Avoir la baraka

‌Bonjour la compagnie,

En 1962 la blessure que furent pour le peuple Pied-noir les « accords d’Evian » n’est pas prête de se refermer et certaines figures fanatiques ne vont pas manquer de le faire savoir au général de Gaulle sans prendre de gants.

A l’été 1962 le mal est fait et les dés jetés. Le général qui regardait loin au-dessus des têtes est tout à l’idée de propulser notre pays dans son rêve de grandeur, de la « force de frappe » à la construction de l’Europe. Pourtant tapis dans l’ombre et armés jusqu’aux dents, les nostalgiques de l’Empire guettaient. Ils reprochaient au général l’oubli de ses promesses et son « je vous ai compris ! »

Le colonel Jean Bastien-Thiry, homme brillant et scientifique de haut niveau avait une passion pour l’Algérie, son potentiel et la folie que représentait pour lui cet abandon. En cet été 1962 l’homme qui personnifie cette tragédie c’est Charles De Gaulle. Il doit payer le prix de ce renoncement.

Jean Bastien-Thiry sera la main de Dieu et elle frappera le 22 août 1962.

L’attentat est remarquablement organisé avec, cerise sur le gâteau une « taupe » à l’Elysée qui renseigne « les argousins d’Argoud » comme l’écrira le Canard Enchainé, sur les allées et venues du chef de l’Etat. Pourtant dans la réalisation des grains de sables viendront perturber son déroulement. Ce seront des signaux que la tombée du jour empêche d’apercevoir, des hommes qui se dégourdissent les jambes et retardent l’action. Sans oublier la chance insolente du général qui passe à travers les balles. Les victimes sont aussi servies par la conception de la DS Citroën qui avec deux pneus crevés conserve, imperturbable, sa trajectoire. A cet instant le général a dû se croire immortel.

De tous les protagonistes de l’affaire, seul le cerveau, le colonel Jean Bastien-Thiry sera passé par les armes devenant ipso facto le martyr de la cause auquel sa « famille » vouera un culte éternel.

Les années ont passées et aujourd’hui nos chères têtes blondes ne connaissent plus, à l’instar des élèves du lycée Papillon cher à Ray Ventura, ni De Gaulle, ni Vercingétorix, ni Napoléon pas plus que l’Algérie, L’Indochine et quelques autres contrées ingrates.

A bientôt pour la suite de nos aventures

Donec

3 juillet 1940, sur la plage arrière du Strasbourg

Bonjour la compagnie,

Cette journée du 3 juillet 1940, il y aura 80 ans aujourd’hui, fut un jour maudit pour notre pays qui déjà vaincu par Hitler et ses comparses, est en plus victime de la perfidie anglaise. 

Plutôt que de me lamenter sur l’attitude peu amicale des Youms, comme dit le premier maître de manœuvre Ogor, je vous envoie sur la plage arrière du Strasbourg vous immerger dans l’atmosphère qui régnait quelques minutes avant l’attaque.

Je rappelle aux biffins qui nous entourent que le cuirassé Strasbourg, commandé par la capitaine de vaisseau Collinet, à la première salve anglaise, toutes amarres arrachées, se propulse à pleine puissance vers la sortie du port et franchit les passes. Les Anglais ne le reverront plus.
En attendant, je vous laisse découvrir le portrait attachant du premier maître Ogor.

A la semaine prochaine

Donec

Mers el Kebir 3 juillet 1940

Sur le Strasbourg le premier maître de manœuvre Ogor, breton trapu, de petite taille et au langage coloré converse avec le capitaine de corvette Geli. Il est 13 :30.

