Un juste parmi les nations

Bonjour la compagnie,
La seconde guerre mondiale nous fit découvrir de magnifiques figures de héros mais aussi celles beaucoup moins ragoûtante de fieffés salopards.

Nous nous intéresserons aujourd’hui à un héros dont l’humanité ne fut reconnue  que bien des années plus tard.

En 1940, le Portugal, pauvre pays jadis glorieux vit sous la férule d’un dictateur catholique : Salazar. Un personnage  cependant en opposition avec les thèses racistes chères à Berlin ou à Vichy.

Le Portugal dispose d’une représentation consulaire à Bordeaux avec Aristides de Souza Mendes. Qui est un aristocrate issu de la petite noblesse et confession catholique et d’opinion
conservatrice et monarchiste. Il fut auparavant en poste dans différents pays, il s’y est distingué par de multiples incidents et indélicatesses financières.

Quand la guerre éclate il est âgé de 55 ans. Père de quatorze enfants, la morale chrétienne lui sert de boussole ce qui ne l’empêche pas de filer le parfait amour avec une maîtresse dont il aura une petite fille en 1940.

On n’imagine pas aujourd’hui, calfeutrés dans notre bien-être bourgeois, ce qu’a pu être la débâcle. La ville de Bordeaux est assaillie par des milliers de réfugiés dont de nombreux juifs pourchassés par les nazis et qui rêvent de partir vers l’Amérique.

Salazar souhaite que son pays reste neutre et contrôle depuis Lisbonne l’obtention du moindre visa qui permettrait aux citoyens de pays sous le joug des Allemands de gagner les Etats-Unis. Pourtant dès la « drôle de guerre » en 1939 De Souza commence à délivrer les fameux visas. Il ne les délivre pas au compte-gouttes, mais à tour de bras. Le consulat devenant la plaque tournante de tous ceux qui veulent embarquer vers  l’Amérique.

Réprimandé par sa hiérarchie il déclare « S’il me faut désobéir je préfère que ce soit à un ordre des hommes qu’à un ordre de Dieu ». Il poursuivra son œuvre jusqu’au 23 juin sous l’œil médusé des fonctionnaires portugais chargés de le rapatrier de force.

Il faut savoir aussi que tout dictateur qu’il soit Salazar a hébergé la société d’aide aux migrants juifs.

De retour à Lisbonne notre consul est traduit devant un conseil de discipline mais Salazar se montre magnanime et bien que réprimandé, il touchera son salaire jusqu’à sa mort en 1954
.
Le nombre de personnes sauvées par De Souza Mandes n’est pas très précis mais il est sans doute supérieur à 10 000. En 1966 il sera honoré du titre de « juste parmi les nations ».

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Sur la peau de bouc (motifs de punitions dans la Marine) : « se servir de la brosse à dent d’un de ses camarades, plutôt que de la sienne, pour matriculer ses effets.

Les mots du Général : Une réunion du « R.P.F. » le Général parle et condamne le « .système ».

  • Il faut tuer la gueuse ! crie un « militant ».
  • Apprenez Monsieur qu’en France la République ne se renverse pas. Chassez-la et elle revient au galop

Le Gnaf
Il existait chez les officiers de marine un « éreintement » qui consistait à attribuer à la victime un surnom généralement obtenu par déformation de son nom propre et qui, très rapidement, finissait par remplacer celui-ci… Au moins pour les utilisations non officielles.
Ce jeu de mots avait un nom « le gnaf »(en 1928), en voilà quelques uns

  • NOM                                                                          GNAF
  • ABEL                                                              L’émir
  • ADAM                                                            Le premier venu
  • D’ADHEMAR DE GRAND SAC                     L’amarrage du Grand sac
  • ALLEAUME                                                    Le baron Vurst
  • D’ANTIN TOURNIER DE VAILLAC                Le Ravaillac – Régicide aussi
  • AUFFRAY                                                       Gégène
  • BARBIER                                                       Riton le fourbe
  • BATRO                                                           Le grand oiseau

Ratons la cible c’est un ordre !!!

Bonjour la compagnie,

Atteindre l’excellence est l’objectif de tout équipage de bâtiment ou plus simplement de tout pacha digne de ce nom.

Mais point trop n’en faut car cela pourrait offusquer l’Autorité et la mettre mal à l’aise

Pour illustrer mon propos j’évoquerai l’aventure arrivé à un ami, « Pacha » d’une vedette de la gendarmerie maritime. Le bâtiment sortait d’IPER* pleinement opérationnel. Néanmoins son équipage avait droit à divers exercices de remise en forme. Parmi ceux-ci le tir au canon de 40 mm Bofort occupait une place de choix. Les canonniers du bord, les boums comme on dit chez nous venaient de recevoir une formation adaptée au C.I.N. (centre d’instruction naval). Le jeu consistait comme tout exercice de tir à viser une cible située à un millier de mètres. L’originalité  était qu’il  fallait rater la cible. En effet le but était un modèle très sophistiqué et hors de prix qui devait resservir plus tard. Elle ne devait donc pas être détruit.

L’état-major n’avait d’ailleurs aucune inquiétude car il connaissait la valeur de ces canonniers débutants. Malheureusement le scénario allait être pour le moins bousculé. La vedette fut intégrée à une escadrille de dragueurs de mines et les voilà en ligne de file qui s’en donnent à cœur joie. Avec le plus grand sérieux nos canonniers se mettent à l’ouvrage. Et c’est ainsi que leur treizième obus fait mouche et pulvérise la cible…Voila une petite fortune partie en fumée…

Suit un message des autorités Marine du style «  Fin d’exercice, merci pour votre concours vous avez liberté de manœuvre ». Aucune remarque ni aucune enquêté ne vint troubler la quiétude du Pacha de la vedette de gendarmerie maritime.

Les boums de l’équipage arborèrent le sourire de satisfaction qui se doit après un tel exploit et allez savoir pour quoi un message « bravo-zulu »* atterrit sur le bureau du commandant.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

*I.P.E.R. indisponibilité périodique pour entretien et réparation
*Ravo-zulu : félicitations en langage marin

Sur la peau de bouc : Monter nu et uriner sur le pont

Les mots du général : dans Paris libéré, le Général reçoit les hommes des réseaux. Les gorilles dévorent des yeux cet homme pour qui ils ont risqué leur vie, ce symbole pour qui ils ont tué, saboté et incendié.

  • Messieurs dit le Général, je n’oublierai jamais ce que vous avez fait. A l’heure de ma mort, ma dernière pensée sera pour tous ceux qui ont combattu à mes côtés pour que vive la France. En attendant (pause) soyez assurés de toute (la voix s’enfle et scande les syllabes)… mon in-gra-ti-tu-de.

En vol sur la « Croix du Sud »

‌‌Bonjour la compagnie,


A l’origine l’aviation était affaire de fanatiques un peu timbrés et passablement courageux. Les années passant, ils se sont assagis et les « merveilleux fous volants » prirent l’allure athlétique de Jean MERMOZ avant de devenir les figures de mode que nous connaissons aujourd’hui.

Au temps de MERMOZ l’aventure était quand même le quotidien de nos héros et les risques n’étaient pas anodins, telle cette aventure survenue sur l’hydravion la « Croix du Sud ». Je vous la livre telle que je l’ai lue dans le « Cahier de l’Ardhan » n°39 de Paul HEBRAD : « Du ballon libre à la présidence d’Air Inter. »

« Au cours d’un vol d’essai à Biscarosse, le 30 mai 1935, le lieutenant de vaisseau de réserve Jean GUITOU, ingénieur mécanicien chez Hispano dut effectuer un réglage sur le moteur gauche. Il fallait pour cela gagner le tunnel de communication entre les tandems installés dans l’aile centrale en empruntant une échelle métallique disposée en plein vent reliant la coque à la voilure.
En vol à 140 kilomètres à l’heure, discutant avec le lieutenant de vaisseau DAILLIERE qui l’avait suivi, il glissa, manqua un échelon et se retrouva dans le vide cramponné au montant. Il dut son salut à la réaction immédiate de DAILLIERE qui prévint HEBRARD, aux commandes, qui réduisit vivement les gaz et passa en vol lent à 90 kilomètres à l’heure.
Quarante ans plus tard son fils rappelait à Jean GUITOU l’événement « J’ai été ravi de votre lettre qui rappelle le temps où nous étions jeunes ; une séance  impromptue de barre fixe volante, à la vitesse fantastique de 140 kilomètre à l’heure était faisable et vous l’avez prouvé…

Voila ce qu’était en ces temps reculés la vie des « pingouins* ».

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

*Pingouins : surnom donné aux personnels de l’aéronautique Navale
La peau de bouc : « avoir par maladresse laissé tombé une dame* dans la mer »
*Dame (pour les non-initiés) appareil servant à appuyer l’aviron sur la fargue  (bordage supérieur d’un canot au dessus de la lisse de plat-bord dans lequel se fixent les dames).

Les mots du Général : « Un vieux ministre savonne gentiment la planche d’un jeune collègue. A l’en croire les scrupules n’étouffent as le nouveau venu. Il n’a pas d’honnêteté intellectuelle. Ni morale. Ni…
Le Général l’interrompt.

  • Voilà qui est… réconfortant ? Je croyais (coup d’œil glacé sur l’accusateur) les ministres capables de rien ? Ca change d’en avoir un capable de tout !

La guerre oubliée

Bonjour la compagnie,

Il est des guerres qui arrivent sans crier gare et que l’on oublie : elles n’ont pas de place dans les livres d’histoire

Le 25 juin 1950 les troupes nord-coréennes sponsorisées par la Chine et l’Empire des Soviets, passent à l’offensive, franchissent le 38ème parallèle et s’abattent sur la Corée du sud particulièrement mal armée. A Paris le journal  l’Humanité titre avec l’humour qui le caractérise. «  Grave provocation à la guerre des fantoches de Washington en Corée. L’armée de la République populaire riposte victorieusement à l’agression des troupes de Corée du Sud ». Cela me fait penser à une célèbre formule du Canard Enchainé  :  « Les manifestants ont attaqué les CRS à coup de ventre dans le pied ».

Nous parlons souvent et les médias ne manquent jamais de colporter les dangers de l’islamisme, certains se sont faits les chantres de cette terreur nouvelle pour leur plus grand profit. Mais en 1950 le communisme était rangé en ordre de bataille aux frontières du monde libre. Avec une indécente mauvaise foi ils énonçaient des contre-vérités où l’agresseur déclarait la guerre pour la Paix du monde. Apparaît alors le spectre de la 3eme guerre mondiale sur fond de soucoupes volantes venues de la planète Mars ou de Moscou, on ne sait pas trop.

En tout cas l’armée sud-coréenne se débande, assez vite harcelée par les troupes du nord largement pourvues en armes lourdes laissées par le grand frère soviétique.
Le président des Etats-Unis,  Harry TRUMAN ne s’en laisse pas compter, ne tergiverse pas. Il nomme à la tête des forces armées réunies sous mandat de l’O.N.U. un dur à cuire : le général Mac Arthur. L’URSS ne s’attendait pas à une telle réaction imaginant qu’un conflit si lointain ne concernerait pas le « monde libre » C’est pourtant ce qui se produisit. Les Américains allaient dépêcher 300 000 hommes en Corée.

 L’opinion publique française  soutenaient les Américains à 52% seuls les communistes tout à l’écoute de la parole stalinienne soutenaient le dictateur Kim II Sung.
Comme en ces temps lointains nous étions embourbés en Indochine, nos possibilités d’aide aux américains et à l’ONU seront symboliques.

Un bataillon de volontaires est néanmoins constitué avec à sa tête un chef prestigieux et haut en couleurs, le général MONTCLAR connu pour sa bravoure et ses qualités humaines.

Les volontaires français allaient se distinguer sur les champs de bataille où ils interviennent  par des températures de moins 40 degrés. Leur prise du Piton 931 dit « Crèvecœur » est dantesque. Les pertes sont effrayantes.

La Marine est aussi présente avec l’aviso « La Grandière » qui participe avec 230 autres bâtiments au débarquement d’Inchon où Mac Arthur prend à revers  les troupes communistes.

Cette guerre se terminera le 27 juillet 1953, il y a 70 ans. Aucun cessez le feu n’a été signé et de nombreux incidents émailleront longtemps la zone démilitarisée.

En dépit de plus de trois millions de morts et disparus, des souffrances endurées par la population, la Corée du Sud est désormais un pays qui compte sur la scène économique mondiale.  La Corée du Nord illustre l’éclatante réussite d’un mouroir communiste.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Sur la peau de Bouc : « Uriner dans son hamac en état de boisson ! »

Les mots du  général :

1959. Un député européen d’Algérie, reçu à l’Elysée expose au général le sentiment de ses concitoyens. Il trouve des accents merveilleux pour parler de leur attachement à la terre algérienne, de leurs efforts pour la mettre en valeur, de leur désir de rester français.
– vous imaginez, mon général, le déchirement que produirait la fin de ces illusions ! Que deviendront les pieds noirs, les musulmans fidèles.
– C’est bien triste, dit le général, en serrant la main du député. Ils souffriront

L’école des mousses mène à tous !

Bonjour la compagnie,

Nous connaissons tous l’école des Mousses « pépinière de talents » qui depuis 1856 fournit à la Marine Nationale ses indispensables officiers mariniers.

Mais son plus bau titre de gloire est sans doute de propulser un sale gosse en pleine dérive scolaire vers des fonctions prestigieuses et enthousiasmantes..

La lecture de  « l’écho des grands fonds » magazine des plongeurs démineurs m’a permis de découvrir quelques figures intéressantes.

Prenons Christian PERON le Pacha de « l’André MALRAUX » navire de recherche de la DRASSM*.

Voilà un garçon qui nait le 31 du mois d’août (prémonitoire ?)… 1969 à Pont-l’Abbé dans le pays bigouden.

A l’âge de 17 ans il intègre l’école des mousses puis s’oriente vers la spécialité de fusilier marin.

En 1988 il est affecté au commando Jaubert (PLD  1039) qu’il va quitter en 1994 ayant embrasse la carrière de plongeur démineur. Le voilà au Groupe des plongeurs  de l’Atlantique avant d’embarquer sur le chasseur de mine tripartite « Cassiopée » pendant 3 ans.

En 2000 on le retrouve au cours de brevet supérieur de sa spécialité

De retour au groupe des plongeurs démineurs  Atlantique,  il y passe trois ans avec une escapade à Vanikoro en 2005 sur les traces de  la Pérouse.

Cette même année il embarque sur le chasseur de mines tripartite «  Sagitaire » mais en 2009 il quitte la Marine Nationale et intègre la DRASSM à Marseille comme chef d’opération hyperbare.

L’épopée ne s’arrête pas là. Il suit les cours de capitaine 200 puis 500 et devient second capitaine de l’André MALRAUX » qui vient d’être construit. Depuis le 1er janvier 2018 il en est le commandant.

Voilà un parcours tout à fait remarquable , sans être vraiment exceptionnel dans notre Marine pour un sale gosse arrivé intimidé un jour de 1969 dans la cour du centre d’instruction naval de Brest.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

DRASSM : Direction des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines

Sur la peau de bouc :  s’être mis du sable dans les cheveux pour détériorer la tondeuse

Les mots du Général :
Pendant la campagne de France, un général américain vient se plaindre du caractère «  aventureux et indiscipliné » du général LECLERC.
Le Général le rabroue vivement :

  • LECLERC à toujours fait ce que je lui demandais (pause) même quand je ne lui demandais rien

On ne nous dit pas tout !

Bonjour la compagnie,

Elevés dans l’univers des contes de Perrault et de Walt Disney, nous avons besoin d’un monde où le méchant est une brute avérée qui se voit de loin à l’instar  des frères Rapetout, de l’Ogre, de la vilaine sorcière de Blanche Neige ou des Allemands de 1914 rhabillés par la presse revancharde.

Dans l’affaire du génocide rwandais, j’avais compris, aimablement renseigné par les médias que les gentils Tutsis avaient été effroyablement égorgés, lapidés, étranglés par les méchants Hutus que la radio des Mille-Collines incitaient au meurtre.

Dans les derniers numéros du « Fanatique » (de l’aviation)  ce drame est évoqué par une série d’articles « l’aviation au cœur de l’enfer ». L’objet en est l’aviation gouvernementale rwandaise et son action dans le conflit à partir de 1990. En toile de fond il y naturellement une situation politique particulièrement orageuse.

Première découverte le gouvernement du président Habyarimana est l’objet d’une attaque en règle lancée de l’Ouganda voisin par le FPR, entité tutsis revancharde qui tient à reprendre le pouvoir. Ils sont les enfants de ceux qui furent massacrés à la fin des années cinquante dont les survivants se réfugièrent dans ce pays. Ce FPR franchit la frontière et repousse allègement les force armées rwandaises qui ne sont pas à la hauteur. La France soutient du bout des lèvres le gouvernement officiel avec quelques hélicoptères de combat mais fera la sourde oreille aux demandes incessantes du président Habyarimana.

Pourtant ces maigres effectifs aériens vont permettre de stopper l’invasion du FPR. Celui-ci ne désarme pas et reçoit même l’aide de militaires zaïrois spécialisés dans le viol et la rapine. Naturellement les Tutsis de l’intérieur subissent le contre coup du conflit et sont malmenés par la majorité Hutus.

Dès le début de 1991 le FPR reprend le sentier de la guerre contre une armée rwandaise toujours aussi médiocre au combat. Désormais l’Ouganda fournit la rébellion en missile sol air SA-16. A la fin de 1991 le FPR contrôle 25% du territoire et poursuit sa marche en avant en semant le chaos dans tout le pays. Il n’hésite jamais à s’en prendre aux populations civiles et à bombarder les camps de réfugiés. Naturellement pour eux massacrer les Hutus est une seconde nature. Si le FPR signe sous les « cessez-le- feu » que l’on veut il poursuit la conquête sans sourciller.

Afin d’aller plus vite en besogne le FPR décide alors d’un attentat contre le président Habyarimana avec l’aide de missiles ougandais. Ce sera fait le 6 avril 1994.  Le Falcon 50 piloté par des officiers français, Jacky Heraud et Jean Pierre Minaberry est atteint par deux projectiles qui ne leur laissent aucune chance. Avec eux disparait le président et une partie de son état major.
La chasse aux Tutsis et le crime de masse va immédiatement être déclenché dans une atmosphère de chaos incroyable. Si les Hutus ont pris une part à l’holocauste, les Tutsis de l’extérieur n’étaient pas resté les bras ballants et avaient tout fait pour créer l’irréparable.

Refermons donc les « contes de Perrault » laissons « Blanche Neige » de coté et saisissons-nous de « Docteur Jekyll et Mister Hyde » autrement réaliste concernant les circonvolutions du cerveau humain.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Sur la peau de bouc : « Se cacher dans les fonds de misaine pendant la manœuvre »

Le mot du général

Devant des ministres somnolents, Couve de Murville récite son exposé hebdomadaire de politique « internationale »

  • La démarche énergique qu’a effectuée notre ambassadeur auprès du gouvernement de la République Fédérale Allemande… La ferme représentation que j’ai faite au représentant de Sa Majesté britannique… Le fructueux échange de vues…
  • Monsieur le ministre des affaires étrangères, tonne le Général, ayez donc l’obligeance de bien vouloir (crescendo) cesser d’enfoncer des portes ouvertes en nous faisant croire (crescendo) que ce sont des arcs de triomphe.

Pages noires de la Résistance

Bonjour la compagnie,
Notre histoire comporte quelques pages sombres à oublier bien vite.

De l’année 1944 nous nous rappelons des héros, cachés dans les forêts depuis 1941, en guenilles, armés de bric et de broc qui guettaient l’envahisseur au coin d’un bois et réglaient leur compte aux « collaborateurs ».
Cette image est vraie si nous parlons des colonels  Georges GUINGOUIN ou Henri ROMAN-PETIT mais il en est d’autres de moins reluisantes.

Mon grand-père était pétainiste et patriote, il déménagea de Nice vers la Dordogne en mars 1944 au prétexte que le ravitaillement ne posait pas de problème là-bas. Mauvaise pioche, on le retrouvera assassiné sur un chemin forestier  au mois de juillet. En effet une proportion importante de la résistance armée était communiste et envisageait très sérieusement une prise de pouvoir conforme aux idéaux moscoutaires pour construire (enfin)  un monde où le prolétaire goûterait à la joie de vivre.

Pour atteindre ce but il convenait  d’éliminer tout collaborateur, milicien véritable ou bourgeois  supposé qui ne manquerait pas le jour venu d’être un suppôt de la réaction.

En ce qui concerne le Limousin le communiste Georges GUINGOIN, le futur « préfet du maquis » avait transformé son territoire en « petite Russie ». De Saint Gilles la Forêt à Treignac et Eymoutiers  l’ordre régnait et les exactions inutiles n’avaient pas cours. Il faisait à son idée sans suivre les directives du « Parti » ce qui le mettra dans une situation très pénible après la guerre. Il n’en était pas de même au nord de Limoges, du côté de Magnac-Laval où les exécutions sommaires de traîtres supposés ne manquaient pas.

Il reste peu de traces de cette justice expéditive néanmoins après la guerre. Dans les années cinquante il fut demandé aux membres de certaines associations de  rédiger leurs souvenirs sur des cahiers d’écolier. Ceux-ci furent collectés, mis en lieu sûr et disparurent de la circulation. Xavier Laroudie  dans son livre « UN SEUL CHÂTIMENT pour les traitres » en a retrouvé un dont il cite les « bonnes pages ». L’auteur est un militant communiste de Saint-Junien, communiste comme il se doit ( gilet jaune avant l’heure). Il nous conte par le menu l’exécution de quelques traîtres.

« Un Alsacien marié à une Française et engagé dans la Wehrmacht finissait sa permission le 21 mars 1944. Le 20 nous décidons de l’attaquer et de le descendre. Nous partons à trois et pendant que le camarade et moi montions la garde, l’autre de deux balles dans la tête exécute le traître ».

En fait ce soldat  était engagé dans la L.V.F. lui était un vrai traître. En juin 1944 notre maquisard rejoint le groupe « Rolland » cantonné au hameau des Ramades.

« Le lendemain le groupe auquel j’étais rattaché parti à côté du Chêne-Plantier faire un barrage. Les 15, 16 et 17 juin 1944 nous restons là-bas. Le 16 un milicien passe avec toute sa famille ne pensant pas être reconnu. Mais le malheur pour lui est qu’il y avait un camarade qui le connaissait et nous l’arrêtons. A la tombée de la nuit, il s’évade et pendant deux heures nous le cherchons mais nous ne le trouvons pas. Bien qu’il soit blessé, il  nous échappe. Nous allons arrêter sa femme, son associée plutôt en représailles et nous la gardons.
J’avais allumé un peu de feu malgré la nuit et nous nous chauffions pendant que les camarades faisaient leur tour de garde ou se reposaient. Avec deux autres, nous interrogions la gonzesse. Nous avions les mains un peu lestes pendant qu’elle se défendait mollement, après un autre attaquait par ailleurs. Enfin le sergent donna l’ordre de la ramener chez elle, elle n’était pas celle que nous voulions. Nous la ramenons à deux et en arrivant à la maison, nous avons rigolé un bon coup et nous sommes revenus au barrage reprendre notre poste.»
« Le 18 un milicien est amené au camp et je suis chargé de l’interroger et c’est moi qui le soir l’ai abattu comme un animal malfaisant.  Je l’ai tellement bien interrogé que je conserve encore la  marque de mon poing et qu’il a avoué »

Il est alors affecté à la 2 414èmecompagnie mais il ne perd pas la main.

«  Comme je me suis bien conduit au combat on me donne un milicien à exécuter, je lui fais creuser son trou et sauter dedans se coucher, après quoi, soigneusement je le descends. C’était le 30 juin. C’était mon deuxième milicien.»

Et le 3 et 4 juillet :

« Nous sommes allé chercher le milicien qui nous avait été désigné. Une garce de gonzesse nous tire dessus et blesse un copain, ce fut le bouquet. Nous l’arrêtons et revenons au camp avec 3 prisonniers : 2 miliciens et une milicienne et avec 10 fusils e 10 revolvers. Nous allons déménager une fois de plus et quand nous sommes arrivés je demande et obtiens d’exécuter la milicienne. Elle avait 48 ans, j’ai gardé son anneau de mariage en souvenir.»

« Avant que je l’exécute, elle m’a dit textuellement : «  Ce n’est pas bien ce que vous faites là, celui qui est la-haut vous jugera et vous irez en enfer
« Comme je suis beaucoup croyant je m’ennuie follement »

Plus tard dans la nuit.

«  Et à un kilomètre de là, il y a une maison où habitait un milicien. Nous nous arrêtons chez lui et le faisons prisonnier et moi-même je l’exécute, ça faisait 4 boches, 3 miliciens et une milicienne que j’avais sur la conscience ».

«  Le 20 juillet, occupation de Saint Sulpice les feuilles, 31 miliciens arrêtés et exécutés, parmi lesquels 6 femmes dont 4 de moins de 20 ans. Le 21, occupation du Dorat 14 miliciens arrêtés et exécutés. »

Comme vous le voyez il ne fallait sans doute pas grand-chose pour être déclaré milicien quant aux jeunes filles de moins de 20 ans on se doute bien qu’elles ne devaient pas être très dangereuses ni engagées dans la collaboration.

D’ailleurs un certain nombre de ces exécutés ont été déclarés « mort pour la France »

Mais nous n’y pouvons rien c’est la justice du peuple.

A bientôt pour la suite de nos aventures

Donec

Sur la peau de bouc (motif de punitions dans la Marine de grand père)

  • 40 jours de prison (ordre du Préfet Maritime) « Avoir été l’objet d’une ordonnance de non-lieu. »

Les mots du Général

Du maréchal Montgomery : « Ce n’est pas un soldat, c’est un acteur. Mais il joue tellement bien la comédie du chef qu’il arrive à s’identifier à son personnage. »

Histoire du bon vieux temps

Bonjour la compagnie,
Autour de moi l’humeur est à l’orage, et tous regrettent le bon vieux temps où l’honnêteté régnait à tous les étages, les épouses étaient fidèles et  les  maris attentionnés.

Pourtant en ces temps anciens, vers 1914 nous avons pu constater quelques fâcheux dérapages aux conséquences souvent fatales.

Qui se souvient aujourd’hui de  l’édifiante affaire du Salmson-Moineau ?

René Moineau est un ingénieur jamais à court d’idées, passablement débrouillard et prêt à tout pour faire avancer ses affaires. Pilote il participe à de nombreuses expérimentations sur les Breguets qui participent aux éliminatoires de la coupe Schneider. En 1914 la guerre éclate et le voilà au camp retranché de Paris.

Il intègre alors la société Samson qui produit les moteurs d’avions qui vont faire sa fortune. Pourtant une étape reste à franchir, la réalisation d’un véritable avion ; les Allemands de leur coté ne sont pas restés inactifs et envoient sur  le front leurs Fokkers « Eindecker » qui sont équipés d’une mitrailleuse tirant à travers le disque de l’hélice et qui mettent à mal nos antiques Voisins.

Plein d’imagination René Moineau  va concevoir une étrange machine dont le moteur installé dans la carlingue va actionner deux hélices.  Sur l’avant installé dans un balcon le mitrailleur est  prêt à en découdre.  Le même équipement est installé sur l’arrière. Malheureusement la machine est trop lourde, son moteur chauffe, et elle plafonne à 120 km /h ce qui en fait l’appareil le plus lent de sa génération. C’est le genre d’avions que tous les pilotes exècrent surtout s’ils doivent affronter la chasse allemande.  Les services-techniques de l’armée demandent s’il est bien raisonnable de commander ce monstre.

Pourtant une commande est officialisée le 18 novembre 1916. Commande hors de prix puisque proposée à 75 000 francs quand le Caudron R.IV se négocie à 35 000 francs. 105 modèles sont pourtant commandés.
Inutile de vous dire que de nombreux accidents assombrissent le tableau, en huit mois 31 tués, disparus, prisonniers ou blessés. L’atterrissage c’est quitte ou double. Engagé dans le secteur du chemin des dames son activité opérationnelle ne durera pas.

Mais comment une telle machine a pu être acquise par l’armée ? La seule explication que nous pouvons admettre, c’est la corruption des décideurs publics par le constructeur. Ajoutons qu’est entré dans la boucle un personnage sulfureux : Charles Humbert. Il  saura  se tirer des situations les plus abracadabrantesques  ses co-accusés étant eux condamnés à mort (affaire Bolo Pacha). Humbert est un sénateur très influent, membre de la toute-puissante commission sénatoriale des armées. Il n’hésite devant rien, le chantage ou la prévarication intervenant dans les commandes militaires et ramassant sa petite commission au passage.
En 1919 l’affaire Samson éclate,

 On découvre par exemple qu’il à tenté en 1912 d’obtenir une commission de 250 000 francs pour défendre en commission d’achat le « Flyer » de Wilbur Wright. Celui-ci refusera mais visiblement le motoriste Samson n’a pas les mêmes scrupules. Un arrangement est même trouvé qui permettra à Humbert de faire un lobbying effréné, de multiplier les éloges du constructeur dans son journal et de bien beurrer ses épinards.

