Histoire de rat et d’aéro

‌Bonjour la compagnie,

Parmi les « chapelles » qui composent notre Marine Nationale celle de l’aéronavale attire tous les regards. Ses membres en profitent pour juger les évènements de leur cockpit à une altitude de 10 000 pieds. D’où une certaine condescendance. 

Ils sont naturellement friands d’histoires à dormir debout qui les mettent en valeur.

En voilà une !

Autrefois, du temps où les animaux parlaient, vivait sur un galion une colonie de rats. Leur chef était un magnifique spécimen particulièrement musclé et agressif qui se faisait appeler « capitaine d’armes » en souvenir d’un embarquement sur les galères du Roy.

Il était épris d’une adorable petite souris blanche qui le menait par le bout du nez.

Un jour elle disparut, dans la colonie ce fut le « branle-bas » et tous de la rechercher.

On la retrouva dans un entrepont sombre et malodorant. Abomination de la désolation, elle s’était mise en ménage avec une affreuse chauve-souris malingre et contrefaite.
Le gros rat noir, prévenu n’en crut pas ses oreilles. Il vint la retrouver, pour remettre les pendules à l’heure.

-« comment fais-tu pour me tromper avec cet avorton malingre et contrefait quand je suis le plus beau rat de l’escadre de l’amiral Forbin ? »

– « il vole ! »

Et voilà le genre d’histoires dont se délectent les membres de l’aéronavale.

C’est navrant !

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Inspection se sac : le sac représente l’ensemble des effets du marin. Régulièrement diverses autorités réunissent l’équipage et « inspectent » ce fameux sac plié 25×25 cm. Inutile de dire que lorsque c’est l’amiral qui s’y colle tous sont « sur les dents » …

Une fille de grenadier à cheval

Bonjour la compagnie,

Je suis fasciné par les femmes d’exception qui tournent le dos à ce que la société attend d’elles pour accomplir une destinée hors du commun. J’ai dans mon havresac quelques héroïnes de cet acabit dont certaines ont très mal fini comme Violette Morris dite « La hyène de la Gestap ».

 L’héroïne qui nous intéresse aujourd’hui prend à contre-pied le mot de l’ineffable Simone de Beauvoir : « on ne naît pas fille on le devient ». Le papa de Marie-Antoinette Lix était grenadier à cheval. Sa mère mourut quand elle avait quatre ans, son père, nostalgique de la vie militaire lui donne une éducation virile. A elle l’escrime et le maniement des armes. A dix ans elle ne sait malgré tout ni lire ni écrire. La voilà donc chez les religieuses de la « Divine Providence » à Ribeauvillé où mettant les bouchées doubles elle obtient à dix-sept ans son brevet libre d’institutrice.

Elle devient alors préceptrice des enfants d’une grande famille polonaise, les Lubianski. Elle s’installe à Szycz et en profite pour apprendre le polonais, l’anglais et l’allemand. En 1863 éclate l’insurrection contre les Russes. Elle s’y engage avec passion et devient une légende pour les insurgés polonais. Elle est de tous les combats sans que ses hommes ne soient au courant de la vraie nature de leur lieutenant. Arrêtée par le général Czengiery, elle est raccompagnée manu militari à la frontière. Sa qualité de Français lui permet et d’échapper au dada du général : la pendaison.

Elle retrouve sa chère Alsace mais pas pour longtemps. En 1866, après avoir suivi des cours d’infirmière la voilà partie à Lille où sévit une épidémie de choléra. Elle prend sa mission tellement à cœur que l’empereur Napoléon III ayant eu vent de son engagement lui donne la direction du bureau de poste de Lamarche dans les Vosges.

Mais la défaite de 1870 va changer sa vie. Très vite apparaissent des francs-tireurs : les « éclaireurs des Ardennes », les « Chasseurs de l’Argonne », les « Montagnards de Revins », les « Corps Francs des Vosges ». Tout ce beau monde talonne les troupes prussiennes et leur tend des embuscades. Inutile de dire que Marie Antoinette qui s’est engagée dans l’aventure est à son affaire. Le général Arbellot, impressionné par la conduite au feu de cette infirmière lors de la bataille de Nompatelize-Bourgonce la cite à l’ordre du jour. Malheureusement sa santé est défaillante. Elle se retire de l’unité combattante pour se consacrer au soin des blessés hospitalisés à Lamarche.