« Les gabiers en ont mis un coup, tout est fini. Ce n’est pas encore nous qui serons les derniers. Les canonniers qui sont marins comme mes bottes peuvent venir en prendre de la graine. D’ailleurs, on rencontre toujours des lascars de cette race à flâner sur les ponts. C’est à croire, mais passons, je me comprends. Bref, Commandant, nous sommes prêts à toute éventualité, pendant qu’ils causent. Encore que je voudrais bien savoir ce qu’ils entendent par là !  Des événements historiques lui dis-je en riant. »

« Ouais, murmure Ogor, il est difficile d’être prophète ». Puis se retournant vers ses gabiers. « Alors les gars, on profite que je cause pour souffler un peu, les mains où je pense. Remuez-vous au lieu de rester là, plantés comme un grand mât à sec de toile. »

« Patron, regardez les avions ». Tous se retournent, venant de l’Est, 5 biplans, des Swordfish, à très basse altitude, lâchent dans la passe des masses noirâtres qui amerrissent dans des gerbes d’éclaboussures. Alors qu’ils repartent, chacun les suit des yeux avec une angoisse indéfinissable.

« Qu’en pensez-vous Commandant ? » interroge Ogor. « Ce sont des mines magnétiques, les Anglais espèrent nous interdire la sortie vers le large, sous peine de sauter au passage sur ces engins, ça promet ! »

« Gast ricane le bosco, mon pauvre père avait bien raison de dire qu’il n’était pas Dieu possible, dans quel port  qu’on aille, trouver plus salopards que ces damnas British. Je le confirmerai à mes enfants. N’empêche qu’on les emmouscaille ces Youms. » Cette péroraison se termine dans l’approbation  générale des gabiers présents.

Je les quitte il est 13h40.

14h15. Le travail reprend avec entrain. Les opérations sur la plage avant sont effectuées en un temps record, j’en profite pour faire signe au commandant présent à la passerelle pour lui dire que tout est paré. J’apprends par téléphone que les aussières de 175 mm en fil d’acier de la plage arrière ont été découpées au chalumeau. Rien ne peut empêcher le Strasbourg d’appareiller instantanément. Un petit coup de marteau sur la clavette à chaque bosse, et les chaînes de l’avant tomberont à la mer, deux ou trois coups de hache sur l’abaca à l’arrière pour les couper et en avant les machines vers la sortie !

Satisfait je me frotte les mains, je garde avec moi sur le pont le bosco et un gabier et renvoie les autres à leurs postes de combat.

« Et tâchez voir de vous débrouiller dans les fonds, tous tant que vous êtes », exhorte Ogor.

« Et pourquoi on ne se débrouillerait pas, patron, riposte un des interpellés. Je suis à l’équipe de sécurité du milieu, et je n’ai rien à foutre d’ordinaire. »

« Je me demande dit Ogor, ce que vient faire derrière ce couyambouc de remorqueur ? Je le vois manoeuvrailler depuis un moment, à se demander où il veut en venir. »

« Il va s’amarrer à la jetée près de la Bretagne. »

« Ca vaut mieux grogne le bosco. Je connais le patron de ce rafiot, un type qui veut toujours faire l’important et l’indispensable, un enquiquineur avec ça, un vrai caillou dans le soulier. »

S’adressant alors au gabier : « Alors quoi, tu ne vois pas que tu as lissé une barre à la traîne sur le pont. Ramasse-la et fiche-la en soute. Bon Dieu il faut tout te dire. »

« C’est formidable d’entendre une chose pareille. Vas-tu faire ce que je dis oui ou non ? » Le gabier s’exécute. Le silence se fait à nouveau. L’inaction est de plus en plus insupportable.

Les contre torpilleurs appareillent de leur mouillage de Saint-André.

« Ce sont tout de même de beau yachts » estime Ogor.

« Peut-être persiffle le gabier. J’ai des copains à bord, et d’après ce qu’ils disent, moi je préfère le bidel du Strasbourg. »

« Misère de moi s’écrit Ogor, je parie que c’est ce grand voyou de Lagadec, ton pays qui t’a bourré le crâne. Je connais son père et je lui en toucherai deux mots à la prochaine perme. »

« Allons dis-je au gabier, je ne savais pas que vous aviez une telle estime pour notre capitaine d’armes. Quand il le saura il sera ravi. »

Entre temps le Mogador est allé mouiller près de la porte du filet. Le Volta suivit d’un bâtiment du même type plus petit fait demi-tour et reprend son ancien poste.

