Balade sous la pluie

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‌‌Bonjour à tous,

Aujourd’hui je donne la parole à Baboon, modérateur du site « Alfa Roméo Passion » et qui nous conte une aventure sous la pluie dans un langage plutôt vert mais réaliste et vivant.

A la semaine prochaine

Donec
 

Il a plu toute cette matinée, le ciel se dégage, le soleil refait son apparition timide entre de gros nuages.

Il est 16H00, pour une fois que je sors du taf en plein après midi,  je vais pouvoir rouler de jours avec mon Secma. Je consulte mon Aillefone, la case météo, qui me dit qu’il ne devrait plus flotter jusqu’à…  la prochaine pluie ? Je suis un champion, catégorie super-crétins de première de ces bidules compliqués. Donc, j’enfile juste la veste fluo dite haute visibilité vert batracien à bandes réfléchissantes, mon casque, et je laisse le pantalon de pluie et les bottines au placard du vestiaire. Tout content dans mon chariot dans les avenues de Paris, je redonne le sourire à de nombreux passants. Sauf qu’à l’approche de la Porte d’Italie, le ciel est de plus en plus noir, et bien sur, petites gouttelettes, grosses gouttes, puis grosse douche. Et que je me fais mouiller,  saucer, arroser les jambes. Pas l’air con le Baboon !       Et il pleut de plus en plus fort, que j’ai déjà le petit cornichon, les deux olives et la petite rondelle plissée à poils durs qui baigne dans le potage. Tant-pis, trempé pour trempé, c’est plus la peine de retourner chercher le pantalon de pluie et les bottines, c’est direct direction ma cabane dans la plus belle banlieue de la terre, le 91. Sur l’autoroute A6, je me prends de grosses vagues par les bagnoles, des tsunamis de flotte par les camions. Pas d’eau qui rentre dans le casque ni la grosse veste, juste que je commence à geler sérieusement des pattes arrières. Et forcement, que peut-il arriver de mieux dans ces cas là ?

