Le Grand Anacréon

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‌Bonjour à tous,

En feuilletant une revue Sauvetage de 1998, j’ai découvert un récit  de l’amiral  DAMBIER concernant la fin d’un paquebot de 283 tonneaux qui fait le service Bordeaux Vera-Cruz en décembre 1830 : le Grand Anacréon. Il est commandé par Martin Jorly  qui fut corsaire dans sa jeunesse. Il fait un compte rendu du drame au lendemain du naufrage :
«  L’an mille huit cent trente et le huit décembre à huit heures du soir par devant nous Philippe BAUDOIN adjoint au maire de la commune de Vendays, canton de Lesparre, délégué par celui-ci pour remplir les fonctions. Attendu son absence, c’est présenté le Sieur Martin JORLIS capitaine commandant le navire trois mats Grand Anacréon […] Il nous relate les faits suivants :

Le Grand Anacréon appareille le cinq courant à deux heures et demie de la relevée, de la rivière de Bordeaux avec le vent de la partie sud, fraiche brise, faisant route le cap à l’Ouest ; A huit heures parvenu à la distance d’à peu près vingt lieues de la tour de Cordouan les vents sautèrent à l’Ouest ventant tourmente ; nous fumes obligés de serrer toutes les voiles à l’exception de la misaine et du grand hunier deux ris pris, cinglant bâbord amure. A dix heures, les vents redoublant par grainasse, contraints de serrer la misaine, craignant d’accoster le danger de Rochebonne, nous fumes forcés de prendre les amures à tribord et de tenir la cape sur le grand hunier deux ris pris et le petit foc. A sept heures du matin, le six, faisant route près de terre et le temps continuant toujours, ils ont changés les amures à bâbord et amurés la misaine gouvernant au plus près du vent pour essayer de s’élever de la côte. A dix lieues, ils ont bordé le petit hunier tous les ris pris ; le bâtiment fatiguait extraordinairement, chaque coup de mer le couvrait. Il faisait beaucoup d’eau, 18 à 80 pouces par heure ; on pompait d’heure en heure ; Le temps était très couvert et sans vue ; nous ne pûmes nous décider à nous approcher plus près de la terre (pour cette dernière détermination le conseil avait été réuni). Il existait déjà des avaries au beaupré : les haubans, les barbejeanes, les poulaines avaient été coupées brisées et enlevées par la mer. La journée et la nuit du six au sept se sont écoulées en courant tantôt sur un bord, tantôt sur l’autre ; serrant et bordant le petit hunier tous les ris pris selon la force du vent. A huit heures du matin du sept, le conseil de nouveau réuni, on prit la détermination de chercher les Pertuis ou la rivière de Bordeaux, mais le temps toujours couvert et sans vue empêcha de prendre hauteur. A quatre heures de la relevée se trouvant sur les brisant des Dangers de Cordouan, nous avons jugé être les Anes. Nous avons reçu trois coups de mer qui nous ont capelés par le travers. Le moment a été considéré comme la dernière heure de l’équipage. Après avoir doublé ce mauvais pas, on borda le petit hunier, tendant toujours les amures à bâbord. Le temps se couvrait de plus en plus et offrait un horizon très près du navire. La mer déferlait constamment à bord. L’équipage était harassé de fatigue et sans cesse mouillé. A huit heures nous nous aperçûmes que nous recevions par le travers de coup de mer du haut fond de la Côte d’Arcachon. Le conseil s’assembla alors pour la troisième fois et après avoir fait le résumé général du voyage on a reconnu qu’on se trouvait à la distance de sept milles de la côte. Désespérant de vaincre les obstacles qui s’opposaient à ce qu’on gagna le large, jaloux de conserver l’existence de l’équipage et des passagers on dut faire un choix de la côte sur laquelle le danger serait le moindre pour s’échouer. Une côte plate aurait laissé le navire à une distance trop considérable de la terre pour qu’on put espérer de sauver tout le monde. Une côte rapide présentait plus de chances de salut par la raison que près de terre il y avait plus d’eau : le navire calant onze pieds passés ce dernier moyen fut employé. La situation du navire était alors celle-ci : il était en face de Carcans, selon les calculs pris à peu près à cinq ou six lieues des Olivers dans le sud, on jugea qu’en laissant arriver la côte serait favorable. On calcula la marée ; on crut convenable d’arriver à terre au moment où il y aurait une heure et demie de jusant ; la pleine mer était à neuf heures. Cette heure était déjà proche car depuis le moment où le conseil était rassemblé jusqu’à celui de sa détermination, il s’était écoulé trois quarts d’heure. On se prépara ; on allégea le navire en défonçant les pièces à eau qui se trouvaient sur le pont et en débarrassant tout ce qui pouvait engager. On tint cette même situation du navire, ayant toujours le même temps jusqu’à dix heures et un quart, c’est l’instant qu’on choisit. On laissa arriver plat vent arrière en présentant le cap à terre et tout le monde se prépara. Le navire a bientôt échoué. Le ciel a voulu que les calculs du conseil se soient réalisés. Il était bien près de la terre sur une côte assez rapide. Aussitôt le maître d’équipage a été envoyé une ligne de loch à laquelle on avait attaché une cage à poules. Il s’est précipité à la mer, il a gagné la terre et le reste de l’équipage l’a bientôt suivit. La ligne de loch ainsi établie en un va et vient a servi à sauver les passagers ; le plus grand ordre a heureusement régné et à une heure et demie du matin tout le monde était à terre. Le capitaine n’a quitté son navire qu’au dernier moment. Il est à remarquer qu’un passager, Mr Dalwig resta à bord ne pouvant se décider à braver les dangers que présentait la côte. On parvint cependant à l’y décider et on le sauva vers les trois heures de la relevée. Le même jour à huit heures du matin un préposé des douanes à cheval se présenta sur la côte. Le capitaine le pria de prévenir les autorités locales de l’évènement arrivé…