« Qu’est ce que ça veut dire, raille le bosco ? C’est sans doute de la stratégie comme ils disent et de la haute. »

Un des destroyers anglais est stoppé au large. Une vedette s’en détache, du Dunkerque aussi. La vedette française passe à quelque mètre de nous. On y distingue le lieutenant de vaisseau Dufay en conversation avec les officiers britanniques.

« Ils ont un veston aussi blanc que leur âme est noire. » grommelle Ogor. Le gabier fredonne, lui, l’air à la mode de Rina Ketty « Sombreros et Mantilles », l’équipage a été mis, en effet, au repos aux postes de combat. Un casse-croûte va être distribué. Il est 15h40.

« Vous avez raison, Patron, plaisante le gabier. La barre d’onspect, il se peut fort bien qu’on s’en serve encore pour remailler les chaînes. »

« Doucement mon gars, réplique le bosco, ce n’est pas sûr que d’ici ce soir tu n’aies pas l’occasion d’avoir la trouille. »

Après un passage en passerelle je retourne à mon poste. En passant, je prends avec moi le quartier maître de manœuvre Le Saint. C’est un véritable acrobate, qualité précieuse en cas d’incidents imprévus. Je retrouve Ogor et son gabier cassant la croûte avec application, calmement, posément, comme s’ils accomplissaient un sacerdoce.

« Un sandwich au pâté commandant » propose le bosco « bien volontiers, et merci. »

« Et toi Le Saint ? Tu n’as rien à manger à ton poste de combat ? »

« Non je suis arrivé en retard pour la distribution et le commis n’a pas voulu me servir. »

« Ca ne m’étonne pas de ce lascar. Même si tu lui demandes l’heure, il ne te la donne pas. Tiens mange… »

« Moi opine le gabier je saucissonne toujours avec plaisir. »

« Tu as raison approuve Ogor » la bouche pleine, « alors commandant, vous nous amenez du renfort. Comme ça nous serons quatre, comme dans les Trois Mousquetaires, le roman de Victor Hugo. »

Chacun se réconforte sans plus rien dire. L’attente commence.

« Ah, Messieurs les Officiers de sa Gracieuse Majesté nous quittent » ricane Ogor au moment où la vedette se dirige vers la passe. Il est 17h40. « Je me demande se qu’ils vont aller demander à leur patron » murmure le gabier.

Haut et loin, les avions de l’Ark Royal patrouillent. Le destroyer anglais est toujours stoppé au large de la jetée. A terre la fumée des briqueteries de Saint –André monte droit dans le ciel. La nature est calme et sereine. Le fort de Santa-Cruz se silhouette sur un fond bleu. Soudain les haut parleurs éructent « Branle-bas de combat ». Nous nous regardons sans rien dire. Ogor ôte sa casquette et d’un revers de main essuie la sueur qui perle sur son front. Le Saint jette à la mer un mégot éteint. Tous quatre se rapprochent des bosses qui retiennent les chaînes sur le pont, le dénouement est proche.

Témoignage de l’amiral B. Geli

Crash d’un Laté 298 en pays Cathare

Bonjour la compagnie,

Je suppose que nous connaissons tous Montségur où le 16 mars 1244 les Cathares qui ne voulurent pas renier leur foi finirent sur un bûcher judicieusement allumé par Hugues des Arcis sénéchal de Carcassone.

Quelques connaisseurs du monde des pingouins se souviennent du Latécoère 298 qui équipait certaines unités de l’aéronautique navale en 1939. Hydravions à flotteurs leur monographie fut rédigée par l’ami Lucien Morareau. A la déclaration de guerre les pilotes intervinrent avec un grand courage dans des missions qui n’étaient pas faites pour ce type d’appareil.