Composition1 Ben, une petite envie de pisser qui va très vite se transformer en une grosse envie de pisser. Mais je continue, je suis à moins de 10 ou 15 minutes de ma cabane. Alors je trace. Ouuuuuufffff! C’a y est, je suis devant chez moi, je vais pouvoir soulager cette petite chose qui a fait le bonheur et d’immenses joies à de nombreuses femmes, et aussi leurs grands malheurs. Leurs grands malheurs lorsqu’elles n’eurent plus jamais le droit de jouer avec ! Et c’est à Athènes que les athéniens s’atteignirent et s’éteignirent. En fait, c’est là que les choses peu compliquées  se compliquèrent quelque peu. Je suis coincé dans le fond de mon chariot, le récepteur de clips de la ceinture de sécurité en grève, inscrit à la CGT sans me prévenir, ce pu-ain récepteur de clips de me-de et sa race maudite qui ne veut plus en jouer. Bloqué dans mon chariot par la ceinture de sécurité. J’essaie pendant 10 minutes de le débloquer, il pleut de plus en plus fort, et je ne parle même pas de mon envie de pisser, que c’en devient une obsession. Pas moyen de déclipser la ceinture et impossible de s’extraire. Je klaxonne, rien, je reklaxonne, Virus la chienne qui aboie, je re reklaxonne, Virus et Kakawette les deux chiennes qui aboient……….. Faut que je piiiiiiiiiiiisse bordel de me-de ! En attendant, je me couvre avec mon parapluie DUNLOP Ah ouai, mon Aillefone, je sais qu’ils sont tous à la cabane, ma rombière fatale la Baboonette, Leslie ma fille, le Nico Baboonet Junior……….. Et je compose les numéros 1 par 1. J’y crois pas, y en a pas un qui répond. Je leur paye des Aillefone Samsung Yxperia Sony Machin Bidule Truc qui valent la PODUKU avec des abonnements top-gun appels, SMS, internet illimités et certainement connerie illimité, pas un qu’est foutu de me répondre, de décrocher, et cette envie de pisser qui me monte aux yeux, que j’ai le cul trempé qui baigne dans cette saloperie de chariot. 20 minutes que je patiente devant la cabane sous la douche avec mon parapluie comme un con et l’andouillette à coulisses télescopiques et à géomètrie variable qu’en peut plus, que quand je vais pouvoir la déballer, qu’elle va ressembler à une petite saucisse d’apéritif. Gnnnnnnneeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee Une voiture s’arrête à ma hauteur, un vitre qui descend, et  pas bonjour ni rien mais: – Monsieur, vous savez qu’il est interdit de téléphoner au volant ????????? Ah, Navaro, Gomez et Tabarez , des gallinacés en civil. Manquait plus qu’eux, les pompiers, les pompes funèbres, mon curé, mon Imam, mon Rabin, mon esthéticienne, ma charcutière, ma boulangère………………………. Je sors alors la première connerie qui me vient à l’esprit, j’explique que j’habite là, que j’appelle ma femme, j’ai pas les clés du portail etc etc etc – Monsieur, faut couper le moteur, c’est 3 points et 135 euros Je coupe le bazar et je leur montre la clé, et ils s’en vont. Z’ont que ça à faire de casser les burnes à un con comme moi qui se retient de pisser dans sa brouette devant chez lui, z’ont rien d’autre à faire avec les dealers, les casseurs, les braqueurs, les voleurs sur le parking de la gare Et d’un seul coup, une fenêtre de la cabane qui s’ouvre, la Baboonette : – Mais qu’est ce que tu fous là sous la pluie ???????????? Tu viens d’arriver ????? Envie de pisser qui se transforme en un bref instant en envie de meurtre, avec coups et blessures très volontaires et sans préméditations. – Trouves moi vite un couteau, un Cutter, des ciseaux, un flingue, une grenade, un pain de TNT, une bombe atomique, faut que je m’arrache de ce charriot, j’ai une pu-ain d’envie de piiiiiiisseeeeeeeeeeeeeeer ! Deux minutes plus tard, la Baboonette rapplique avec un Cutter, et que ce récepteur de clips délivre enfin la boucle de ceinture sans que j’eus besoin de couper quoique ce soit. C’est pas vrai, l’a eu peur du Cutter le Secma de la mort ???????? Pas l’air con le Baboon ! Je jette le parapluie DUNLOP, je tombe le casque et la grosse veste verte grenouille, je fonce dans le jardin pour libérer la bébète, et là, faut le voir pour le croire, j’ai la braguette qu’est coincée de chez coincé. Pas l’air con le Baboon.  La Baboonette: – Ben qu’est ce qu’il t’arrive ?????????????? Forcement, je balance du vocabulaire en version originale non sous-titrée avec des arguments colorés qui arracheraient les oreilles à Sainte Thérèse celle qui rit quand on………… à Sainte Véronique, celle qui pleure quand on ………ou Saint Théodule celui qui pète quand on l’……. J’arrache la ceinture, et comme j’ai quelque peu maigri, je tombe carrément le beinard et le calbard au niveau des genoux, et je vais pouvoir enfin…….Mais venant du jardin d’à côté, la douce voix mélodieuse de l’infirmière qui vient pour soigner mes très très vieux voisins, 198 ans à tous les deux : «  Ben alors Monsieur Baboon ? » Et merde, j’ai le fessard à l’air sous la pluie dans le jardin, tan-pis, je piiiiiiiiiiiiiiiiissssssssssssse Ah que c’est boooooooonnnn Aaaaaaaaahhhhhhhhhhh Noms des dieux !!!!! Et l’infirmière, miss Super-Nibard, une belle pulpeuse brunette Top Gun façon Sophie Marceau croisée Monica Bellucci avec une paire de poumons et un joufflu à mettre horizontale ou à l’équerre la soutane d’un archevêque mort depuis 800 000 ans qui me balance une réplique déjà entendue quelque part: – Mais qu’est ce que c’est que ce biiinssss Monsieur Baboon, qu’est ce que c’est que ce biiiiiiinnnnsssss? Il y a des jours comme ça où je m’en fous d’avoir l’air con ! A bientôt Baboon

 

Le Ciné quel Bonheur!

