La Grèce en 1914

sauver la planete supplément de missileOnBonjour la compagnie,

Encore une fois je suis victime de l’humour des rédacteurs de Cols Bleus et je vous fais faire.

L’action se déroule en 1914 et nous racontons l’histoire d’un vaisseau qui embarque dans une suite d’un navire anglais, une sorte de patrouilleur.

«Ce yacht était commandé par son propre propriétaire capitaine de corvette RNVR (Réserve volontaire de la Royal Navy). Il y a en Angleterre, en temps de guerre, trois officiers: RN (Royal Navy), RNVR comme le nôtre, et RNR (Marine Royal réserve).

Les officiers RN sont les noms des marins et des messieurs, les RNVR des messieurs, et les RNR des marins, on entend qu’ils sont des piètres marins et des derniers des rustres.
Lui propriétaire d’un yacht, était donc un marin, exception dans le RNVR et gentleman by droit de naissance. Tandis que moi, officier de la marine marchande j’étais naturellement un rustre. Au surplus, tout ce qui n’était pas passé en pavillon britannique n’était pas vermine de mer.

J’aurais pu feindre de ne pas comprendre l’anglais, mais il parlait fort bien français, le bougre, et il m’abreuvait d’anecdotes où la marine marchande était en général et la marine française n’avait jamais été un rôle très reluisant.

Par chance, il s’agit aussi de bon personnel de whisky, qui lui était parfait, et sa table était très convenable.

Je me suis consolé en bavardant avec son second qui n’était pas en anglais mais gallois, et RN, donc marin marchand comme moi, de sorte que nous avons sympathisé autour de son whisky, qui était loin de payer tout avoir n’est ce pas?

En fait, nous  sommes près de Corfou, sa destination est la fleur d’Angleterre  .
Et, Ô surprise! en grand’garde, je croise mon vieux  Robuste , miraculeusement ressuscité! Ce n’était pas lui mais vraisemblablement son frère jumeau aussi vieillot, aussi rouillé, aussi misérable.

Seule différence il s’appelait  Hercule .

Nous échangeons des signaux de reconnaissance, et quelques voix par porte-voix, et le yacht, toujours à douze nœuds, avec le cap sur l’entrée du port.

Il était tellement évident de ne pas avoir compris que l’autre idée diabolique germa in mon esprit.

«Vengeance, vengeance! »

Je suis sur la passerelle et interpellé le commandant:

  •  Vous avez entendu ce qu’il nous a dit? »
  •  Il m’a dit «Ouah, ouah, ouah! comme on dit toujours dans un porte-voix.
  • Et qu’avez-vous répondu?
  • J’ai répondu «Ouah, ouah, ouah», on répond toujours dans un porte-voix.
  • Oui? Eh bien il vous a dit: «La passe est minée, suivez-moi».

Malgré son fils, il sursauta, et donna des ordres. Le  Flower of England  décrivit une courbe gracieuse, et va prendre la ligne de fichier derrière l’ Hercule.

Nous avions le vent debout, la fumée abondante et les escarbilles du patrouilleur nous avons été, mais on ne pouvait rien.

Le baronnet était furieux. Moi j’étais ravi. Une heure et demie après (eh oui, à cinq nœuds!) Nous étions mouillés à Corfou;

Je suis heureux de recevoir mon hypocritement, et m’envoyer, avec mon équipage, me présenter aux autorités maritimes françaises.

Je suis bien accueilli, réconforté, habillé, logé, et on me dit que je serais «rapatrié» à Brindisi par la première occasion de mer, soit trois jours après. Jusque-là j’étais libre de mes mouvements.

Chacun sait que le marin, abandonné dans une ville inconnue, trouve miraculeusement le chemin le plus court pour le plus proche bistrot, le havre naturel des abandonnés.

Trois minutes après, j’y étais.

Et là, sur la terrasse, en plein soleil, j’aperçus mon vieux camarade nantais Thomas, dit Muscadet.

Nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre, et je lui ai dit mon odyssée.

  • Et toi, que fais-tu?
  • Moi je commande le patrouilleur comme ton ex, l’ Hercule.