En revanche personne ne se souvient aujourd’hui du second-maître pilote André Sébire qui laissa sa vie au pied de cette montagne aux commandes du Latécoère. Nous étions le 19 juin 1940.

Il avait été affecté à la garnison de Dakar au début de 1939. Il s’y retrouva second pilote du Bréguet « Bizerte » De L’Orza, hydravion à longue portée. Après la déclaration de guerre, l’avion fut convoyé vers la France et se posa à Biscarosse le 28 mai 1940. En ces jours de chaos Sébire tournait en rond sur la base. Les avions sortant d’usine étaient confiés aux navigants présents en les invitant à fuir vers le sud. Notre second-maître sauta sur l’opportunité et embarqua avec lui son ami le maître arrimeur volant Jules Lemoine. Tous deux décollèrent de Biscarosse le 19 juin par un temps de chien sous des nuées orageuses et des bourrasques. Le crash se produira sur le flanc de la montagne de Montségur pour des raisons inconnues. Outre le temps exécrable, l’appareil était neuf et le pilote découvrait cette machine, toutes ces causes peuvent être les raisons du drame.

Les lieux de l’accident étant passablement inaccessibles, l’épave ne fut découverte qu’au mois de novembre suivant par des réfugiés espagnols.

En 2012 une équipe de chercheurs se rendit à Montségur. Avec beaucoup d’émotion ils retrouvèrent de nombreux vestiges du Laté 298 qui furent remis à Marie-Vincente Latécoère présidente de la fondation Latécoère.

A bientôt pour la suite de nos aventures

Donec

Le temps des bobards

Bonjour la compagnie,

Depuis plusieurs mois un mal mystérieux venu de Chine infeste le monde civilisé mettant en émoi nos politiques et affolant le monde médical.

D’où vient ce mal ? Selon Donald il s’agit de turpitudes chinoises destinées à lui chatouiller les moustaches mais que le soleil printanier dissipera. Pour les Chinois qui prennent la pandémie au sérieux c’est un animalcule judicieusement échappé d’un laboratoire américain pour mettre leur économie à genoux. Le frère de Tarek Ramadan y voit la conséquence de cette mode de la fornication et du plaisir contre nature qui éloigne l’homme moderne des vraies valeurs, celle du huitième siècle. Bojo fait comme s’il n’entendait pas. Les vrais hommes, Bolsonaro et Poutine savent que leur virilité se joue de cette invention interlope, mondialiste et transgenre.

Et s’ils faisaient fausse route ?

Nous avons bien noté que les dirigeants des pays où le mal a pris d’invraisemblables proportions étaient engagés avec leur peuple dans une voie sans issue. La Chine ne parvenait plus à maintenir l’ordre à Hong Kong, la rue s’enflammait et nuisait au sommeil de Xi Jimping. Il ne pouvait rejouer l’épisode Tien’Anmen car l’œil protubérant de Trump veillait au grain. En France le président Macron était engagé dans un bras de fer avec les « Gilets Jaunes », engeance prompte à la destruction du mobilier urbain et des forces de l’ordre. En Italie le gouvernement n’avait plus la main sur la Ligue du Nord, mouvement qui se complaisait à faire renaître l’heureux temps du Duce et du Prince Borghese.

Une situation que la Synarchie ne pouvait accepter. Cette société secrète et cosmopolite règne sur le monde, fait et défait les gouvernements en élisant ceux qu’elle juge dignes de la servir. Emmanuel Macron, Xi Jimping et Guiseppe Conte sont de ceux là. Quand un des membres se trouve dans une situation délicate, l’Organisation intervient. Il était indispensable de détourner l’attention de la multitude, de la faire rentrer dans le rang en insufflant un peu de frayeur dans son imaginaire. C’est là qu’intervient Yves Lévy, époux d’Agnès Buzin notre ministre de la Santé. Eleveur de chauves-souris et de pangolins, il est en outre patron d’un laboratoire qui exerce à Wuhan. Obligé de cette fameuse Synarchie, il n’avait rien à refuser à ses amis. C’est ainsi que par une nuit sans lune Covid 19 s’est échappé pour empéguer la Chine d’abord, le monde ensuite, semant terreur et confinement sur la planète entière.