Vers 1880 elle se fixe à Paris et se consacre à des travaux littéraires. Elle publie alors « Le neveu de la Chanoinesse », « Tout pour la Patrie », « Jeunes brutions et vieux grognards » ouvrages marqués au sceau du patriotisme et de la foi.

En 1889 elle se retire chez les religieuses de Saint Nicolas de Port à côté de Nancy, où elle s’éteint à l’âge de 70 ans.

A bientôt pour la suite de nos aventures.

Donec

Sur la lune

Bonjour la compagnie,
Cette semaine vous aurez droit à un petit conte philosophico-politique extrait de l’intéressant ouvrage de Yval Noa Harari : Sapiens.

Voici l’affaire :

Le 20 juillet 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin mirent le pied sur la surface de la Lune. Dans les mois précédant l’expédition, les astronautes d’Apollo 11 s’entraînèrent dans un désert « lunaire » de l’ouest des Etats-Unis. La zone abrite plusieurs communautés indigènes amérindien. Une anecdote – à moins que ce soit une légende – rapporte la rencontre des astronautes et d’un habitant du coin.

Un jour qu’ils s’entrainaient, les astronautes tombèrent sur un vieil indigène américain. L’homme leur demanda ce qu’ils fabriquaient là. Ils répondirent qu’ils faisaient partie d’une expédition de recherche qui allait bientôt partir explorer la Lune. Quand le vieil homme entendit cela, il resta quelques instants silencieux, puis demanda aux astronautes s’ils pouvaient lui faire une faveur.

« Que voulez-vous ?

  • Eh bien, fit le vieux, les gens de ma tribu croient que les esprits saints vivent sur la Lune. Je me demandais si vous pouviez leur transmettre un message important de la part des miens.
  • Et quel est le message ? » demandèrent les astronautes.

L’homme marmonna quelque chose dans son langage tribal, puis demanda aux astronautes de le répéter jusqu’à ce qu’ils l’aient parfaitement mémorisé.

  • Mais qu’est ce que ça veut dire ?
  • Je ne peux pas vous le dire. C’est un secret que seuls sont autorisés à savoir notre tribu et les esprits de la Lune. De retour à leur base, les astronautes ne ménagèrent pas leurs efforts pour trouver quelqu’un qui sût parler la langue de la tribu et le prièrent de traduire le message secret. Quand ils répétèrent ce qu’ils avaient appris par cœur le traducteur partit d’un grand éclat de rire. Lorsqu’il eut retrouvé son calme, les astronautes lui demandèrent ce que cela voulait dire. L’homme expliqua. Ce qu’ils avaient méticuleusement mémorisé voulait dire : « Ne croyez pas un seul mot de ce qu’ils vous racontent. Ils sont venu voler vos terres ».

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec 

Pétain se fait rhabiller pour l’hiver

Bonjour la compagnie,

Parmi les hommes injustement oubliés, il y a Georges Mandel. Secrétaire et principal collaborateur de Clemenceau pendant la grande guerre, il était en 1940 ministre des colonies avec comme collaborateur un grand connaisseur de l’Extrême-Orient Le commandant Raoul Salan.

En 1940, il est partisan de la poursuite de la guerre et non d’un armistice ignominieux. Il s’adressera au général de Gaulle en ces termes le 14 juin 1940 : « Vous avez de grands devoirs à accomplir, général, mais avec l’avantage d’être au milieu de nous tous un homme intact… Ne pensez qu’a ce qui doit être fait pour la France, et songez que, le cas échéant, votre fonction actuelle pourra vous faciliter les choses ».

Quelques semaines plus tard notre général entrait dans l’Histoire.