Comme le monde est petit! Tout heureux, je raconte l’histoire de l’Anglais tyrannique et chauvin, et concluant:

  • J’ai raconté en anglais que tu avais crié dans ton porte voix «Le passe est minée, suis-moi! »

Thomas leva sur moi son œil bleu, et articulant bien dit: «C’est exactement ce que je lui ai dit! »

A la semaine prochaine

Donec

Le journal de la passerelle N-30

Une belle anecdote

supplément de missile sauver la planete

Bonjour la compagnie,

La guerre est le moment où l’imaginaire le plus violent s’exprime envoyé par dessus les moulins toute trace de civilisation.

Pourtant, à de rares occasions, l’esprit chevaleresque fait une petite apparition, son auteur n’est pas la folie de s’en vanter.

Ainsi le 20 décembre 1943, après le bombardement réussi sur le Boeing B17 F  Ancien Pub  piloté par le lieutenant Charles «Charlie» Brown avait été endommagé par une douzaine de Messerschmitt 109 et Foke Wulf 190 de Jagdgeschwader 1. The Road les circuits d ‘ oxygène, hydrauliques, et endommagés. La moitié de la gouverne de direction et la gouverne de profondeur gauche arrachées.

Votre ancien pub a été réduit à l’état d’épave qui ne tenait pas plus en l’air que ce qui s’est passé du Saint-Esprit… L’agonie, la «Forteresse volante» plus que trois mitrailleuses au 11 out encore. La plupart des membres de l’équipage ont été façon blessée. L’affaire de la Luftwaffe Franz Stigler, aux commandes d’un homme 109 rejoign alors le bombardier qui se traînait vers la Grande-Bretagne. Voyant l’état du B-17, lui-même revinrent à la chanson JG 27, Gustav Rödel en Afrique du Nord  : «Vous êtes les pilotes de chasse aujourd’hui, demain, toujours. Si jamais j’apprends que l’on s’attaque à un pilote en parachute, je le tuerai moi-même  ». Stigler raconta plus tard: pour moi c’est comme s’ils étaient sous leur parachute, je ne pouvais pas les abattre  ». A deux reprises, il est important de savoir si un avion est endommagé sur un aérodrome allemand ou sur une Suède, ou alors ils ont été internés pour le reste de la guerre. Mais ni Brown ni aucun membre de l’équipage ne comprenez ce que vous voulez.

L’Allemand continue à voler en formation serrée avec le  Ye Olde Pub  empêchant de faire le flak de tirer sur le bombardier et l’escorta jusqu’à la côte.

Brown incertain des intentions réelles de Stigler, la tourelle dorsale soit pointu vers le chasseur mais de ne pas ouvrir le feu, pour mettre en garde.
Ayant compris le message, et après s’être assuré que le bombardier avait quitté l’espace aérien allemand, Stigler salua et rentra à sa base. Ye Olde Pub parvint à voler jusqu’à Seething, base of 448 group of the Bombe où Brown informait ses supers de cette histoire lors de son débriefing.

Stigler of son fils n’a aucun rapport sur cet incident (on s’en doute) sachant qu’épargner un ennemi lui aurait valu le peloton d’exécution.

Franz Stigler et Charlie Brown sont rencontrés depuis 40 ans et restèrent amis jusqu’à leur mort.

A la semaine prochaine

Donec

PS: merci à «Fanatique de l’aviation» de nous avoir fourni l’anecdote

Le journal de la passerelle N-30

Qui connaît Hans ledwinka ?

en est plein yang tse kiang

Il est des hommes de caractère qui brillent des mille feux de la notoriété et qui se disent avec déférence. Pourtant dans les coulisses, le héros se déplume un peu. Il n’hésite jamais à faire sienne avec éclat. Ainsi le commandant Cousteau perd à être connu mais il n’est pas le seul.

Prenons Ferdinand Porsche, le grand homme de l’industrie automobile allemande portant sur la paternité de la merveille des merveilles, la Volkswagen. C’est un petit véhicule sautillant, robuste et monté sur la sortie de route et le meurtre de ses occupants.