Le 8 décembre 1830 en fin d’après midi Martin JORLY va parcourir les huit kilomètres qui séparent la côte du village de Vanday. Dans le vent et la pluie de la tempête à laquelle il venait d’échapper probablement exténué par les trois derniers jours de mer. Il va mettre trois heures pour parvenir à destination.

A huit heures du soir il relate avec précision la dernière navigation du Grand Anacréon et l’ensemble des manœuvres qu’il a fait approuver par le conseil puis qu’il a conduites pour tenter d’abord d’échapper, au mauvais temps, pour essayer ensuite de rallier un havre abrité, enfin pour échouer son navire afin de sauver les vies humaines qu’il avait en charge.

Le 9 décembre à 9 heures du soir, il décède sans doute de désarroi moral et d’épuisement physique après avoir sauvé de la mort ses dix sept passagers et son équipage. Il avait 55 ans ».

A la semaine prochaine

Donec

Humour US

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‌Bonjour à tous,

En 1949 Jean Raspail, personnage haut en couleur, décide une escapade qui doit le  conduire sur les traces du père Marquette, jésuite, entre Québec et la Nouvelle Orléans.  Ils « avironneront » sur les « chemins d’eau du roi » du Saint Laurent au Mississipi.
Ils sont quatre à tenter l’aventure. Après quelques semaines ils sont à Burlington sur le Mississipi.  A peine amarrés un sheriff plus vrai que vrai et ses acolytes les embarquent sans explication. Les pandores sont sourds à leurs protestations. Ils se retrouvent au tribunal, menottes aux poignets. L’avocat commis d’office n’est pas fier car le juge est redoutable. L’accusation n’est pas anodine : entrée illégale aux Etat Unis, absence de documents concernant les embarcations, circulation nocturne sur le Mississipi sans feux de position, camping prohibé sur des bancs de sable, navigation dans un chenal réservé au trafic commercial susceptible de mettre en danger la sécurité des navires.
L’avocat plaide la jeunesse, la noblesse des intentions de ces jeunes gens et la haute figure du père Marquette.
La sentence tombe : ils sont coupables. Leur peine ce sera deux jours de prison à effectuer dans la suite présidentielle de l’Astoria Hôtel, crédit ouvert au restaurant, le tout au frais de la municipalité.

Et le terrible juge de leur ouvrir les bras « Bienvenue à Burlington ! ».

C’est aussi ça l’Amérique

A la semaine prochaine

Donec

L’homme qui parlait aux arbres

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Bonjour à tous

Il y a quelques jours un célèbre tribun, «  Narcisse qui s’enivre de ses propre paroles »  donnait une représentation sur France 2. Il faisait la leçon à un auditoire médusé. Ce diable d’homme avait réponse à tout, excédé néanmoins que son entourage télévisuel ne soit pas tout à fait à la hauteur. Nous assistions à un spectacle destiné à un public épris de justice sociale et de grands soirs.
A l’entracte, dans ces émissions, un homme de théâtre joue les Candide. Ce jour là c’était Philippe Torreton qui s’y collait. Il arrive avec en main un petit ouvrage assez philosophique de Jean Giono « l’homme qui plantait des arbres ».  L’auteur de Manosque évoque Elzéard Bouffier, berger un peu fou qui vit en Hermite et plante des arbres à tour de bras dans une Provence désertique.  Les arbres poussent et le désert recule. L’action se déroule entre 1910 et 1946. Naturellement le tribun connaissait l’œuvre.