Mandel était juif et l’extrême droite le haïssait comme elle savait le faire à cette époque. Il le lui rendait bien. Il avait emprisonné Alain Laubreaux trop engagé à son goût dans l’amitié franco-nazie et dont le principal titre de gloire sera d’avoir été rossé par Jean Marais. Scène que Truffaut évoque dans le « Dernier Métro ». Jusqu’au bout il allait lutter contre « l’esprit de débâcle ».
Le 17 juin 1940 alors qu’il soupe au « Chapon Fin » Georges Mandel est arrêté par deux officiers supérieurs de gendarmerie qui lui présentent un ordre signé du Maréchal Pétain manœuvré au demeurant par Raphaël Alibert*.

Inutile de vous dire qu’un tel événement fait du bruit dans Landerneau. Le Président de la République Albert Lebrun comme le Président de la Chambre des Députés Edouard Herriot s’en émeuvent et le Maréchal est contraint de le libérer. Au cours de l’entretien qui suivra entre le Maréchal et Mandel ce dernier le plaindra d’être à la merci de son entourage et il plaindra également la France de l’avoir choisi. Puis il exige une lettre d’excuses de Pétain que ce dernier rédige. Nous avons là un parfait exemple de la fragilité du vieil homme.
Par la suite, toujours poursuivi par la vindicte du chef de l’Etat français, il sera condamné à la prison à vie et enfermé au fort du Pourtalet, lieu absolument sinistre. Enfin ultime illustration du savoir-faire de « l’Etat Français », le 4 juillet 1944 il est livré à la milice qui l’abat trois jours plus tard de seize balles au cours d’une promenade en forêt.
Un autre homme demandait régulièrement l’exécution de Georges Mandel dans son hebdomadaire « Je suis Partout » c’est Robert Brasillach. Ce fut dit-on une des raisons pour laquelle il ne fut pas gracié par le général de Gaulle.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Donec

Raphaël ALIBERT : homme politique d’extrême droite, juriste, catholique et germanophobe il est un conseiller rapproché du Maréchal Pétain. Garde des Sceaux du gouvernement de Vichy, il a été l’initiateur du « statut des Juifs » de triste mémoire

1896 première Transat à l’aviron

Bonjour la compagnie,

Le bon moyen pour trouver gloire et richesse c’est d’accomplir un exploit !

Mais ça ne marche pas toujours.

En 1896 deux pêcheurs norvégiens émigrés aux Etats-Unis sont les premiers à tenter la traversée de l’Atlantique à l’aviron.

A cette époque l’Amérique est la « terre promise ». C’est le projet du Norvégien Franck Samuelsen, un grand gaillard athlétique qui y débarque en 1893. Son pays est alors une terre ingrate que ses habitants quittent en masse. A peine arrivé, Il se rend dans le village de pêcheurs de New Jersey au sud de New York dans l’espoir de trouver un embarquement. Il va y rencontrer son compatriote Georges Harbo, un homme râblé, puissant, moustachu à l’abondante chevelure rousse. Ce garçon possédait son brevet de capitaine et prêtait souvent main-forte aux pilotes des navires entrant à New York.

Les deux hommes ne tardent pas à devenir amis et à travailler ensemble. Pourtant Harbo rêve d’accomplir un exploit qui les rendra riches : traverser l’Atlantique à l’aviron. A cette époque le public est friand de conférences où sont relatées des aventures extraordinaires. Ce serait une balade de 3200 milles sur un des océans les plus dangereux de la planète. Mais tirer sur les avirons, ils savent faire…Ils imaginent déjà la remontée de la Seine vers Paris et une tournée triomphale des capitales européennes.

Le 6 juin 1896 la grande aventure commence. Nos amis ont longuement testé leur canot à clins baptisé « Fox » de 5.43 mètres de long pour 1.52 mètres de large. Pourtant les spectateurs qui se pressent sur le port afin d’assister au départ pensent qu’ils n’arriveront jamais nulle part.