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Bonjour à tous,

Le cinéma est un incontournable moyen de culture et de dépaysement. Cet art illustre la mondialisation en marche. Nombre de créations sont d’une exceptionnelle qualité.
Dans ce fourmillement de chefs d’œuvre certains ne manquent pas d’être particulièrement attachants. Il y a quelques jours j’ai découvert une pépite : « the Hill » affublé pour les Français d’un titre ridicule « la colline des hommes perdus ».
Dans ce film de 1965, Sean Connery a laissé sa défroque d’agent 007 pour revêtir l’uniforme d’une mauvaise tête. Cinq soldats déserteurs ou coupables vont subir la vindicte de trois sous officiers qui doivent assurer leur rédemption militaire. Nous sommes dans l’armée anglaise où le cérémonial militaire est fascinant. Le sergent major, tortionnaire en chef est interprété par un Harrys Andrews haut en couleur et plus vrai que nature. Ce film n’est pas seulement un brulot antimilitariste mais c’est aussi la rencontre d’égos chauffés à blanc. Scène d’anthologie, la prison se mutine et par la force de sa volonté Harrys Andrews règle le problème avec cynisme et humour. Il est bien entendu que cette façon de rééducation des hommes va à contre courant du but fixé.
L’issue de cette confrontation entre sergent pervers et fantassins esclaves ne peut être que la folie et la mort.
Sans doute avec « douze hommes en colère » le film le plus abouti de Sydney Lumet.

A la semaine prochaine

Donec

Leçon de passion

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Bonjour à tous,

Du temps où j’usais mes fonds de culotte ou de treillis sur les bancs du CIN de Brest les cours étaient diversement appréciés mais celui qui emportait tout les suffrages auprès de mes coreligionnaires était un premier maître fusilier marin qui nous initiait au règlement militaire. La matière est ardue mais son enseignement imagé et vivant nous passionnait.
Savoir faire partager ses connaissances, emporter son auditoire n’est pas donné à tous. Connaître son sujet ne suffit pas, il faut y insuffler une dose de passion et surtout la faire partager.
C’est dans ces conditions que j’ai eu la chance il y a quelques jours de visiter le Conservatoire de la Tenue. Ce musée est installé à l’abri du public dans la corderie de l’arsenal de Toulon. On y rencontre une poignée de fanatiques qui nous ont transportés dans l’histoire et les circonvolutions des uniformes de la marine. C’est passionnant.
Après nous nous retrouvons au musée de la Marine avec une guide absolument enflammée qui nous embarque avec Zédé et Romazzotti sur le Gymnote, nous fait sauter sur le pont du Narval avec Laubeuf avant d’envoyer aux gémonies les créations de la «  jeune école ». Et ça ne s’arrête pas là dans un bel élan nous passons sur le Charles de Gaulle avec ses trois brins d’arrêt* :
N°1 : Athéna déesse de la guerre… une allusion au roman de d’Hemingway « en avoir ou pas ».
N°2 : Aphrodite déesse de l’amour… le brin 2 c’est l’appontage parfait, c’est celui qu’il faut accrocher.
N°3 : Andromède, fille de Cassiopée qui fut délivrée in-extrémis par Persée qui lui évita la mor t…le brin 3, celui de la dernière chance, avant le bolt et une nouvelle tentative.
Quelle Marine nous avons avec de telles guides…. Bravo Mesdames !

A la semaine prochaine

Donec

*Brins d’arrêt : câble d’acier tendu de part et d’autre du pont d’un porte-avions destiné à être accroché par la crosse d’appontage des aéronefs afin de les stopper

