1896 première Transat à l’aviron

Bonjour la compagnie,

Le bon moyen pour trouver gloire et richesse c’est d’accomplir un exploit !

Mais ça ne marche pas toujours.

En 1896 deux pêcheurs norvégiens émigrés aux Etats-Unis sont les premiers à tenter la traversée de l’Atlantique à l’aviron.

A cette époque l’Amérique est la « terre promise ». C’est le projet du Norvégien Franck Samuelsen, un grand gaillard athlétique qui y débarque en 1893. Son pays est alors une terre ingrate que ses habitants quittent en masse. A peine arrivé, Il se rend dans le village de pêcheurs de New Jersey au sud de New York dans l’espoir de trouver un embarquement. Il va y rencontrer son compatriote Georges Harbo, un homme râblé, puissant, moustachu à l’abondante chevelure rousse. Ce garçon possédait son brevet de capitaine et prêtait souvent main-forte aux pilotes des navires entrant à New York.

Les deux hommes ne tardent pas à devenir amis et à travailler ensemble. Pourtant Harbo rêve d’accomplir un exploit qui les rendra riches : traverser l’Atlantique à l’aviron. A cette époque le public est friand de conférences où sont relatées des aventures extraordinaires. Ce serait une balade de 3200 milles sur un des océans les plus dangereux de la planète. Mais tirer sur les avirons, ils savent faire…Ils imaginent déjà la remontée de la Seine vers Paris et une tournée triomphale des capitales européennes.

Le 6 juin 1896 la grande aventure commence. Nos amis ont longuement testé leur canot à clins baptisé « Fox » de 5.43 mètres de long pour 1.52 mètres de large. Pourtant les spectateurs qui se pressent sur le port afin d’assister au départ pensent qu’ils n’arriveront jamais nulle part.

Au cours de ce voyage rien ne leur sera épargné. Les épreuves se succèdent, allumer leur pauvre réchaud par temps frais, l’attaque de leur esquif par un énorme poisson, la cambuse qui prend feu. En plus ils ne disposent à bord d’aucune protection et souffrent du froid, de crampes, de courbatures et des brûlures su soleil. Mais en dépit de tout ils poursuivent leur effort.

Le 10 juillet une vague énorme submerge le « Fox » qui se retourne. Heureusement les deux amis sont parés à faire face à une telle situation, ils redressent le skiff mais ont perdu la moitié des vivres et leur ancre flottante. Pendant que l’un écope, l’autre manœuvre l’embarcation pour faire face aux vagues déferlantes. Heureusement les vents d’ouest les poussent désormais vers l’Europe. Le 15 juillet ils ont la chance de croiser un grand voilier norvégien qui les requinque et leur fournit des vivres.

Le premier aout, ils atteignent le feu de Bishop Rock au large des îles Scilly à une vingtaine de nautiques des côtes de Cornouaille. C’est complètement hébétés par ces deux mois en mer que nos amis entrent dans le Port- Sainte-Marie.

Le 7 aout ils sont au Havre accueillis par des milliers de spectateurs, leur « Fox » arborant une bannière étoilée en lambeaux.

Malheureusement leur espoir de faire fortune est vite déçu, leur tournée européenne leur permettra simplement d’assurer leurs frais.

Georges Harbo reprendra alors son métier de pêcheur et mourra d’une pneumonie à 43 ans. Quand à son compagnon Samuelsen, il tourne définitivement le dos à la mer et reprend la ferme paternelle. Homme taciturne il ne parlera jamais de cet exploit à son petit-fils. Il disparaîtra en 1946 à soixante-quinze ans.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Ps : merci au « Chasse-Marée « de m’avoir fourni l’anecdote

Le grand Timonnier !

Bonjour la compagnie,

Les dictateurs de la pire espèce ont ceci de fascinant, ils disposent toujours de laudateurs qui crient au génie. Bien entendu pendant ce temps les morts s’accumulent dans les charniers. Mao en est un excellent exemple. L’ineffable Simone de Beauvoir, égérie de Jean-Paul Sartre chantait le dictateur fou alors qu’elle n’avait pas de mots assez durs pour accabler le général De Gaulle.

Penchons-nous donc sur cet empereur de Chine dont le portrait décore toujours les lieux de pouvoir du pays.

Le projet de Mao était de redonner à la Chine son lustre d’antan mais les moyens employés vont plus tenir du père Ubu que du politique responsable. A l’image de tous les dictateurs de l’Histoire il a bien compris que le « savoir dire » compte plus que le « savoir faire ». Il va s’y employer avec un art consommé. Nous sommes à la fin des années cinquante, la guerre civile vient de s’achever, il est seul maître à bord.

Après une vague redistribution des terres aux paysans qui composent quatre vingt quinze pour cent du peuple, il va tous les embrigader dans des communes populaires. Là, ceux qui possédaient quelques instruments agricoles sont immédiatement jetés à la vindicte de la population qui leur fait immédiatement regretter d’appartenir à la bourgeoisie capitaliste.

La Chine se barricade et le monde entier la rejette. Elle ne trouve un peu de réconfort qu’auprès du grand Maréchal Staline autre satrape rouge. Il détache ingénieurs et techniciens pour bâtir des conglomérats gigantesques. Mao méprise les Russes mais il est contraint de boire le calice jusqu’à la lie. Les succès spatiaux soviétiques qui narguent les Américains ne faisant que blesser un peu plus son orgueil.

Le « grand timonier » décide alors d’égaler l’URSS en dix ans et pour commencer de doubler en cinq ans sa production d’acier. Il met alors en place une folie, « le Grand Bon en avant ». La masse paysanne va abandonner ses champs pour construire de mini-aciéries partout dans le pays. Elle y fondra les objets du quotidien : bassines, ciseaux et outils. C’est l’échec, le métal produit est inutilisable. En plus aux cultures délaissées s’ajoute une mauvaise météo, La famine s’installe et les victimes se comptent par millions.

Mao doit alors abandonner sa présidence mais conserve la direction du parti communiste, le vrai pouvoir. C’est à ce poste qu’il va lancer la « Révolution culturelle » destinée à faire de la Chine la référence mondiale en matière de Révolution. Les gardes rouges, l’aile marchante de la jeunesse, seront son bras armé contre les tièdes et les bourgeois qui infestent le parti communiste. Ils brandissent « le petit livre rouge » recueil des pensées du père Ubu. Ils vont comme dans la chanson « du passé faire table rase ». Les conséquences sont abominables.

Le plus grand chaos règne désormais en Chine où le peuple souffre de cette marche forcée vers la misère. Les productions agricole et industrielle se sont effondrées et la famine revient. Pourtant Mao a tout lieu d’être satisfait, il a atteint son but. Tout ce que compte l’Occident d’étudiants exaltés se reconnaît en lui. Il devient une icône Pop. Nos « Nouveaux Philosophes » lui emboitent le pas et Jean-Paul Sartre exulte. La Révolution Culturelle a remis les pendules de l’Occident à l’heure, mais à quel prix ?

En 1971, Simon Leys publie « les habits neuf de l’empereur » ouvrage où il détaille cette magnifique page de l’histoire chinoise vue de l’intérieur. Le livre est aussitôt victime d’un autodafé à la faculté gauchiste de Vincennes siège de tous les gourous français donneurs de leçon.

Pour conclure le relèvement de la Chine se produira à la mort du dictateur sous la houlette de Deng Xiaoping mais l’Immortel restera le prédateur en chef…Mao

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec