Toujours la grande armée

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Bonjour à tous,

Aujourd’hui mettons nos pas dans ceux du sergent Bourgogne le 25 novembre 1812.
Il pouvait être 7 heures du matin ; il ne faisait pas encore grand jour, j’étais dans mes réflexions, lorsque j’aperçus la tête de la colonne. Je le fis remarquer à Picart. Les premiers que nous vîmes paraître étaient des généraux, dont quelques uns étaient encore à cheval, la plus grande partie à pied, ainsi que beaucoup d’autres officiers supérieurs, débris de l’Escadron et du Bataillon sacrés que l’on avait formé le 22, et qui, au bout de trois jours, n’existait pour ainsi dire plus. Ceux qui étaient à pied se traînaient péniblement, ayant, presque tous les pieds gelés et enveloppés de chiffons ou des morceaux de peaux de mouton et mourant de faim. On voyait, après, quelques débris de la cavalerie de la Garde. L’Empereur venait ensuite, à pied et un bâton à la main. Il était enveloppé d’une grande capote doublée de fourrure, ayant sur la tête un bonnet de fourrure amarante, avec un tour de peau de renard noir.
A sa droite, marchait également à pied le roi Murat ; à sa gauche, le prince Eugène, vice roi d’Italie ; ensuite les maréchaux Berthier, prince de Neuchâtel, Ney, Mortier, Lefebvre ainsi que d’autres maréchaux et généraux dont les corps avaient été anéantis.
A peine l’Empereur nous avait t’il dépassé, qu’il monta à cheval, ainsi qu’une partie de ceux qui l’accompagnaient ; Les trois quarts des généraux n’avaient plus de chevaux. Tout cela était suivi de sept à huit cent officiers, sous-officiers, marchant en ordre et portant, dans le plus grand silence, les aigles des régiments auxquels ils avaient appartenus et qui les avaient tant de fois conduit à la victoire. C’était les débris de plus de soixante mille hommes. Venait ensuite la garde impériale à pied, marchant toujours en ordre… Mon pauvre Picart, qui n’avait pas vu l’armée depuis un mois, regardait tout cela sans rien dire… Plusieurs fois il frappa la crosse de son fusil contre la terre, et de son poing sa poitrine et son front. Je voyais de grosses larmes couler sur ses joues et retomber sur ses moustaches où pendait des glaçons. Alors, se retournant de mon coté : « En vérité, mon pays, je ne sais pas si je dors ou si je veille. Je pleure d’avoir vu notre Empereur marcher à pied, un bâton à la main, lui si grand, lui qui nous a fait si fiers ! ».
Mon ancêtre, Martial Bussière, caporal au 23ème de ligne participa à cette épopée et en revint. La croix de Sainte Hélène lui fut décernée et il en éprouva, comme on l’imagine, une légitime fierté.

A la semaine prochaine

Donec

TRAIT D’HUMOUR, festival international du dessin de presse et de la caricature aura lieu les 13, 14 et 15 octobre 2017.
Soyez présent !
Portrait d’un artiste, aujourd’hui Willis from Tunis

La Bérézina, encore une victoire!

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Bonjour à tous,

Dans l’effrayante déroute que fut la retraite de Russie la bataille de la Bérézina est une victoire. Ce qui ne manque pas de contredire notre imaginaire qui voit dans cet évènement la mère des défaites.
Nous sommes le 23 novembre 1812, trois armées russes guettent nos troupes qui vont avoir à franchir la Bérézina. Il faut imaginer que si l’élite de la Grande Armée fortement diminuée tient encore, elle est accompagnée d’une foule de blessés, de femmes et d’enfants qui se trainent en haillons par des températures de moins trente sept degrés harcelée par des bandes de partisans.
Un seul pont existe pour franchir le fleuve près duquel veille l’armée de l’amiral Tchitchagov. Malheureusement pour lui le général Corbineau va construire deux ponts 15 kilomètres en amont près du village de Stoudienka. Ce sont les 400 pontonniers néerlandais du général EBLE qui se chargent de l’opération.
Après que les hommes du Maréchal Fournier aient tenu tête à l’armée de Wittgestein et permettent le passage de nos forces sur l’autre rive, Eugène, Davout, Junot, Ney, Oudinot finissent le travail et remportent la victoire.
Entre temps les ponts sont brulés laissant sur la rive droite une horde à la merci du froid, des maladies et des cosaques dont les chevaux chargés de butin peinent à avancer.
Eclatante victoire où se distinguent Les cavaliers de Fournier, les hommes du Maréchal Victor et les 9000 polonais des généraux Zajonchek, Dombrowski, Kniaziewicz sans oublier le valeureux 126ème régiment d’infanterie de ligne et les pontonniers du général Eblé dont 8 survivront sur 400.
La grande armée pourtant victorieuse n’est plus que l’ombre d’elle-même et seuls quelques milliers de combattants repassent le Niemen. Triste fin de campagne pour les 680.000 hommes partis en juin.
Si L’empereur mérite alors le beau nom d’Ogre, l’Aigle va poursuivre son vol trois ans encore.
A la semaine prochaine