Un animal à longues oreilles

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Bonjour à tous,
Nous étions quelques uns sur le port de Villefranche sur Mer à refaire le monde. L’un de nous pour Dieu sait quelle raison évoqua l’animal aux longues oreilles qui à l’état domestique vit dans des clapiers.
Cet animal est maudit par les marins pour leur propension à ronger tout ce qui ressemble de près ou de loin à un cordage en chanvre. Pourtant depuis qu’la « tôle fait l’bordage » comme dit la chanson, la superstition subsiste.
L’un d’entre nous avait autrefois embarqué sur le mythique sous marin Gymnote qui représentait, en son temps la synthèse entre les réalisations de la DGA* et celles de Jules Verne. Il nous compta l’anecdote suivante.
Embarqué sur ce sous marin, lors d’une croisière, un problème se posa à l’arbre d’hélice bâbord. Le commandant ne barguigna pas, il y avait à bord un aumônier, il profita d’une rotation de HSS* venu porter des pièces détachées pour le renvoyer à ces chères études. Je rappelle que les prêtres, eux non plus ne sont pas très recommandés pour l’exercice d’une navigation heureuse.
A quelque temps de là nouvelle avarie. Elle a lieu sur la ligne d’arbre tribord. Pas de prêtre embarqué, ce ne peut donc être que la « langoustine des prés » sous sa forme la plus anodine qui soit, celle d’une boite de pâté. Le commandant fait alors vider caissons et cambuse pour découvrir la véritable raison de cette avarie.
Et alors ? demandai je à mon ami. Il me répondit qu’après l’analyse attentive de toutes les boites, l’une d’elle, siglée Hénaff parut louche et fut jetée par-dessus bord à la grande satisfaction du commandant.
Le sous marin repris alors sa route sur une hélice mais le sort avait été conjuré !
A la semaine prochaine
Donec
DGA : direction générale de l’armement
HSS : hélicoptère Sikorsky H34 auquel les marins vouent une sorte de culte

La bataille oubliée

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Bonjour à tous,

Le 18 juin 1940 le gouvernement français demande aux Allemand « entre soldats après la lutte et dans l’honneur » les conditions d’un armistice. Dans la soirée, depuis Londres, De Gaulle lance son appel historique. Pendant ce temps l’armée française va livrer sur un front de 125 kilomètres, des faubourgs de Nancy à Phalsbourg une ultime bataille. Ce sera la bataille oubliée. Trois corps d’armée affrontent sur le canal de la Marne au Rhin onze divisions allemandes stupéfaites de la résistance des Français.
Pendant l’hiver rigoureux 1939 – 1940, le 37ème R.I.F. et les autres régiments armant la ligne Maginot ont beaucoup travaillé creusant des abris, des tranchées, installant barbelés, canons de 25 et mitrailleuses.
Le 13 juin le Lieutenant colonel Combet est convoqué pour apprendre du général Chastanet que tous les régiments de forteresse quittent la ligne Maginot pour faire route au sud…. L’armée française rompt le combat, les ouvrages de la ligne Maginot seront sabordés (directive de Weygand).
Le 16 juin le général Chastanet décide de s’établir derrière le canal de la Marne au Rhin et de tenir. Les Allemands persuadés de ne faire qu’une bouchée de ce lambeau d’armée se ruent au combat. 450 000 combattants vont s’affronter au milieu de colonnes de réfugiés. Le 17 juin à l’aube, le combat s’engage.
Les offensives allemandes se brisent contre les défenses françaises qui reprennent certaines positions à la baïonnette. Les ennemis font donner l’artillerie. Les ponts sautent.
Le 18 juin à 3h30 la canonnade reprend, les Allemands tentent de passer le canal, les français répliquent et tiennent bon. Toute la journée le combat se poursuit et les pertes s’accumulent de part et d’autre. Les hommes se font tuer sur place plutôt que de se rendre.
Pourtant à la tombée du jour Le Général Chastanet fait décrocher la division et la réinstalle plus au sud.
La reddition intervient le 24 juin avec les « honneurs de la guerre ».