Au cours de ce voyage rien ne leur sera épargné. Les épreuves se succèdent, allumer leur pauvre réchaud par temps frais, l’attaque de leur esquif par un énorme poisson, la cambuse qui prend feu. En plus ils ne disposent à bord d’aucune protection et souffrent du froid, de crampes, de courbatures et des brûlures su soleil. Mais en dépit de tout ils poursuivent leur effort.

Le 10 juillet une vague énorme submerge le « Fox » qui se retourne. Heureusement les deux amis sont parés à faire face à une telle situation, ils redressent le skiff mais ont perdu la moitié des vivres et leur ancre flottante. Pendant que l’un écope, l’autre manœuvre l’embarcation pour faire face aux vagues déferlantes. Heureusement les vents d’ouest les poussent désormais vers l’Europe. Le 15 juillet ils ont la chance de croiser un grand voilier norvégien qui les requinque et leur fournit des vivres.

Le premier aout, ils atteignent le feu de Bishop Rock au large des îles Scilly à une vingtaine de nautiques des côtes de Cornouaille. C’est complètement hébétés par ces deux mois en mer que nos amis entrent dans le Port- Sainte-Marie.

Le 7 aout ils sont au Havre accueillis par des milliers de spectateurs, leur « Fox » arborant une bannière étoilée en lambeaux.

Malheureusement leur espoir de faire fortune est vite déçu, leur tournée européenne leur permettra simplement d’assurer leurs frais.

Georges Harbo reprendra alors son métier de pêcheur et mourra d’une pneumonie à 43 ans. Quand à son compagnon Samuelsen, il tourne définitivement le dos à la mer et reprend la ferme paternelle. Homme taciturne il ne parlera jamais de cet exploit à son petit-fils. Il disparaîtra en 1946 à soixante-quinze ans.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Ps : merci au « Chasse-Marée « de m’avoir fourni l’anecdote

Le grand Timonnier !

Bonjour la compagnie,

Les dictateurs de la pire espèce ont ceci de fascinant, ils disposent toujours de laudateurs qui crient au génie. Bien entendu pendant ce temps les morts s’accumulent dans les charniers. Mao en est un excellent exemple. L’ineffable Simone de Beauvoir, égérie de Jean-Paul Sartre chantait le dictateur fou alors qu’elle n’avait pas de mots assez durs pour accabler le général De Gaulle.

Penchons-nous donc sur cet empereur de Chine dont le portrait décore toujours les lieux de pouvoir du pays.

Le projet de Mao était de redonner à la Chine son lustre d’antan mais les moyens employés vont plus tenir du père Ubu que du politique responsable. A l’image de tous les dictateurs de l’Histoire il a bien compris que le « savoir dire » compte plus que le « savoir faire ». Il va s’y employer avec un art consommé. Nous sommes à la fin des années cinquante, la guerre civile vient de s’achever, il est seul maître à bord.

Après une vague redistribution des terres aux paysans qui composent quatre vingt quinze pour cent du peuple, il va tous les embrigader dans des communes populaires. Là, ceux qui possédaient quelques instruments agricoles sont immédiatement jetés à la vindicte de la population qui leur fait immédiatement regretter d’appartenir à la bourgeoisie capitaliste.

La Chine se barricade et le monde entier la rejette. Elle ne trouve un peu de réconfort qu’auprès du grand Maréchal Staline autre satrape rouge. Il détache ingénieurs et techniciens pour bâtir des conglomérats gigantesques. Mao méprise les Russes mais il est contraint de boire le calice jusqu’à la lie. Les succès spatiaux soviétiques qui narguent les Américains ne faisant que blesser un peu plus son orgueil.

Le « grand timonier » décide alors d’égaler l’URSS en dix ans et pour commencer de doubler en cinq ans sa production d’acier. Il met alors en place une folie, « le Grand Bon en avant ». La masse paysanne va abandonner ses champs pour construire de mini-aciéries partout dans le pays. Elle y fondra les objets du quotidien : bassines, ciseaux et outils. C’est l’échec, le métal produit est inutilisable. En plus aux cultures délaissées s’ajoute une mauvaise météo, La famine s’installe et les victimes se comptent par millions.