Donec

TRAIT D’HUMOUR, festival international du dessin de presse et de la caricature aura lieu les 13, 14 et 15 octobre 2017.TRAIT D-HUMOUR 2017
Soyez présent !
Portrait d’un artiste, aujourd’hui Pierre BALLOUHEY

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Egalite homme femme es pa gagna

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Bonjour à tous,

Une photo circule sur internet, elle représente une jeune femme et un bambin sur une plage datant des années 90 intitulée : monsieur et madame Macron. Se gaussant ainsi de la différence d’âge (25 ans) entre le président de la république et son épouse. Le populaire est tellement étonné (frappé du tonnerre) qu’il imagine que le président est sodomite, certains noms de partenaires sont prononcés. Leur mental ne conçoit pas qu’un adolescent brillant puisse s’éprendre d’une bourgeoise intelligente et cultivée.

Au contraire le populaire a parfaitement accepté que le président des états Unis, un rien misogyne et libidineux, ait 24 ans de plus que son épouse. Nous la voyons, maussade, le visage fermé, régulièrement renvoyée à ses chères études et à ses origines russo-slovènes. Elle nous fait comprendre que s’assurer une vieillesse à l’abri des besoins impose des sacrifices que l’on ne souhaite à personne.

Visiblement oublier les préventions misogynes en vogue dans les sociétés méditerranéennes ne sont pas à la portée de tous.

A la semaine prochaine

Donec

Un destin

‌Bonjour à tous,

La première fois que j’ai entendu parler de Christian le Mintier de la Motte basse il était capitaine de vaisseau et commandait le contre torpilleur Lynx. A Mers el Kébir, en 1940, il a une belle conduite. Il extrait sans coup férir son bâtiment de l’enfer des gerbes de 380 britanniques. Dès la sortie du port, il engage un Anglais puis assure la protection du cuirassé Strasbourg.
La seconde fois que j’ai entendu parler de Christian le Mintier de la Motte basse c’est en m’intéressant à cette belle page de l’histoire de notre Marine que fut l’évacuation des malheureux arméniens du Musa Dagh. Il est alors enseigne de vaisseau et embarqué sur le croiseur cuirassé GUICHEN qui fait le blocus des côtes de Syrie. Nous sommes le 5 septembre 1915. Il a alors 21 ans et appartient au corps de débarquement de ce bâtiment. Il commandait les embarcations et faisait les rotations avec la terre. Il obtiendra pour cette opération un témoignage officiel de satisfaction du ministre.
Malheureusement la vie de cet homme se termina par une tragédie. En 1944 retiré dans ses terres, à Merdrignac, il fut accusé sans preuve par la « bande à Mimile » d’avoir donné un maquis. A cette époque troublée où les « révolutionnaires moscoutaires » tenaient le boccage, on ne s’embarrassait pas d’enquête, de jugement et autres fariboles. Aristocrate, officier de Marine sans doute pétainisme son compte était bon. Il fut enlevé avec son épouse, sa sœur et sa domestique et  tous assassinés de façon ignoble.

