, louangé par ces trognes, le vin coulait. Une noblesse de mauvais aloi emplissait ces discours. Ca a duré jusqu’à 4 heures du matin avec des plats incroyables – Je me souviens de porcelets glacés ! Et bien ! Je rougis encore de m’être prêté à cette comédie et depuis lors, bien que parlementaire de Bourgogne je n’y ai jamais remis les pieds… )».

A la semaine prochaine

Donec

Le Tigre est dans l’arène

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Bonjour à tous,

1917, c’est l’année terrible. Elle avait mal commencé avec la mise en œuvre de la guerre sous marine à outrance, c’était poursuivie par le repli stratégique de l’armée allemande qui minait et saccageait le terrain abandonné. Il y avait eu la folle offensive du chemin des dames suivie des mutineries. N’oublions pas la révolution bolchevique qui allait inventer pour huit décennies une Russie Potemkine ou derrière des tentures chatoyantes s’installe un enfer impitoyable. Quand aux tentatives de paix elles sont repoussées avec mépris
Dans cette atmosphère de fin du monde Clemenceau arrive aux affaires.
Le deus ex machina de l’évènement est le président Poincaré décrit par Emile Moreau* attentiste, manquant de caractère, autoritaire et peu franc. Mais c’est aussi un redoutable tacticien, expert du billard à trois bandes. Il partageait avec Clémenceau la haine de Caillaux, autre homme d’état dépassant d’une tête le « marais politique ». Choisir le jusque auboutisme de Clemenceau ou la « paix blanche » de Caillaux, car un fort courant existe en faveur de la paix ?
Poincaré tranche ce sera Clemenceau dont la force morale l’impressionne et en conséquence l’arrestation de Caillaux… et son renvoi en Haute Cour.
Désormais la route est tracée nous sommes le 17 novembre 1917 le Tigre prend la barre.
A la chambre Clemenceau parle : « Vous voulez la paix ? Moi aussi. Il serait criminel d’avoir une autre pensée. Mais ce n’est pas en bêlant la paix qu’on fait taire le militarisme Prussien. Ma politique étrangère et ma politique intérieure c’est tout un. Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre ».

La machine à broyer du poilu poursuit sa marche inexorable.

A la semaine prochaine

Jean Jacques

*Emile Moreau gouverneur de la Banque de France qui mettra en œuvre le « franc Poincaré » en 1928

Anecdote

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Bonjour à tous,

George Clemenceau partage avec Charles de Gaulle un exceptionnel prestige auprès de nos compatriotes et ce n’est que justice.
Nous allons la semaine prochaine commémorer le siècle de sa nomination au poste de premier ministre. Nous en reparlerons.
Personnage haut en couleur, il rendait régulièrement visite aux poilus auxquels il vouait un immense respect.
Je vous livre un dialogue savoureux qu’il eut justement avec un « bonhomme ».
– « Sept palmes ! d’où es tu ? »
– « De Marseille ! »
– « Tu as été blessé ? »
– « Oui mon Président, treize fois »
– « Treize fois, tu as la médaille militaire, serais tu content d’avoir la Légion d’Honneur »
Silence du poilu ému.
Se tournant vers le colonel – « Peut t on donner la Croix ? »
– « Il a mauvais esprit il a fait deux mois de prison »
– « Et pourquoi ? »
– « Parce que j’avais refusé la Médaille Militaire »
– « Et pourquoi ? »
– « Parce que le général avait dit que les gens du midi étaient des gens foutres ».

A la semaine prochaine.

Donec

Je n’oublie pas qu’il y a 47 ans disparaissait le général de Gaulle

Un aimable quiproquo

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Bonjour à tous,

L’exercice du pouvoir demande talent et savoir faire. Il convient pourtant de ne pas oublier que les meilleures intensions ne reçoivent pas toujours l’accueil espéré et doivent porter à l’humilité. Ainsi un ministre de l’intérieur récent qui fut en fin de règne premier ministre avait un dada : vider les prisons. Il était révolté par le coût exorbitant des établissements pénitentiaires. La population de vide goussets, de tire laine et autres assassins étaient luxueusement logés dans des prisons cinq étoiles. Ils abusaient sans vergogne de l’hospitalité de l’état. C’est donc avec la meilleure volonté du monde qu’il pratiquait le pardon à grande échelle et ouvrait grandes les portes des centres pénitentiaires. La multitude quand à elle, peu soucieuse d’économies lui en voulait d’avoir élargi les assassins islamistes, les cheminots et les souleveurs de jupes.