Mao doit alors abandonner sa présidence mais conserve la direction du parti communiste, le vrai pouvoir. C’est à ce poste qu’il va lancer la « Révolution culturelle » destinée à faire de la Chine la référence mondiale en matière de Révolution. Les gardes rouges, l’aile marchante de la jeunesse, seront son bras armé contre les tièdes et les bourgeois qui infestent le parti communiste. Ils brandissent « le petit livre rouge » recueil des pensées du père Ubu. Ils vont comme dans la chanson « du passé faire table rase ». Les conséquences sont abominables.

Le plus grand chaos règne désormais en Chine où le peuple souffre de cette marche forcée vers la misère. Les productions agricole et industrielle se sont effondrées et la famine revient. Pourtant Mao a tout lieu d’être satisfait, il a atteint son but. Tout ce que compte l’Occident d’étudiants exaltés se reconnaît en lui. Il devient une icône Pop. Nos « Nouveaux Philosophes » lui emboitent le pas et Jean-Paul Sartre exulte. La Révolution Culturelle a remis les pendules de l’Occident à l’heure, mais à quel prix ?

En 1971, Simon Leys publie « les habits neuf de l’empereur » ouvrage où il détaille cette magnifique page de l’histoire chinoise vue de l’intérieur. Le livre est aussitôt victime d’un autodafé à la faculté gauchiste de Vincennes siège de tous les gourous français donneurs de leçon.

Pour conclure le relèvement de la Chine se produira à la mort du dictateur sous la houlette de Deng Xiaoping mais l’Immortel restera le prédateur en chef…Mao

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Le paysan et le gentilhomme

Bonjour la compagnie,

Dès son plus jeune âge Winston Churchill rêva de parcourir le monde en faisant son possible pour chatouiller la camarde sous le menton. Il y réussit plutôt bien. Il commença jeune, ainsi vers huit ou neuf ans, il manqua de se noyer en s’aventurant dans un lac marécageux du côté de Mochfield en Ecosse. Il aurait été englouti si un paysan du voisinage, père de huit enfants ne l’avait sorti de ce mauvais pas.

Le lendemain du sauvetage le père de Churchill se présenta en grand équipage devant la chaumière et demanda au pauvre homme qui s’appelait Fleming le moyen de lui venir en aide après cette belle action. Comment pouvait t-il le remercier ?

Celui-ci répondit qu’il n’avait besoin de rien et que venir en aide à son prochain, qui plus est un enfant était une chose des plus naturelles. Cela ne méritait aucune considération particulière. Le père de Churchill, Randolph voyant entrer le fils de la maison, de l’âge de Winston, lui fit la proposition suivante.

« Je vais offrir à votre fils le même niveau d’éducation qu’au mien ! ». Il tint parole et le fils Fleming fit ses études dans les meilleurs établissements britanniques et fut diplômé de l’hôpital Sainte-Marie de Londres. En 1927 son prestige ne connut plus de limites, il avait découvert la pénicilline. Il était devenu Sir Alexander Fleming.

Sir Winston Churchill et Sir Alexander Fleming restèrent amis toute leur vie et reposent tous deux dans le même cimetière londonien.

A bientôt pour de nouvelles aventures.
Donec 

Autopsie d’un crash

Bonjour la compagnie,

Le transport aérien est aujourd’hui extrêmement sûr. Il est même souvent nécessaire de donner un petit coup de missile pour que l’avion s’écrase. Nos amis russes ou iraniens maîtrisent parfaitement le sujet.

Il n’en était pas de même dans les années cinquante où les Dakota et autres SE161 Languedoc  n’hésitaient jamais à écrabouiller leurs passagers.

Ainsi le 3 mars 1952 le Languedoc d’Air France de la ligne Nice-Paris est venu terminer sa course (et celle de ses passagers) dans une orangeraie à deux pas de l’avenue Saint-Augustin non sans avoir rasé le palmier qui ornait la cour de mon immeuble niçois.