A la semaine prochaine

Donec

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Un ami, Julien Viaud

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Bonjour à tous,

Parmi les amis dont je vous conseille la fréquentation, il en est un qui m’est particulièrement cher, c’est un « jeune officier pauvre » : Julien Viaud, alias Pierre Loti.
Ses récits de voyage sont magnifiques et très régulièrement je refais avec lui le chemin vers d’Ispahan. Il parle avec un amour authentique des équipages de ce temps là, de ces hommes frustes menant des vies de bagnards que nous n’imaginons même pas. Ces récits sont évocateurs et précis, son style fluide et classique.
Il entra à l’académie française en 1891 bénéficiant de la cabale qui visait à éloigner Emile Zola dont le naturalisme choquait. Lors de son discours de réception, il attaqua le naturalisme qui « prend les sujets dans la lie du peuple des grandes villes ». Mais il ne se brouilla pas avec l’auteur de Germinal, lui écrivant ensuite qu’il admirait son « immense talent ».
Pour conclure, Je ne peux résister au plaisir de vous livrer une phrase ciselée par le maître : « Les tristes courlis, annonciateurs de l’automne, venaient d’apparaitre en masse dans une bourrasque grise, fuyant la haute mer, sous la menace des tourmentes prochaines ».

A la semaine prochaine

Donec

Ah, ces migrants

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Bonjour à tous,

Les migrations appartiennent à l’histoire du monde. La légende veut que des peuplades misérables quittent leur terre natale, poussées par la faim, la guerre et la souffrance pour d’autres cieux plus accueillants. Du moins le croient-t’ ils !
En 1915 les Arméniens vivaient en Turquie depuis des temps immémoriaux. Ils participaient vigoureusement à la vie économique et intellectuelle de leur pays et furent alors en but à des persécutions proprement ignobles.
Cette population paisible va être victime d’une marche vers la mort d’une cruauté insoutenable. Une partie d’entre eux va néanmoins pouvoir s’embarquer et rejoindre des territoires moins génocidaires. Je rappelle pour mémoire la belle conduite de la Marine Française dans l’affaire du Djebel Musa Dagh*.
Ces malheureux débarquèrent à Marseille dans des conditions que l’on imagine.
Le 25 octobre 1923, le maire de Marseille, ce bon docteur des pauvres, Siméon Flaissiere les accueille par des propos qui fleurent bon l’actualité :
« Depuis quelques temps se produit vers la France, par Marseille un redoutable courant d’émigration des peuples d’orient, notamment des Arméniens. Ces malheureux assurent qu’ils ont tout à redouter des Turcs. Au bénéfice de cette affirmation, hommes, femmes, enfants au nombre de plus de 3 000 se sont déjà abattus sur les quais de notre grand port. Après « l’Albano » » et le « Caucase » d’autres navires vont suivre et l’on annonce que 40.000 de ces hôtes sont en route vers nous, ce qui revient à dire que la variole, le typhus et la peste se dirigent vers nous. S’ils n’y sont pas déjà en germe, pullulant depuis l’arrivée de ces immigrants dénués de tout, réfractaire aux mœurs occidentales, rebelles à toutes mesures d’hygiène, immobilisés dans leur indolence résignée, passive, ancestrale. Des mesures exceptionnelles s’imposent et elles ne dépendent pas des pouvoirs locaux. La population de Marseille demande rigoureusement au gouvernement qu’il interdise l’entrée des ports Français à ces immigrés et qu’il rapatrie sans délai ces lamentables troupeaux humains, gros danger public pour le pays tout entier ».
Incontestablement ce brave docteur était visionnaire.

A la semaine prochaine

Donec

* A voir sur You Tube une intéressante conférence organisée par les anciens de l’école navale concernant le Musa Dagh.