Est-ce que ce concept est imaginé? Pas du tout, l’inventeur de la coccinelle (en mieux) c’est… Hans Ledwinka. Depuis les années vingt il est ingénieur en chef chez Tatra où il imagine et conçoit des autos destinés à la production de masse. Roues indépendantes, châssis en épine dorsale, moteur arrière, refroidissement à air, essieux pendulaires, voilà ce qui caractérisait les réalisations de Ledwinka. Nous n’oublions pas l’aérodynamique.

Hitler passionné d’automobile ne veut pas remarquer l’originalité des Tatras et avoir envie de partir de ses autoroutes avec. Il est en charge de Ferdinand Porsche qui est allée au-delà de l’épaule de Ledwinka dès que le grand Reich est approprié pour la Tchécoslovaquie.

L’action en justice que l’ingénieur tchèque a déclaré alors qu’il était épilogue en 1946.

Mais, pour la guerre populaire, il reste encore de Ferdinand Porsche aiguillonné par Hitler.

Ainsi va la vie, à la semaine prochaine

Donec

PS: sur le blog donec.eu une interview de Donec à l’occasion du Festival Trait d’Humour Bonjour la compagnie,

Il y avait Denise

laissez pas aller cambusard de gardeBonjour la compagnie,

En 1943 la petite Denise, résistante, poursuivie par les séides du Maréchal et quelques gestapistes mal intentionnés, trouve refuge derrière les murs de l’asile de Saint-Alban-sur Limagnole, petite ville bâtie sur les contreforts du massif central.

Les docteurs Tosquelles et Bonnafé veillent sur onze cents personnes qu’ils protègent et nourrissent tant bien que mal avec l’aide des bonnes sœurs du coin. Ils n’hésitent pas à déclarer de fausses épidémies pour enrichir l’ordinaire. C’est un endroit à l’abri de la folie du monde. Survient le couple Eugène et Marie Gridel, Paul Eluard et Nush à la ville. Eux aussi fuient la Gestapo. Alors la jeune Denise n’en revient pas de partager un peu de l’existence du Poète, son orge grillée et sa soupe aux choux.

Denise c’est Denise Glazer, vous la connaîtrez bientôt, c’est elle qui dans son émission Discorama lancera nos chanteurs des sixties de Gainsbourg à Barbara et de Ferré à Brel. Dans un décor minimaliste elle les tordait dans tous les sens pour en extraire la substantifique moëlle.

Elle disparaîtra de nos écrans emportée par le raz de marée de l’après 68, pour finir abandonnée de tous et de toutes au début des années 80.

A la semaine prochaine

Donec

Youms : désigne nos « amis » d’outre Manche ( terme tombé en désuétude)

Si vous aimez la chanson

c est nouveau a la premar2Bonjour la compagnie,

Nous connaissons tous Suzy Solidor qui habitait le haut de Cagnes sur Mer et qui avait vendu pendant la guerre du beurre aux Allemands. Particulièrement aux souris grises qui retenaient toute son attention. La situation de Renée Lebas était assez différente. Roumaine et juive elle eut la bonne idée sur les conseils avisés de Francis Carco de s’exiler en Suisse pendant les années de plomb.

Cette artiste grandit dans le quartier de la Bastille. Comme dans la chanson de Charles Trenet « papa pique et maman coud », ses parents étaient couturiers. N’ayant ni la gouaille, ni l’accent de la Mouffe* en vogue en ces années d’avant-guerre, le fou chantant l’avait baptisée « la chanteuse irréaliste ». C’est elle qui créa sur scène sa chanson « la mer ».

Elle fut une des premières à évoquer la Shoah dans une chanson : « la fontaine endormie ». Sa discographie fut impressionnante Elle se frotta aussi bien à la java qu’aux textes de Boris Vian ou de Léo Ferre et même à ceux combien difficiles de son ami Francis Carco. Pourtant en dépit de son grand professionnalisme, de sa voix magnifique elle souffrit de la comparaison avec ses rivales Edith Piaf et Juliette Gréco.