Aujourd’hui personne ne parle plus ni des « Gilets Jaunes », ni des retraites, ni des réformes, ni de Hong Kong, chacun ce claquemure à l’écoute de BFM.

Le tour de force est que ce virus, selon le bon professeur Raoult, n’est guère plus nocif que ses frères saisonniers qui s’épanouissent en automne et disparaissent au printemps. Pourtant celui-là attire tous les feux de l’actualité. Donald Trump prit d’abord les choses à la légère mais s’est vite rendu compte qu’il pouvait tirer parti de cette terreur et apparaître en Saint Georges terrassant le dragon, assurant au passage que les Démocrates n’y étaient pas pour rien.

Vous avez maintenant découvert le pot aux roses et les raisons de cette épidémie destinée à asseoir l’autorité de quelques politiques ambitieux cornaqués par une société secrète.

Moi, Je reste prudent. Ma cambuse et mon cocron sont à bloc, j’ai noyé les douves, levé le pont-levis et fermé le portail à double tour. Je tiens les importuns à distance grâce à une couleuvrine chargée à mitraille et quelques écriteaux « Danger – laboratoire national de recherche sur la Peste bubonique»

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Qui craint le Grand Méchant Loup ?

Bonjour la Compagnie,

L’Homme est un prédateur de haut vol mettant sans complexe la planète à sac. Après avoir anéanti quantité d’espèces le voilà aujourd’hui qui bat arrière et tente de réintroduire le loup dans nos bergeries, au grand dam des « natives » et à la grande joie des écolos. Ce carnassier hante l’imaginaire des enfants et peuple leurs cauchemars suivant une tradition qui remonte à la nuit des temps. Bonne raison pour qu’il soit réhabilité.

Un peu d’histoire.

A la fin de la guerre de cent ans la population de ces animaux était telle aux environs de Paris que dans la seule année 1438 quatre vingt personnes succombèrent sous les assauts de l’animal.

La terreur qu’inspire le loup est bien réelle, forgée par des millénaires d’attaques qui se sont inscrites dans nos gènes. En 1744, Georg Wilhelm von Ascherdsleben lors d’un voyage d’inspection consigna les dégâts commis par l’ami des écologistes. Pas moins de 4293 moutons, 2343 oies, 1858 porcs, 1571 chevaux et 808 bovins avaient été tués pas ce fauve.

Cet animal était la terreur des villageois qui tentaient de le faire disparaître par tous les moyens.

Pendant la terrible « retraite de Russie » les soldats débandés de la « Grand Armée » craignaient autant les loups que les Cosaques. En Mazurie ou dans les Carpates en 1914, accoutumés à la chair humaine, ils ne manquèrent pas l’occasion de se distinguer. N’oublions pas qu’en plus il était le vecteur naturel de la rage.

Nous ne comprenons pas très bien au vu de ce petit historique l’intérêt qu’ont nos amis écologistes à tenter de nous faire revivre les terreurs d’antan. En revanche, si l’épanouissement du loup leur importe, il n’en est pas de même des moutons dont l’animal fait de réelles hécatombes dans les Alpes du Sud.

Cette idée d’avoir recours aux terreurs du passé pour mettre du sel dans nos vies est des plus intéressantes. Dans le même ordre d’idée pourquoi ne remettrions nous pas la peste bubonique au goût du jour, dans le but d’expérimenter une autre forme de terreur dont nos écologistes sont tellement friands.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Merci à « Courrier International » qui m’a fourni les éléments de ce petit texte

Le drapeau rouge flotte sur Bergerac

Bonjour la compagnie,

L’Histoire est faite d’épopées dont l’imaginaire fait des mythes et qui finissent par enthousiasmer les enfants des écoles. Il existe aussi des pages étonnantes qui plongent rapidement dans l’oubli.