Le SNACASO Languedoc  était une de ces machines conçues à la veille de la guerre et passablement dépassées en 1946. Pourtant afin d’entretenir la capacité de production de notre industrie aéronautique une chaîne de montage fut relancée en 1945. Sa mise en service souffrit de maux récurrents dont la fragilité du train d’atterrissage n’était pas le moindre. Quand on connait la modernité du matériel américain de cette époque on se doute que le Languedoc était difficilement vendable. L’Etat l’imposa donc à des compagnies sur lesquelles il avait la main, à commencer par Air France qui le destina à des lignes intérieures. Mais son remplacement par des Douglas DC4 ne tarda pas.

Le 3 mars au matin notre Languedoc décolle de l’aéroport de Nice mais au lieu de poursuivre vers la baie de Anges, il vire sur les collines, survole le quartier de la Madeleine et va s’écraser dans l’orangeraie tout à côté des studios de la Victorine. Une explosion formidable retentit et immédiatement l’avion se transforme en brasier. Il est 9h05. Des 38 passagers et de l’équipage il n’y a qu’une seule survivante, atrocement brûlée, la danseuse classique Marguerite Delpy. Comble de malchance l’ambulance qui la transportait se renverse rue Notre Dame faisant deux autres blessés graves.
Il s’avéra après enquête que la cause du drame était un aileron défectueux.

Parmi les miraculés qui ont eu la bonne idée de rater l’avion, il y a le prestigieux général Corniglion-Molinier, compagnon de la libération et ci-devant député des Alpes-Maritimes. Il avait été refusé à l’embarquement faute de place.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Donec

Hoche fait des siennes

Bonjour la compagnie,

Les projets insensés ont toujours titillé l’imaginaire romantique des Français. L’un d’eux particulièrement utopique fut élaboré en 1796 : envahir l’Angleterre à partir de l’Irlande.

Pendant la période révolutionnaire les anglais venaient en aide à tous les mouvements qui pouvaient affaiblir la France à commencer par l’insurrection vendéenne dont ils attisaient les flammes. Le général Hoche, un de ces enfants de la révolution qui parti de rien aspirait aux plus hautes fonctions eu l’idée d’une expédition en Irlande et sur les côtes du pays de Galles pour prendre ainsi les Britanniques à revers.

La « Force Noire » est constituée de trois groupes qui embarquent à Brest. Le premier, le plus important se dirige vers l’Irlande où la population catholique est la plus antibritannique qui soit. Les deux autres groupes sont composés d’une troupe hétéroclite, indisciplinée, ramassée dans les bas-fonds de Marseille. Ils débarqueront au pays de Galles à Fishguard. Leur rôle sera d’attirer l’attention des Anglais pendant que ceux d’Irlande procèderont à une levée en masse et se prépareront à envahir la Grande-Bretagne.

Mais au débarquement rien ne se passe comme prévu. La troupe des marseillais de sac et de corde pille les villages voisins. Les autres, commandés par un Irlando-américain, William Tate, va se colleter avec des milices britanniques, des marins et la population. Le costume féminin des paysannes de la région comportait une jupe noire, un châle rouge et un haut-de-forme. Quand les Français les voient apparaitre au sommet des collines, ils croient que ce sont des « redcoats », soldats d’élite britanniques. Ce qui explique la défaite, leur fuite et leur capture… D’autant que les bâtiments qui les ont débarqués sont partis sans demander leur reste.
Qu’en à la petite flotte qui fait route vers les côtes irlandaises, elle va être victime d’une terrible tempête qui la dispersera et contraindra les rescapés à rebrousser chemin.

La déroute est consommée.

Ajoutons quand même une petite note jubilatoire à cet échec douloureux. Les hommes de Tate sont faits prisonniers et enfermés à Pembroke. Ils sont ravitaillés par deux jeunes filles. Naturellement deux officiers français, vous savez comment ils sont, parviendront à les séduire et à s’enfuir avec elles. Les donzelles ayant tout prévu, ils embarquent sur un Yacht, propriété du seigneur local. La tête des traitresses est mise à prix et tout ce qui flotte dans les environs part à leur poursuite. Les amoureux abandonnent alors le Yacht pour un sloop qui faisait route vers saint Malo.
Le yacht alla se fracasser sur les rochers mettant ainsi fin aux recherches.
Epilogue heureux, les deux belles Galloise épousèrent leurs chers « frenchies ».
A bientôt pour de nouvelles aventures.