– « N’y avait t-il rien à faire de mieux pendant la guerre que planter des arbres ! »

A ce bel ouvrage qui traite de l’opiniâtreté d’un solitaire monomaniaque, Narcisse pas écologiste pour un sou, n’y voit qu’une occasion perdue de prendre les armes à 80 ans contre l’envahisseur teuton.

Quelle santé !

A la semaine prochaine

Donec

Et noubliez pas, Donec à un blog : http://donec.eu

Rouge brésil

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Bonjour à tous,

En France nous ne manquons pas de bouffeurs d’écoutes dont les exploits deviennent des mythes. Naturellement leurs patronymes ornent la poupe de nos bâtiments de guerre.
Paradoxalement quelques uns restent dans l’ombre et c’est absolument injuste. Tel est le cas de Nicolas Marie Durand de Villegaignon qui nait en 1510 à Provins
En 1531 le voilà grâce à la recommandation de son  oncle Villiers de l’Isle Adam, grand maitre de l’ordre Saint Jean de Jérusalem, chevalier de Malte. Cet ordre en ce temps là pourvoyait notre Marine en officiers.
Il va réaliser au cours de sa carrière quelques exploits qui méritent d’être contés. En 1548, il commande une flotte qui se rend en écosse prendre livraison de la petite fiancée du dauphin François : Marie Stuart. Il réalise cette opération au nez et à la barbe des Anglais avec ses galères. Il contourne l’Ecosse par le nord, descend la mer d’Irlande pour embarquer la belle dans l’estuaire de la Clyde.
En 1556 HENRI II finance une expédition destinée à fonder une colonie Brésilienne où les protestants pourraient exercer librement leur culte. Il quitte le Havre en  aout 1555 avec deux bâtiments et 600 marins pour débarquer dans la baie de Rio sur une ile. Il y fait élever un fort qu’il baptise Fort Coligny en l’honneur de son mentor. Il abrite aujourd’hui l’école navale brésilienne. Dans cette colonie cohabitent catholiques et protestants. Des conflits ne tardent pas à éclater faisant le jeu des Portugais qui en 1560 investissent le fort. Mais Villegaignon était rentré en France en 1559. Les relations commerciales avec les Portugais se poursuivirent néanmoins. Mais c’en était fini de la belle aventure des Français au Brésil. Jean Christophe Ruffin dans son ouvrage « Rouge Brésil » nous raconte cette épopée.
Calviniste dans sa jeunesse il est devenu catholique et ne manque pas de s’investir dans les guerres de religions du coté papiste.
En 1567 il est nommé gouverneur de Sens et s’éteint en 1571 dans la commanderie hospitalière de Beauvais-en-Gâtinais près de Nemours.
Quelles aventures !

A la semaine prochaine.

Donec

Profession de foi

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Bonjour à tous,

Vous connaissez Bernard Dimey, le copain de Brassens et de Mouloudji,  il nous a concocté des petits poèmes, je ne vous dis que ça.
En voilà un, vous m’en direz des nouvelles.

Les p’tits plaisirs du jour, les plaisirs de la nuit
Le café du matin, la première cigarette
Une bouffée perdue d’accordéon musette,
Le verre de beaujolais pour noyer ses ennuis,
L’om’lette aux champignons le soir à la campagne,
Le feu dans la ch’minée et l’odeur du calva,
Ca vaut tous les châteaux qui s’écroulent en Espagne
Et quand tout va très mal, moi je vous dis ça va.
Le camembert du siècle et le verre de Chirouble
La douzaine de belons échappée du panier,
Le sourire d’une fille qui sans raison me trouble,
Le coup du père François, le coup de l’étrier.
Les p’tits plaisirs de rien c’est du bonheur quand même
J’en ai tout un folklore et vingt quatre heures par jour
Je promène ma vie sur des chemins que j’aime.
Je ne chante jamais la messe pour les sourds.
Les p’tits plaisirs du jour c’est toi quand tu t’éveilles
Que tu sors de ton rêve et que tes yeux ouverts
Conservent encore un peu d’incroyables merveilles,
Paysages inconnus qu’on regarde à l’envers.
Petit plaisir de rien comme un refrain des rues
Qu’on attrape en passant et qui vous fait trois jours.
Offrez-moi dix fois rien, j’en aurai plein la vue
A chacun ses plaisirs, à chacun ses amours.