En 1963, à la mort d’Edith, elle mettra brutalement fin à sa carrière de chanteuse et ne remontera plus sur scène devenant productrice et découvreuse de talents, d’animation pour enfants. Le manège enchanté, Pollux c’est elle.

Elle disparaitra en 2009 dans l’indifférence générale. Alors si vous aimez la belle et bonne chanson écoutez donc Renée Lebas…

A la semaine prochaine

Donec

La Mouffe : mais c’est la rue Mouffetard bien sur !

Les affaires sont les affaires…

ca donne quoi nous ont oublie‌‌Bonjour la compagnie,

« Et si quelqu’un à bord avait la peste, ne lui parle que de loin et le fréquente plus, même si c’était ton meilleurs ami. L’amitié c’est une chose admirable, mais la peste, c’est la fin du monde !»Pagnol par la voix de Raimu

Le Grand Saint Antoine était un trois-mâts carré. Il appareilla le 22 juillet 1719 pour la Syrie où sévissait la peste. Il y embarque une cargaison de 100 000 écus d’étoffes précieuses infectées par des puces porteuses de la bactérie Yersinia pestis. Le 3 avril un passager meurt et sur le chemin du retour sept matelots disparaissent, un huitième tombe malade avant l’arrivée à Livourne en Italie.

Cette hécatombe ne sembla pas affoler les médecins italiens qui laissèrent le Grand Saint Antoine poursuivre sa route vers Marseille et le Brusc où il fait escale. Discrètement le capitaine avertit les armateurs car la date de la foire de Beaucaire est imminente. Ceux-ci font jouer leurs relations auprès des échevins marseillais pour éviter la quarantaine, source de retard et de manque à gagner. D’ailleurs tout le monde s’entend sur le peu de risque que représente cette épidémie. Tout cela c’est de l’histoire ancienne ! Néanmoins les autorités marseillaises envoient chercher à Livourne un certificat attestant que « tout va bien à bord ».

Le Grand Saint Antoine parvient à Marseille le 25 mai, mouille jusqu’au 4 juin et se rapproche des infirmeries d’Arenc pour y débarquer passagers et marchandises. Puis on les invite à faire faire une petite quarantaine pas féroce. Mais entre-temps la peste c’est étendue en Provence malgré l’ordre du régent Philippe d’Orléans de brûler navire et cargaison.

En juillet 50 morts par jour.
En août 1000 morts par jour.

Il est alors décidé de construire un cordon sanitaire matérialisé par un muret de 27 kilomètres de long, gardé nuit et jour par les troupes françaises et papales. La peste tuera 140 000 habitants sur les 400 000 que compte la région. La ville de Marseille paiera un tribut encore plus lourd puisque 40 000 habitants disparaîtront sur une population de 90 000 habitants.

Le fléau ne sera éradiqué qu’en 1723

Nous noterons au passage que les ententes diverses et variées conçues pour contourner les lois existaient déjà aux heureux temps de la monarchie et sont toujours à la mode pour le plus grand intérêt de quelques-uns.

A la semaine prochaine

Le journal de la passerelle N-18

Donec

14-18 la fin des paysans

coup au moins

quitte la marine  Bonjour la compagnie,

Le 11 novembre 1918 le clairon Octave DELALUQUE sonne la fin des combats de la grande guerre. L’holocauste commencé quatre ans plus tôt se terminait enfin. La médiocrité des hommes politiques poussés dans le dos par une élite bravache allait faire payer l’impôt du sang à la paysannerie française.

Loin des discours enflammés des Barrès et autres Déroulède, nos paysans menés sabre au clair par les « hussards noirs » de la République découvrirent bien vite que la guerre fraîche et joyeuse n’existait que dans les pages du « Gaulois », du « Temps » ou de « l’Action Française ». Pour connaître le quotidien de nos grands-pères au front, plongeons- nous par exemple dans la lecture des « Carnets de Guerre » de Louis BARTHAS, tonnelier à Peyriac-Minervois. Il évoque la guerre sans fard ni lyrisme. Mais n’oublions pas que tous ne sont pas à la même enseigne, la vie est beaucoup plus décontractée pour les embusqués de toutes sortes.