Matricule 679278

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Bonjour à tous,

Nous saluerons aujourd’hui la destinée d’une femme de caractère qui ne s’en laissa pas conter.
Simone Veil était « une force qui va ». En 1944, survivre à la Shoah impliquait déjà une incroyable volonté de vivre.
Au retour, invitée à se taire, elle fait son droit et choisit la magistrature. Portée au combat par son caractère, sa volonté et son entêtement, elle devient haut fonctionnaire de l’administration pénitentiaire en charge d’affaires sensibles. La première aura pour thème le rapatriement en métropole des femmes prisonnières algériennes exposées aux mauvais traitements.
Entrée en politique, remarqué par le président Giscard d’Estaing, il lui confie le délicat dossier de « l’interruption volontaire de grossesse » un drame qui affecte chaque année des milliers des femmes. La législation en vigueur portait le sceau du maréchal Pétain et restait soutenue par un panel allant de l’ineffable Jeannette Vermeersch à de vieilles barbes hors du temps.
Son action déterminante fera table rase de ce passé encombrant sous les quolibets, les injures et la grossièreté de députés en folie.
Passionnée, exigeante, autoritaire, une telle nature ne pouvait se tenir éloignée des grandes cause du temps. En 1979 ce sera la construction européenne. Elle en deviendra la présidente.
Je me souviens de ce débat du 4 mai 1979 qui l’a mis aux prises avec Chirac, Marchais et Mitterrand lors de l’élection Européenne. Rayonnante, elle tint tête avec élégance à ces loups cerviers, se battant pied à pied et rendant coup pour coup.
Désormais, devenue la personnalité préférée des Français, chargée d’honneurs et de fonctions prestigieuses elle poursuivra une existence vouée aussi à la mémoire terrible de la Shoah.
Quelle image de la France elle a donné au Monde !

A la semaine prochaine

Donec

L’histoire est injuste

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Bonjour à tous,

Certains personnages de l’histoire bénéficient d’un traitement de faveur, d’autres au contraire sont victimes d’une injustice qui se perpétue d’année en année.
Tel est le colonel de la Roques, archétype du « fasciste Français », vilipendé, maudit et mis à l’écart.
Le méritait t’il ?
De Laroque est issu d’une famille réactionnaire catholique de droite. Ces convictions là dicteront ses choix.
A 20 ans il s’engage et sa conduite pendant la guerre de 14 est admirable. En 1928 il quitte l’armée, s’inscrit à l’association des Croix-de-Feu qui fédère 3 000 soldats de 1ère ligne décorés de la Croix de Guerre.
Mais le Colonel, pourtant attaché à la République, veut muscler les institutions en les dotant d’un exécutif fort et en réduisant les pouvoirs du Parlement.
Le mouvement possédant un service d’ordre et une chaine de commandement, le succès est au rendez vous. En 1935 ils sont 35 000 adhérents.
Le 6 février 1934 une manifestation monstre perturbe le vote de confiance à Edouard Daladier nouveau président du conseil. Mais de laroque ne se mêle pas aux autres cortèges revendicatifs musclés. Lorsque les échauffourées commencent, il disperse ses troupes. Les plus extrémistes de son mouvement vont alors rejoindre des partis ouvertement fascisants et antisémites. De son coté le colonel crée le Parti Social Français destiné à faire entendre sa voix et ses valeurs au parlement. En 1939 il va compter jusqu’à 1.2 million d’adhérents de toutes classes sociales. Il rejette aussi bien le capitalisme sauvage que le Front Populaire.
Le 10 juillet 1940, après la défaite, les pleins pouvoir sont votés au Maréchal Pétain.
Si « l’Etat Français » a adopté la devise du PSF « Travail, Famille, Patrie » le torchon ne tarde pas à brûler avec le nouveau régime. Les désaccords s’accumulent avec le Maréchal. En effet ni la politique raciale, ni la collaboration avec l’Allemagne ne sont acceptables pour François de Laroque et ne parlons pas de la Milice à laquelle ses membres ont interdiction d’adhérer. Il a mis par ailleurs en place un réseau de résistance.
Les occupants mettent alors le colonel hors la loi et l’internent en Allemagne.
A son retour en France, il est immédiatement incarcéré mais libéré faute de preuves. Très éprouvé par ses multiples détentions il s’éteint le 28 avril 1946.
Ce n’est que 15 ans après sa mort, en 1961 que de Gaulle reconnaitra ses mérites.
Aujourd’hui pourtant il sent toujours le souffre, honni par la droite dure et rejeté vers le fascisme milicien par les beaux esprits.
Pierre André Tagueiff concluera : « Tendance politique dure mais concept mou ».

A la semaine prochaine.

Donec

Alors ce climat?