Et v’la l’travail
Il est aussi l’auteur de « Syracuse » chanson fétiche d’Henri Salvador

A la semaine prochaine

Donec

La vie ne tient qu’à un fil

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Bonjour à tous,

Lors de la nuit d’horreur du Bataclan, deux amis sont allongés. Les balles sifflent et ricochent. Un très court moment les tirs cessent, les assassins doivent recharger leurs armes. Attentif à ce silence brutal, l’un des deux  se ressaisit et secoue le bras de son ami.
« Il recharge tirons nous ! »
« Mais je n’ai pas mon manteau ! »
Dans le film «convoi vers la Russie » le pétrolier coule, l’équipage abandonne le navire au milieu de craquements sinistres, d’écroulements divers, de gerbes d’eau, d’effrayants mouvements de coque. L’un des matelot reste en arrière.
« Alors tu viens ? »
« Ben, je vais chercher mon dentier ! »
Ainsi combien d’humains furent rayés de la surface terrestre pour avoir hésité une seconde, leur attention étant requise par un objet secondaire pour lequel ils se sont sacrifiés. A ce moment là  le cri ou le geste de l’ami est indispensable à un réveil salutaire.

A la semaine prochaine

Donec

A vos martinets !

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Bonjour à tous,

L’ Europe part à vau-l’eau,  toute autorité y est contestée à commencer par celle du mari dont le noble statut de « pater familias » est systématiquement remis en cause.
C’est un naufrage et comme dans tout naufrage, il y a des privilégiés : les femmes et les enfants.
Un pays pourtant conserve son libre arbitre et relève le gant : la Russie. Ce grand pays dispose d’une élite qui montre sa virilité. En effet son gouvernement vient de dépénaliser (partiellement) les violences conjugales, bravo.
Ainsi un mari, conducteur de rouleau compresseur, rentre chez lui pour découvrir que le bortsch n’est pas cuit et que le 25éme volume des œuvres de Lénine n’a pas été acheté. Jusqu’à présent son seul recours était de baisser la tête et de se servir un verre de vodka.
Désormais il pourra agir fermement. Avant de se servir un verre de vodka et de parfaire la  cuisson du bortch, il défenestre son épouse laissant le champ libre à une nouvelle conquête amoureuse.
Dans la matinée du lendemain il se rendra à la milice pour  régulariser sa nouvelle situation. Les autorités Russes ont bien compris que le regard des beaux parents et des enfants sera une punition suffisante pour ce malheureux victime de la perversion féminine.
La sénatrice Elena Mizoulina, femme d’une exquise délicatesse dénonce les excès qui existent en Europe de l’ouest comme cette loi interdisant la gifle. Pourtant nous savons tous qu’une bastonnade forme des spartiates qui ont laissé dans l’histoire une autre image que celle des efféminés d’Athènes.
Notre civilisation est en péril assailli par des hordes d’enfants mal élevés et des femmes enceintes insoumises alors levons la main pour saluer les prophètes russes et mettons nos pas dans les leurs.

A la semaine prochaine

Donec

Souvenir, souvenir

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Bonjour à tous,

Vers 1971, le porte avions Clémenceau fit escale en baie de Villefranche sur Mer. Le site était exceptionnel. J’avais acquis chez un bouquiniste toulonnais les œuvres complètes de Maupassant. Confortablement installé dans l’îlot, sur le fauteuil amiral avec une vue imprenable sur la rade, je me délectais des pages de ce magnifique auteur.
Vendredi dernier, nous nous sommes retrouvés dans cette  petite ville à commémorer le cinquantième anniversaire du départ de la VIème flotte américaine pour la baie de Naples. En effet le général de Gaulle avait assimilé la leçon des années quarante, aimablement donnée par Roosevelt et Churchill et qui peut se résumer ainsi « On est jamais mieux servi que par soi même ». Il mit le dicton en pratique.
Cela au grand désarroi des belles Villefranchoises et des membres du Parti Communiste qui quelques semaines plus tôt défilaient aux cris de « US GO HOME ». Les « Boys » s’embarquèrent pour Naples.
Naturellement un certain nombre d’américains  laissèrent leur cœur en pays niçois. Ce weekend c’est au milieu de vétérans venus du Texas, du Nevada, du Maine ou du Wisconsin qu’ont eu lieu les cérémonies de cet anniversaire.  Tous cela avait beaucoup d’allure : population de Villefranche, musique des équipages française et américaine, présence de «l’Enseigne de Vaisseau JACOUBET et de l’U.S. DDG COOK, de leurs équipages respectifs, enfants des écoles et pour les allocutions les amiraux Charles Henri de la Faverie du Che et  Christopher Grady.
La fraternisation fut complète quand les marins américains et Français, bras dessus, bras dessous accompagnés de vétérans s’en furent chez « mom’ Germaine »  parler du vieux temps et des 250 mariages célébrés.