Selon le caporal BARTHAS le poilu ne se battait pas pour ruiner l’Allemagne ou pour reprendre l’Alsace et la Lorraine, il se battait par honnêteté, par habitude, par force, il se battait parce qu’il ne pouvait pas faire autrement. Bref son imaginaire relevait plus de la chanson de Craonne que de la Marseillaise.

Malgré l’inhumanité de cette guerre que le « bonhomme » ressentait profondément, il a tenu bon. S’il s’est parfois révolté contre des chefs incapables et féroces c’est qu’il en avait vraiment plein la musette. Mais jamais il ne lâcha prise et n’abandonna son poste.

En tout cas dimanche avec mes amis nous saluerons la mémoire de ces braves paysans de France, nos grands-pères, qui ont tant donné pour leur chère patrie.

A la semaine prochaine

Donec

Maurice GENEVOIX au Panthéon : belle initiative

Le journal de la passerelle N-16 (1)

Forcer le destin

capitaine d armes3marine par hasardBonjour la compagnie,

Echapper à la Grande Faucheuse tient souvent du hasard, mais parfois aussi de l’intelligence et de l’observation, en voici deux exemples.

Le matelot LUX était un mauvais sujet. Solide gaillard, il ne manquait jamais d’aller chercher pouilles à tout gradé passant à sa portée. Ni les sakos, ni la patrouille maritime ne lui faisaient peur. Dès qu’une occasion se présentait il honorait Bacchus. En 1939 il embarqua sur le croiseur mouilleur de mines « Pluton ». Le 13 septembre notre matelot ayant eu la veille un problème relationnel avec la gendarmerie maritime purgeait quelques heures de chibi dans une cellule de la prison du port. A 10 : 40 exactement une mine située entre le mât et la cheminée arrière du « Pluton » explose entraînant la mise à feu de toutes les autres mines et détruisant le bâtiment. Il y aura plus de 200 morts et une centaine de blessés. La mauvaise conduite de LUX lui a sauvé la vie. Voilà un bel exemple de chance insolente.

En 1943 le sculpteur américain Alexandre Calder et sa femme sonnent à la porte du docteur Petiot, 21 rue Lesueur dans le XVIème arrondissement de Paris. Madame Calder est médecin, elle est aussi américaine et juive, deux raisons de quitter Paris occupé. Grâce à ses relations, Petiot se fait fort de procurer au couple de faux passeports et un passage pour l’Amérique du Sud. Comme aux autres candidats au départ, il conseille de coudre devises et bijoux dans la doublure des vêtements et de n’emporter qu’un léger bagage. Au jour dit, le couple n’aura qu’à se présenter à son cabinet, Petiot se charge du reste. C’est alors que le docteur s’absente pour aller chercher des formulaires à remplir.

Madame Calder se lève d’un bond, « Fuyons au plus vite, » dit-elle à son mari qui n’en voit pas l’utilité. Tout ne se présente t-il pas pour le mieux ?
Sur le trottoir elle rappelle à son mari que Petiot se prétend chirurgien. Alexandre a-t-il fait attention à ses ongles. Ils sont noirs de crasse. Jamais un chirurgien ne se négligerait à ce point, même s’il n’exerçe plus, explique t’elle.

A cette date, vingt-sept personnes toutes candidates au départ avaient été dépouillées de leurs biens dissimulés dans leurs vêtements. Les victimes avaient été préalablement assassinées dans le cabinet de la rue Lesueur et incinérées par le prétendu chirurgien dans son poêle à charbon.

Voilà un bel exemple de prémonition et d’observation intelligente.

A la semaine prochaine

Donec

Grandeur et décadence d’une vedette de sauvetage

EPSON MFP image
EPSON MFP image

Salut la compagnie,

Vous connaissez tous le beau magazine que fut « Cols Bleus » qui traînait partout dans les postes ou dans les chambres et que nous feuilletions distraitement. Aujourd’hui les anciens numéros prennent une valeur exceptionnelle car ils racontent notre histoire.

Un ami m’ayant fait cadeau d’une collection des années 80 je les redécouvre avec délectation.