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Bonjour à tous,

Laurent TESTOT a écrit « Cataclysme » qui traite des liens entre le climat et la destinée heureuse ou malheureuse des civilisations. Il explique que les sociétés humaines ont été dépendantes de leur environnement ou des changements climatiques.
L’on découvre que l’expansion de la civilisation de la Chine des Song, tout comme celle de l’empire arabo-Persan ou des gréco romains est arrêtée nette par des invasions. Elles sont dues aux aléas climatiques qui frappent les populations barbares périphériques. Ainsi la vague de froid qui s’abat sur la steppe sibérienne a poussé les habitants nomades à chercher refuge dans des contrées plus clémentes. Ils vont mettre fin par le fer et le feu aux progrès des contrées envahies.
En fin de compte c’est grâce au climat tempéré que notre civilisation, issue de la société chrétienne médiévale va devenir la maitresse du monde. Malheureusement la démesure d’un développement sauvage, la mise à sac des ressources de la planète peuvent nous entrainer dans un piège fatal qu’illustrent les grandes migrations qui se sont mises en marche vers nos contrées non encore impactées par la sécheresse, la misère ou la guerre. Tout cela porte à la réflexion.
Pour l’occasion je rappelle ce mot d’Alain : « La civilisation est une mince pellicule que le moindre choc peut déchirer et la barbarie apparait ; La révolution comme la guerre peuvent faire disparaitre cette mince couche de civilisation qui a mis des siècles à se former. » Car nous le savons aujourd’hui, les civilisations sont mortelles.

A la semaine prochaine

Donec

En bonus un article sur le Yacht Club de France

Dossier YCF150 Voiles et Voiliers ete 2017 (1)

1917 l’Année terrible

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Bonjour à tous,

Après « l’éloignement » de Joffre c’est Nivelle qui prend la manœuvre avec une maladresse insigne. Il relance une offensive que l’ancien généralissime avait étudiée. Les « bonhommes » croyaient dur comme fer que le front allait être rompu et que ce calvaire qu’ils vivaient depuis aout 14 allait prendre fin.
Je rappelle cette appréciation de Louis Mairet mort à Craonne « le poilu ne se bat ni pour l’Alsace, ni pour ruiner l’Allemagne, ni pour la patrie. Il se bat par honnêteté, par habitude et par force. Il se bat parce qu’il ne peut faire autrement. »
Le pioupiou en pantalon garance de 14 est devenu un guerrier qui a tout vu, tout subit. Il regarde les errances du commandement avec une ironie méprisante.
Après l’échec du chemin des Dames, il est à bout et les conversations vont bon train dans les cantonnements. Les montées en lignes injustes et les permissions qui tardent à venir, tout contribue à un mécontentement généralisé. D’autant que la conférence de Stockholm et la révolution russe les perturbent en faisant apparaitre d’autres espoirs.
Ajoutons à cela un printemps particulièrement ensoleillé et donc une soif inextinguible que l’on étanche à grands coup d’arrosoir. Le ton monte vite à moins qu’une averse salvatrice disperse les mutins. Tous les facteurs pour une « grève » des tranchées sont réunis. Environ la moitié des divisions de l’armée française refusent à un moment ou à un autre de « monter en ligne ». Des désordres ont également lieu dans les gares et les transports où saccages et insultes vont bon train
Le 15 mai 1917 le général Pétain remplace le général Nivelle pour le bien de tous. Par des mesures appropriées et son talent de communicateur, il met peu à peu fin à ces troubles en préparant son propre avenir. Il y aura qu’en même 3500 arrestations, 554 condamnations à mort dont 49 effectives. Chiffre peu élevé si on le compare à celui de 1915 (200 fusillés) ou 1916 (260 fusillés) mais le président Poincaré graciait 95% des condamnés.
A la semaine prochaine
Donec
PS : je suis un être particulièrement distrait, ma spécialité étant de me prendre les pieds dans le tapis ce que ne manque pas de déplorer mon entourage. Mais que faire ? Ainsi la semaine passée je vous annonçais la commémoration du drame du Thoron pour le 5 juillet. Il fallait comprendre 5 juin. Excusez- moi !
Nous nous rattraperons l’année prochaine où nous donnerons à cet évènement un éclat particulier.