Prenons par exemple la présence des Soviétiques en France vers 1945, qui s’en souvient ?

Hervé Dupuy et Michel Lecat ont redécouvert un fonds de photographies laissé par un amateur, Robert Bondier qui relate, en photos, l’existence d’un camp soviétique près de Bergerac dans les six premiers mois de 1945.

Le dernier conflit mondial entraîna d’incroyables migrations de populations chassées, prisonnières et utilisées par l’armée allemande comme supplétifs ou esclaves. Les Russes y étaient en majorité. Ainsi à la fin de la guerre des milliers de Soviétiques hommes et femmes, errent à travers la France. Ils sont bientôt regroupés dans des camps comme celui qui nous intéresse. Selon le ministère des affaires étrangères ils seraient près de 60 000.

S’ils sont abandonnés par les Allemands, les Français se refusent à les voir encombrer les casernes et leur destinent des camps de transit en attendant de les renvoyer en Union Soviétique. L’installation est d’abord précaire mais avec l’aide de la population qui idéalise encore le génial « Maréchal Staline » et la « glorieuse l’Armée rouge » les choses se font tant bien que mal. On les occupe comme on peut et des rencontres sont organisées avec les bergeracois comme ce grand banquet qui réunit le 1er mai 1945 les Russes, la population bergeracoise et les autorités civiles et militaires.

Malheureusement nos Russes échappent à tout contrôle et leur comportement ne va pas tarder à déchaîner la colère de la population. Les autorités sont impuissantes devant la multiplication des agressions, des vols et des brutalités. Ils vont jusqu’à positionner un fusil mitrailleur à l’entrée de la caserne du 126ème RI à Brive et menacer de passer à l’attaque si leur égérie, la « princesse » Tamara Wolkonskaia, domiciliée à Rouffignac n’était pas libérée.

Pourquoi une telle mansuétude ? Les Russes détenaient un grand nombre de prisonniers français, des «  malgré-nous » et faisaient monter les enchères. Le gouvernement tenait absolument à conserver de bonnes relations avec la Russie. Nos Russes étaient intouchables.

Les meilleures choses ayant une fin, à l’été 1945 ils furent tous réexpédiés en URSS via l’Allemagne au grand soulagement des Bergeracois.

L’accueil qu’ils reçurent au pays des Soviets fut sans doute mitigé mais selon Hervé Dupuy, ils ne prirent pas tous les chemin du Goulag…
A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

« Le drapeau rouge flotte sur Bergerac »  de Hervé Dupuy et Michel Lecat aux éditions « Secret de Pays » – Beaumontois en Périgord

Deux belles figures de la Résistance

Bonjour la compagnie,

Germaine Tillon fut une remarquable ethnologue qui participa à la terrible aventure du XXème siècle et fut au cœur de l’action.

Après des études de sociologie, d’archéologie et de l’Histoire de l’Art, la voilà au milieu des années trente projetée dans la société paysanne de l’Algérie profonde dont elle étudie les tenants et les aboutissants. Elle va étudier dans cette région reculée des Aurès le comportement de la population berbère.

De retour à Paris, en 1940, ne pouvant rester à sa place la voilà qui sans hésiter va résister à l’Occupation Ce qui doit arriver, arrive, elle se retrouve en 1941 dans la prison du Cherche-Midi en compagnie des premières grandes figures de la Résistance dont le commandant d’Estienne d’Orves.

Il invente un rite, il crie dans la nuit « La France ». De tous les cachots les captifs répondent « Vivra ». Ainsi jusqu’au jour de son exécution Honoré appellera ainsi dans les ténèbres.

Et Germaine Tillion d’ajouter « Après lui d’autres prirent la relève et quatre ans plus tard, dans le block 32 du camp de Ravensbrück où je me trouvais, ponctuellement, chaque soir, nous répondions au même appel : vivra, vivra, vivra… »

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Donec

Adieu sacré Chichi!