Dans le numéro 1678 du 3 octobre 1981, il y a tout juste 37 ans, un article que vous trouverez en pièce jointe s’intitule « une vedette de sauvetage pour le musée naval de Balaguier ». Il s’agissait de l’ancienne vedette de sauvetage en mer de Cannes « Notre Dame du Bon Port II » destinée à couler des jours heureux dans ce petit coin de paradis.

Malheureusement il n’en fut rien. La négligence coupable des responsables du musée et la ruine de la ville de La Seyne allaient précipiter la dégradation de cette belle machine. Voilà le résultat 30 ans plus tard (photo « Notre Dame du Bon Port »).

La ville de la Seyne, jadis florissante était tombée dans la débine après la fermeture des chantiers navals. Elle n’a pas su ou pu préserver son patrimoine.

Tout cela montre clairement qu’une économie vacillante et en déclin entraîne le malheur de tous. Ce ne sont pas les cris, les vociférations, les manifestations drapeaux en tête et les slogans comminatoires qui peuvent mettre fin à la chute.

Ce sont les sacrifices et les manches retroussées. Bref du sang, de la sueur et des larmes comme dirait le Vieux Lion.

Voilà ce que m’a inspiré cette pauvre embarcation aujourd’hui disparue.
col bleu 3 10 1981
don de l amiral Aman notre dame du bon port 1 notre dame du bon port 2 notre dame du bon port 3

A la semaine prochaine

Donec

RAPPEL : vous avez bien noté que samedi 13 (et non pas vendredi 12 comme annoncé précédemment ) nous nous retrouvons à la salle Neptune sur le port de Saint Jean Cap Ferrat à 17 :00 pour le vernissage de l’exposition “Trait d’Humour “notre rendez -vous avec les dessinateurs de presse. Mais sachez que tout le week-end vous pourrez nous rendre visite.

Argot baille

pour le mousse second porte avionsSalut la compagnie,

A l’aube des années 1960 le premier achat du jeune bordache afin de s’immerger avec éclat dans l’univers forcément salé du Poulmic était le « Coindreau ». Il se rendit donc à la librairie de la Cité, chez Pierre Le Bris rue de Siam pour acquérir « l’Argot Baille » ouvrage incontournable et riche de toutes les traditions de l’Ecole Navale.

Il convenait de faire évoluer le concept et c’est JeuMeu, alias Joseph de Miribel qui s’y est collé en faisant un remarquable travail de linguiste. Le sens de l’humour est par ailleurs présent à chaque page. Il a rédigé un ouvrage absolument passionnant que vous ne manquerez pas de placer dans votre bibliothèque à côté du « vieux » Coindreau après l’avoir relu trois fois.

J’en extrais deux perles, juste pour le fun :

Que fit Monsieur d’Aurribeau ?
Trois virements de bord consécutifs ayant successivement échoué, au large des côtes de la Nouvelle-Calédonie, qu’un quatrième vînt à manquer et c’en était fait de la Recherche* qui n’était plus qu’à deux encâblures des écueils. La frégate était perdue, Monsieur d’Aurribeau fit rassembler tout l’équipage le long des galhaubans tribord arrière, larguer la bouline, choquer la boulinette, donner du mou dans l’écoute de misaine, et le quatrième virement de bord se fit dans le plus grand silence.
Commentaire : morceau de bravoure paraît-il extrait des mémoires de Monsieur de Bougainville.
*Nom du navire de Bougainville, parti à la recherche de l’expédition de La Pérouse.

Et celle-là

Où trouve t on de la bonne eau ?
Au pied du mat
Commentaire
Parce que macache bono (le mât cache bonne eau)
Explication
Au temps de la marine en bois et au goudron, le charnier (caisse à eau à la disposition de l’équipage) se trouvait au pied du grand mat.

Enfin j’oubliais le principal, le « Dictionnaire de l’argot Baille » de Joseph de Miribel est magnifiquement édité aux éditions Naturalia et il sera à vous pour la très modique somme de 30,00 €.

A la semaine prochaine

Donec

PS : mes amis de la marine marchande me signalent que chez eux la « cale 2 » s’appelle la « cale 4 ».