Il en est tout autrement du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Il considère que ces économies à la petite semaine n’ont pas lieu d’être. Il préconise au contraire l’incarcération de tout personnage au teint halé, à la barbe fournie et porté aux momeries islamistes. L’éradication de la pègre est son vœux le plus cher et nul ne doute que devenu ministre de l’intérieur il y parviendra.

Tout cela lui vaut une extrême popularité auprès d’un public soucieux d’ordre et aimant la cochonnaille.

Pourtant ces deux personnalités imminentes se ressemblent par une petite taille, une vue défaillante et une aimable calvitie.
Dernièrement celui qui fut ministre de l’intérieur puis premier ministre se rend dans une librairie parisienne. Il est abordé par une vieille dame qui le remercie chaleureusement pour son action au gouvernement. Elle évoque l’incurie des malfrats qui gouvernent le pays. Pour finir, elle lui prend la main et lui susurre avec empressement « Merci monsieur Ciotti, continuez, je vous en prie, continuez, ne lâchez rien ».

Soyons humble, je vous dis !

A la semaine prochaine

Donec

PS : certain d’entre vous m’ont demandé un portrait. C’est avec grand plaisir que je l’envoie. Sur ce cliché pris il y a une semaine entre Monaco et St Jean Cap Ferrat l’on distingue nettement sous le casque mon teint halé.
portrait

Compte rendu pour le Festival Trait d’Humour.

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Bonjour à tous,

Quel weekend !

Comme vous le savez les humoristes se réunissaient le weekend dernier à Saint Jean Cap Ferrat pour le Festival Trait d’Humour.
Quel plaisir de retrouver cette belle équipe de crayonneurs !

Les Belges sont là, Sondron et Decressac, solides gaillards au rire aussi éclatant que leurs dessins. Le merveilleux Bonfim et sa guitare, les doigts plein de crayons. Il commence immédiatement à portraiturer à tour de bras, Il nous interprète au passage quelques mélodies brésiliennes indispensables à l’amour et autres fantaisies galipettantes. Sampaio, notre lisboète dessine des hommes à tête de chien. Nadia et son chat « Willis from Tunis » ferraille dur avec les barbus de son pays et leur obscurantisme congénital. Donnelli nous livre son amour de new Yorkaise pour son président à la main leste et à l’esprit lourd.

Naturellement les français débarquent en force, Balouhey, vieux sage aux lunettes à la Marcel Achard, Trax et son crayon fulgurant, Besse qui nous croque tout cru, Placide, dégingandé et hilare qui sophistique ses dessins. Je ne manque jamais, la fête finie, de le reconduire à la gare. Il y a aussi Beltramo et son cœur « gros comme ça » qui dessine plus vite que son ombre. Sans compter les petits nouveaux dont je ne connais que la réputation : Jépida, Cap, Lagrange, Lanchon, Rafage, Ysope. Il y a aussi Ricor, le grand ancien, le caricaturiste de « Pilote » et des « Grandes Gueules ». Il vient d’être mis à l’honneur dans une émission de France Culture concernant Goscinny. N’oublions pas son compère Ganan tout à fait talentueux.

Les organisateurs veillent au grain, Sabine qui mène son monde d’éclats de rire en éclat de rires. Olive l’enjôleur qui organise le festival et peint ses tableaux à l’imprimante. Enfin Thierry notre speakeur qui conserve de sa jeunesse trépidante et cascadeuse une démarche chaloupée et une inépuisable réserve d’anecdotes.

Pourtant, parmi tous ces artistes il en est un, tout feu, tout flamme et la pipe au bec, sorte de petit ouragan, qui porte son père dans son sac à dos. Insolent, plein d’humour,il a la dent dure et l’œil pétillant. C’est Barrigue !

Son père, le grand Piem, ne manqua pas d’honorer le festival il y a quelques années. En 2014 Cabu est parmi nous, Barrigue aussi. Il téléphone à son père qui suit les évènements du haut de sa 92éme année. Thierry passe le récepteur à Cabu.

« Alors tu es le prochain sur la liste » lui dit le père du grand Duduche. Le sort et les dérangés du bocal en décideront autrement…

Il nous présente les dessins que lui a inspirés son voyage dans les camps de réfugiés d’orient effectué avec son compère Sjöstedt pour rencontrer les émigrés. Ils nous en ramènent un reportage, des images et des dessins d’une grande humanité.

La conclusion lui appartient, à la distribution des prix, il prendra la parole pour dévoiler un scoop dont Closer ne va pas manquer de faire ses choux gras. « Thierry Barrigue n’est pas le fils de Piem, il est le fils de la femme de Piem ».

A la semaine prochaine

Donec