Donec

PS : merci à John qui m’a fourni l’anecdote

Nous venons d’apprendre la disparition du grand dessinateur PIEM le jour de ses 97 ans.

Nous nous souvenons tous, téléspectateurs d’autrefois, fidèle au « Petit Rapporteur » de son humour passablement corrosif dont a hérité d’ailleurs son fils Barrigue.

Il fut aussi un invité fidèle au festival Trait d’Humour de Saint Jean Cap Ferrat. Je joins une photo de son ultime passage sur la péninsule.
A Thierry Barrigue, son fils, nous présentons nos sincères condoléances.

Des gros malins ce Français

Bonjour la Compagnie,

SIMCA fut une marque française pleine de fantaisie, créée par Henry-Theodore Pigozzi en 1934 pour construire des Fiat sur notre sol.

Dans les années 50, l’environnement automobile français est assez triste. Les austères Peugeot, les pétaradantes et fragiles Panhard, les incertaines Renault sans oublier les fantasques Citroën, font de Simca une marque un peu à part. Elle nous proposait la joie de vivre à l’italienne. Qui ne se souvient de la Simca Sport, de l’Ariane, de l’Aronde, du coupé 1200 S et de la P60 Montlhéry.

En 1963 les choses se gâtent pour Pigozzi quand le nouvel actionnaire, la marque Chrysler le licencie sans ménagement. Le chagrin fera disparaître notre ami quelques mois plus tard. Ayant la barre bien en mains les américains avec une incompétence qui force l’admiration vont s’employer à faire « couler » la boîte. Pourtant lorsque l’état major américain débarquait à Poissy, ils faisaient sentir aux Français qu’ils n’étaient qu’une filiale dispendieuse. Ils fouinaient partout, prompts à la critique.

Pourtant l’état-major de Simca va de l’avant et prépare discrètement de nouveaux modèles. Il a installé en douce un atelier de pré-production. C’est un outil révolutionnaire qui permet de lancer des avant-séries pour régler les difficultés de fabrication. Seuls les Japonais possèdent une telle installation. Vous imaginez bien que tout a été financé avec des queues de budget dans le plus grand secret.

Les Américains de Chrysler viennent régulièrement inspecter leur usine avec un regard soupçonneux concernant ces Français roublards et à l’esprit tordu. Pourtant nos compatriotes ne ménagent pas la qualité de leur accueil, ils mettent les petits plats dans les grands. Le whiskey et le champagne coulent à flot. Ce jour-là les patrons doivent reprendre l’avion dans l’après-midi, les bagages sont entassés dans le bureau du directeur. Ils s’apprêtent à honorer la gastronomie française. Pourtant le matin ils étaient passés devant l’atelier de « pré-production » sans trop comprendre l’utilité du bâtiment. Ce mystère pousse le responsable de la délégation à prendre force photos qui illustreront son enquête.

Dans le brouhaha du départ et des libations apéritives le directeur français chuchote quelques mots à sa secrétaire. Quand tout ce beau monde est parti au restaurant celle-ci interpelle une collègue et avec mille précautions se dirigent, armées d’un coupe-papier vers le bureau où les bagages sont stockés. Elles se saisissent de l’attaché-case qu’on leur a indiqué et le forcent sans autre forme de procès. Elles n’ont plus qu’à prendre l’appareil photo, l’ouvrir, voiler la pellicule et tout refermer. Le tour est joué et l’atelier de pré-production sauvé pour un temps.

Elles s’en iront ensuite avertir discrètement leur directeur de la réussite de leur mission et de la disparition des preuves concernant l’atelier clandestin.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Cette semaine « dessins sauveteurs »