A la semaine prochaine

Donec

C’était l’Algérie heureuse

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Bonjour à tous,

J’ai reçu une vidéo de 1958 concernant « l’Algérie heureuse ». Ce document rappelle les films de propagande soviétique des années trente qui vantaient l’industrie, les moissons et la réussite du plan quinquennal.
Dans ce pays du Maghreb L’œuvre de la France est immense et touche tous les aspects économiques et sociaux. C’est un plaisir de découvrir sous un soleil éclatant ses villes heureuses. La richesse de la campagne avec sa vigne, son blé et son cheptel n’échappe à personne. Le réalisateur n’oublie pas Colomb Bechar et l’industrie pétrolière en pleine expansion.
Les « natives » occupent naturellement les emplois qui leur reviennent, conducteurs d’engins ou supplétifs dans l’armée. D’élégantes infirmières torchent et soignent une marmaille musulmane turbulente. Les officiers SAS les éduquent dans les mechtas les plus éloignées.
La plus grande richesse règne sur ce pays.
Pourtant ce bonheur va être mis à mal par une bande de révolutionnaires sanguinaires que le peuple indigène finira par acclamer choisissant la misère plutôt que l’opulence.
Ainsi sont les peuples, ingrats et sans mémoire. Je me demande parfois si nous ne sommes pas à l’image des indigènes de « l’Algérie heureuse » prêt à sauter dans le vide à l’appel de mauvais prophètes au savoir faire expéditif et limité pour vivre de nouvelles sensations et des vertiges inconnus.

A la semaine prochaine

Donec

Le chemin des dames !

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Bonjour à tous,

Dans deux jours il y aura un siècle, se déroulait la bataille du « chemin des Dames ».
Depuis le début de l’année 1917, JOFFRE et sa camarilla, d’échecs en revirements, n’est plus à la manœuvre. Il avait conçu une offensive de rupture, brutale et définitive. NIVELLE, le nouveau patron la mettra en œuvre. Les Anglais nous donneront la main. Le plus grand secret doit être tenu.
Malheureusement les Allemands ont vent de l’affaire et opèrent un recul de soixante kilomètres. Ils se regroupent sur la ligne «  Hindenburg », reconstituent un nouveau front, inexpugnable, utilisant cavernes et falaises. Ils économisent ainsi plusieurs divisions. Naturellement le terrain abandonné est miné.
Les hommes du Kaiser tiennent les hauteurs du plateau calcaire et les Français sont dans la plaine : mauvais présage.
Le 16 avril à l’aube le général NIVELLE lance son mot d’ordre : « l’heure est venue, confiance, courage et vive la France ! ».
Les fantassins sont en « tenue d’assaut » à savoir : la couverture et la toile de tente, l’outil individuel, la musette de vivres (pour six jours), la musette à grenades (16 par homme) un bidon d’eau de deux litres et un bidon supplémentaire d’un litre, un ou deux masques à gaz, un panneau de signalisation, les pansements , le fusil et 120 cartouches : la vie est belle.
Les conditions météos sont épouvantables, il fait froid et il neige, les troupes coloniales, très présentes ne vont pas être à la fête.
L’assaut est donné à 06h00. Selon le député Jean YBARNEGARAY « la bataille est livrée à 6 heures, à 7 heures elle est perdue ». Nos troupes sont hachées menu par les mitrailleuses allemandes dissimulées dans les grottes où sous des abris bétonnés.
Ne parlons pas des chars dont c’est la grande première, ils sont en panne ou enlisés.
Au soir du premier jour les pertes sont considérables, l’on compte 30 000 tués.
Pendant ce temps à l’assaut de la Crète de Vimy les Canadiens aux ordres du Général Currie se distinguent et signent l’acte fondateur de leur nation.
Nivelle va s’entêter jusqu’au 15 mai et sera heureusement remplacé par le général Pétain. L’heure des mutineries allaient bientôt sonner?et nous en reparlerons.

A la semaine prochaine

Donec

N.B. Zéro à quatre = le premier quart de minuit à quatre heure du matin.

Ah cette fille de Camaret !

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Bonjour à tous,

La nouvelle est tombée il y a deux jours et n’a pas manqué de nous enchanter. Le successeur de Stephan Belbéoc’h président de la mythique station de sauvetage en mer de Camaret est …Claire Ferré une jeune femme native, comme il se doit de la presqu’ile de Crozon.
Cette nomination est une excellente chose car le job d’un président de station de sauvetage en mer, c’est le relationnel avec les médias, les entreprises, les politiques et naturellement son équipage où bouillonne le festival des égos. Claire est une passionnée, elle sera à la hauteur et elle entrainera son monde.
Je ferai un constat supplémentaire, Claire illustre la tendance d’aujourd’hui qui est la présence des filles aux postes de responsabilités que ce soit à la SNSM où sur les nouvelles générations de sous marins.
Pendant que nous y sommes je vous signale que samedi 8 avril à 10h00 sur France Culture, Nathalie Sage-Pranchère, chartiste, répondra aux questions de Jean Noel JEANNENEY concernant sa thèse de doctorat : « Sages-femmes et accouchées en Corrèze au XIXème siècle ».