A la semaine prochaine

Donec

C’est beau la culture!

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Bonjour à tous,

Je regardais Manuel Vals aux prises avec quelques journalistes de bonne compagnie. En d’autres temps ce ministre aurait fait un Torquemada tout à fait acceptable. L’interviewer était un jeune godelureau en chemise de bucheron qui le comparait au docteur Jekyll. Il commettait au passage une petite erreur, mais dans la flamme de l’interview nous l’excuserons, il inversait les rôles. En effet le gentil c’est le docteur et le méchant c’est Hyde. On ne peut pas tout savoir. Il avait sans doute mieux à faire que d’assister à la projection du beau film de Victor Flemming joué par Spencer Tracy et Ingrid Bergman.
A ce sujet je soulignerai que Stevenson écrivait des livres pour les enfants. Plutôt que d’ânonner les contes de Perrault à la sauce Mickey, nous devrions plutôt  leur lire cet inoubliable ouvrage où l’homme apparait dans sa vérité, cerveau reptilien inclus.
Car vous le savez tous, dans l’être humain deux forces s’affrontent  et si c’est le mauvais qui l’emporte ce n’est pas que le bon ait été vaincu. Le duel n’oppose pas la part noble de l’homme à sa partie abjecte. Elle se situe entre l’ardeur impétueuse des forces du mal et l’inertie, le manque d’ambition et l’énergie défaillante du naturel bienveillant.
Enfin c’est ce que voulait dire le godelureau qui jouait au journaliste.
A la semaine prochaine

Donec

Se promener dans le vieil Antibes

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Bonjour à tous,
Parmi les généraux factieux que De Gaulle cloua au pilori le 21 avril 1961 l’un d’eux attire mon attention : le général Raoul Salan
A l’origine de cette réflexion la découverte sur un coin de fenêtre du vieil Antibes, seul et oublié de tous, le premier volume de ses mémoires « la fin d’un empire ».
J’avais de lui une image popularisé par les médias, un homme plutôt râblé au léger embonpoint mais bardé de décorations. Un autre cliché le montre proscrit, au temps de l’OAS, coiffé d’un chapeau de feutre.
L’aventure avait pourtant bien commencée.
Après une belle guerre de 14-18, le voilà, comme beaucoup d’officiers de sa génération envoyés aux colonies. Au gré de ses affectations, il s’installe dans le haut Mékong où il se passionne pour les langues locales qu’il pratique avec talent. Puis vient le  temps du ministère des Colonies sous l’autorité du grand Georges Mandel. Il y effectue un travail remarquable. La guerre éclate et il part en Ethiopie.  Sa mission secrète,  chatouiller les italiens et semer la discorde dans leurs rangs. En 1944, il débarque en Provence et libère Toulon puis participe à la réduction de la poche de Colmar. Preuve est faite qu’il est homme de cabinet, intellectuel mais aussi homme d’action.
En janvier 1946 il participe aux négociations en Indochine concernant le départ des Chinois puis avec Ho Chi Min, il traite du statut Vietnamien. Il devient ami de leader communiste et participe aux discussions concernant l’éventuelle indépendance. Il fait l’histoire.
Malheureusement en Indochine les aiguilles tournent à l’envers et ce n’est pas Leclerc qui est à la manœuvre mais L’amiral Thierry d’Argenlieu (Tient lieu  d’argenterie). Sans doute nous avons là une attitude curieuse du général de Gaulle peut être un peu jaloux du prestige de l’homme de Koufra.
Nous connaissons la suite.
Et les derniers mots du premier tome des mémoires de Raoul Salan
« Je pèse mes mots :
Si Leclerc avait été le seul responsable de l’Indochine pendant cette période 1945-1946, nous sauvions l’Indochine, sous une forme différente de celle du passé, mais nous la sauvions… »
Il me reste à parcourir le vieil Antibes pour trouver le second tome. ..
A la semaine prochaine
Donec