Bonjour la compagnie,

La France, chacun le sait, est une monarchie républicaine dont les rois sont de passage. Pourtant ils finissent toujours par exaspérer la multitude volontiers frondeuse.

Jacques Chirac n’a pas manqué de sacrifier à cette tradition, pourtant par son charisme, son humanisme et la présence à ses cotés d’une duègne prompte à éloigner de sa vue les jolies filles, il est devenu le « bien aimé ».

Quoi de plus naturel !

L’adolescent Chirac est déjà attachant, ses parents sont réfugiés chez Potez au Rayol près de Toulon. Le 15 aout 1944 c’est le débarquement de Provence. Il est aux premières loges, d’autant que ses parents hébergent le mythique Général Diégo Brosset chef de la première division française libre. Quelques mois plus tard le général est victime d’un accident de la route. Bouleversé Jacques baptise l’avenue qui relie le Rayol à la route nationale « avenue du Général Brosset ».

Trente ans plus tard, l’écriteau y était encore… Etienne Gola, maire du Rayol découvre qui en est l’auteur et demande au premier ministre Chirac d’inaugurer la plaque officielle. Ce qui fut fait.

Notre ami, selon Gilberte Housset pharmacienne à Lagraulière et gaulliste de choc, fut séduit au temps de l’appel de Stockholm par les gilets jaunes moscoutaires. Cela ne dura pas mais laissa des traces. Ainsi il sera écarté sans raison apparente du classement du peloton des élèves-officiers de réserve de Saumur. C’est le général Koenig qui le rétablira dans ses droits lui déclarant en le tutoyant : « Il n’y a rien dans ton dossier, sauf cette histoire d’appel de Stockholm. Encore une connerie des RG, j’ai supprimé ta fiche. Tu vas retrouver ton rang ».

En Algérie il ne manquera pas de se distinguer à la tête de ses hommes comme le 12 janvier 1957 à El Krarba il intervient sans ordre pour dégager des camarades pris à partie par une bande rebelle.

Voilà l’homme qui marqua plusieurs dizaines d’années de la vie politique française dont il fut le grand fauve impitoyable, opportuniste et séducteur incorrigible de cet univers.

A la semaine prochaine

Donec

PS : je vous rappelle que vous êtes invité vendredi prochain, le 11 septembre à 18h00 au festival des dessinateurs de presse à Saint Jean Cap Ferrat (invitation jointe)

Vol dans le ciel de Serbie en 1914

Bonjour la compagnie,

Quand nous pensons à la guerre de 1914, nous oublions souvent les Balkans et les peignées que nous nous sommes mis avec les casques à pointe.

La guerre se pratiquait là-bas dans des conditions abominables avec un armement dérisoire mais les quelques Français qui avaient fait le voyage avaient le cœur bien accroché.

En avril 1915 le capitaine Mortureux, nouvel arrivant regardait avec envie les Croix de guerre qu’arboraient avec morgue les autres officiers. Il ne demandait qu’à passer à l’action. Il prit donc la place de l’observateur dans le Farman de l’escadrille MF 99 S et en route pour les sensations fortes. La mission consistait à titiller les canonnières fluviales austro-hongroises, bêtes noires des Serbes. Quand l’objectif fut atteint, Mortureux retira la sécurité du percuteur et lança la bombe par-dessus bord. Aucun bruit d’explosion ne retentit. L’équipage découvrit avec horreur que la bombe était accrochée par une de ses ailettes à un tendeur du train d’atterrissage et pendait dans le vide, la tête en bas. Se poser, c’était la mort assurée.

Après avoir lancé les trois autres bombes Mortureux allait accomplir un exploit d’acrobate volant. Il s’agenouilla sur l’aile inférieure et se penchant dangereusement dans le vide, les bras tendus, il parvint à détacher la bombe qui tomba dans un champ. Inutile de dire qu’à l’époque il ne portait pas de parachute.

Voilà au moins une croix de guerre qui n’aura pas été volée !

A la semaine prochaine

Donec