A la semaine prochaine

Donec

Elève Nicolas au tableau

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Bonjour à tous,

« En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin » nous prévenait Nicolas de Chamfort à la veille de la Révolution.
Je ne m’expliquais pas bien cet aphorisme et j’aurais aimé avoir un exemple concret que l’actualité m’a offert tout récemment.
Un de nos plus brillant homme d’état s’est fait prendre le bras dans la confiture jusqu’au coude par un palmipède qui se mit à battre des ailes et faire un boucan d’enfer. Alors que tous annonçaient la fin de sa carrière politique, notre grand homme ne se démonta pas, traita par le mépris ces accusations et poursuivit son chemin.
Comme le Palmipède réitérait ses accusations, notre héros, haussa le ton, évoqua un cabinet noir comme à l’heureux temps de la Reynie ou de Sartine et parla d’autre chose.
Curieusement la multitude qui avait soutenu le Canard vira de bord lof pour lof, le destinant à être servi laqué ou accompagné d’oranges et plaignant le malheureux, victime de la vindicte de politiciens véreux.

Le mot du beau Nicolas était ainsi vérifié !

A la semaine prochaine
Donec

Le Grand Anacréon

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‌Bonjour à tous,

En feuilletant une revue Sauvetage de 1998, j’ai découvert un récit  de l’amiral  DAMBIER concernant la fin d’un paquebot de 283 tonneaux qui fait le service Bordeaux Vera-Cruz en décembre 1830 : le Grand Anacréon. Il est commandé par Martin Jorly  qui fut corsaire dans sa jeunesse. Il fait un compte rendu du drame au lendemain du naufrage :
«  L’an mille huit cent trente et le huit décembre à huit heures du soir par devant nous Philippe BAUDOIN adjoint au maire de la commune de Vendays, canton de Lesparre, délégué par celui-ci pour remplir les fonctions. Attendu son absence, c’est présenté le Sieur Martin JORLIS capitaine commandant le navire trois mats Grand Anacréon […] Il nous relate les faits suivants :

Le Grand Anacréon appareille le cinq courant à deux heures et demie de la relevée, de la rivière de Bordeaux avec le vent de la partie sud, fraiche brise, faisant route le cap à l’Ouest ; A huit heures parvenu à la distance d’à peu près vingt lieues de la tour de Cordouan les vents sautèrent à l’Ouest ventant tourmente ; nous fumes obligés de serrer toutes les voiles à l’exception de la misaine et du grand hunier deux ris pris, cinglant bâbord amure. A dix heures, les vents redoublant par grainasse, contraints de serrer la misaine, craignant d’accoster le danger de Rochebonne, nous fumes forcés de prendre les amures à tribord et de tenir la cape sur le grand hunier deux ris pris et le petit foc. A sept heures du matin, le six, faisant route près de terre et le temps continuant toujours, ils ont changés les amures à bâbord et amurés la misaine gouvernant au plus près du vent pour essayer de s’élever de la côte. A dix lieues, ils ont bordé le petit hunier tous les ris pris ; le bâtiment fatiguait extraordinairement, chaque coup de mer le couvrait. Il faisait beaucoup d’eau, 18 à 80 pouces par heure ; on pompait d’heure en heure ; Le temps était très couvert et sans vue ; nous ne pûmes nous décider à nous approcher plus près de la terre (pour cette dernière détermination le conseil avait été réuni). Il existait déjà des avaries au beaupré : les haubans, les barbejeanes, les poulaines avaient été coupées brisées et enlevées par la mer. La journée et la nuit du six au sept se sont écoulées en courant tantôt sur un bord, tantôt sur l’autre ; serrant et bordant le petit hunier tous les ris pris selon la force du vent. A huit heures du matin du sept, le conseil de nouveau réuni, on prit la détermination de chercher les Pertuis ou la rivière de Bordeaux, mais le temps toujours couvert et sans vue empêcha de prendre hauteur. A quatre heures de la relevée se trouvant sur les brisant des Dangers de Cordouan, nous avons jugé être les Anes. Nous avons reçu trois coups de mer qui nous ont capelés par le travers. Le moment a été considéré comme la dernière heure de l’équipage. Après avoir doublé ce mauvais pas, on borda le petit hunier, tendant toujours les amures à bâbord. Le temps se couvrait de plus en plus et offrait un horizon très près du navire. La mer déferlait constamment à bord. L’équipage était harassé de fatigue et sans cesse mouillé. A huit heures nous nous aperçûmes que nous recevions par le travers de coup de mer du haut fond de la Côte d’Arcachon. Le conseil s’assembla alors pour la troisième fois et après avoir fait le résumé général du voyage on a reconnu qu’on se trouvait à la distance de sept milles de la côte. Désespérant de vaincre les obstacles qui s’opposaient à ce qu’on gagna le large, jaloux de conserver l’existence de l’équipage et des passagers on dut faire un choix de la côte sur laquelle le danger serait le moindre pour s’échouer. Une côte plate aurait laissé le navire à une distance trop considérable de la terre pour qu’on put espérer de sauver tout le monde. Une côte rapide présentait plus de chances de salut par la raison que près de terre il y avait plus d’eau : le navire calant onze pieds passés ce dernier moyen fut employé. La situation du navire était alors celle-ci : il était en face de Carcans, selon les calculs pris à peu près à cinq ou six lieues des Olivers dans le sud, on jugea qu’en laissant arriver la côte serait favorable. On calcula la marée ; on crut convenable d’arriver à terre au moment où il y aurait une heure et demie de jusant ; la pleine mer était à neuf heures. Cette heure était déjà proche car depuis le moment où le conseil était rassemblé jusqu’à celui de sa détermination, il s’était écoulé trois quarts d’heure. On se prépara ; on allégea le navire en défonçant les pièces à eau qui se trouvaient sur le pont et en débarrassant tout ce qui pouvait engager. On tint cette même situation du navire, ayant toujours le même temps jusqu’à dix heures et un quart, c’est l’instant qu’on choisit. On laissa arriver plat vent arrière en présentant le cap à terre et tout le monde se prépara. Le navire a bientôt échoué. Le ciel a voulu que les calculs du conseil se soient réalisés. Il était bien près de la terre sur une côte assez rapide. Aussitôt le maître d’équipage a été envoyé une ligne de loch à laquelle on avait attaché une cage à poules. Il s’est précipité à la mer, il a gagné la terre et le reste de l’équipage l’a bientôt suivit. La ligne de loch ainsi établie en un va et vient a servi à sauver les passagers ; le plus grand ordre a heureusement régné et à une heure et demie du matin tout le monde était à terre. Le capitaine n’a quitté son navire qu’au dernier moment. Il est à remarquer qu’un passager, Mr Dalwig resta à bord ne pouvant se décider à braver les dangers que présentait la côte. On parvint cependant à l’y décider et on le sauva vers les trois heures de la relevée. Le même jour à huit heures du matin un préposé des douanes à cheval se présenta sur la côte. Le capitaine le pria de prévenir les autorités locales de l’évènement arrivé…

Le 8 décembre 1830 en fin d’après midi Martin JORLY va parcourir les huit kilomètres qui séparent la côte du village de Vanday. Dans le vent et la pluie de la tempête à laquelle il venait d’échapper probablement exténué par les trois derniers jours de mer. Il va mettre trois heures pour parvenir à destination.

A huit heures du soir il relate avec précision la dernière navigation du Grand Anacréon et l’ensemble des manœuvres qu’il a fait approuver par le conseil puis qu’il a conduites pour tenter d’abord d’échapper, au mauvais temps, pour essayer ensuite de rallier un havre abrité, enfin pour échouer son navire afin de sauver les vies humaines qu’il avait en charge.

Le 9 décembre à 9 heures du soir, il décède sans doute de désarroi moral et d’épuisement physique après avoir sauvé de la mort ses dix sept passagers et son équipage. Il avait 55 ans ».

A la semaine prochaine

Donec