Pourtant dans les différents procès auxquels il devra répondre l’affaire des Salmson-Moineau n’est jamais évoquée. Pourtant il y avait fort à parier que le bon sénateur avait su donner le coup de pouce au bon moment.

Ainsi nous pouvons dire : « c’était pire avant ! »

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Sur la peau de bouc : « Avoir profité du mal de mer de ses camarades pour boire toutes les rations de vin et ivresse légère ».

Les mots du Général :
La reddition du commandant des forces allemandes à Paris achoppe sur l’opposition des troupes F.T.P. En désespoir de cause, Leclerc décide d’appeler le Général.

  • Mon général, j’ai un problème avec Rol-Tanguy…
  • Qui est ce Rol ?
  • Le chef des F.F.I. Mon général.
  • Et alors,
  • Et bien Rol-Tanguy ne veut pas que…
  • Ecoutez Leclerc, votre Rol, tout F.F.I.  qu’il est c’est un civil  non ? C’est un Français, non ?
  •  …
  •    Bon, et bien… Foutez -le à la porte !                         

La hyène de la Gestap.

Bonjour la compagnie,

Comme j’étais las des héros, des compagnons de la Libération, des infirmières modèles et résistantes, je me suis dit que je pourrais jouer une musique un peu plus virile sur fond glauque.

J’ai donc trouvé une héroïne du mal, Violette MORRIS, devenue sous  l’Occupation la « Hyène de la Gestap ». Le décor est planté, voyons ce  personnage.

Il est haut en couleurs, de bonne naissance, fille du baron, militaire en retraite, Pierre Jacques MORRIS et de Betsy SAKAKINI riche héritière levantine. Elle nait à Paris en 1893. Sportive accomplie, elle a découvert dans son couvent  de l’Assomption à Huy le charme des plaisirs saphiques auxquels elle restera fidèle toute sa vie. Courageuse et casse-cou, elle va se distinguer pendant  la première guerre comme estafette motocycliste. En 1918 portant un uniforme masculin, elle décide de ne porter que des complets-vestons. Ayant reçu l’héritage conséquent de ses parents, elle se consacrera au sport, à tous les sports : Automobile, football, athlétisme, cyclisme, natation pugilat. Son slogan : «  ce qu’un homme peut faire, Voilette peut le faire ! » Malheureusement son caractère, son attitude et son franc-parler indisposent les patrons de fédérations qui la laissent souvent sur le banc de touche, suspectant qu’elle soit un homme travesti. Pour cette raison elle ne  participe pas aux jeux olympiques de 1928. Amie de Jean Marais, de Jean Cocteau et de Joséphine Baker, elle est la maîtresse de l’actrice Yvonne de Bray. Cocteau se servira de ce couple pour écrire la pièce : « les monstres sacrés ». Ses démêlés avec la justice, la police et différentes fédérations sportives étant innombrables, elle se lance dans la compétition automobile. En 1928 elle gagne le Bol d’Or sur B.N.C. marque de cyclecars célébrissime à l’époque.

En 1936 elle participe aux jeux olympiques de Berlin. Elle est alors approchée par l’Abwehr , une association de malfaiteurs pour laquelle elle se miT à espionner. En 1937 elle est arrêtée pour avoir, en état de légitime défense tué un légionnaire qui l’avait menacée. Elle est libérée dans la foulée.

Pendant la guerre, recruté par Helmut KNOCHEN, chef du renseignement SS à Paris, elle est chargée d’engager des espions et de contrer les membres anglais du S.O.E .. D’aucuns prétendent que rue des Saussaies elle se chargeait de l’interrogatoire des prisonnières, elle acquit ainsi sa réputation de « Hyène de la Gestap. ».

La Résistance décide alors d’en finir et lui tend une embuscade. Le26 avril 1944 elle survient à fond les manettes  au volant de sa traction 15 6 cylindres gonflée. Le groupe « Surcouf » ne lui laisse aucune chance. Elle est volatilisée.  La 15 et ses occupants disparaissent sans laisser de trace.

Voila pour notre Hyène !

Naturellement j’aurais dû  plutôt vous parler d’Alix MARRIER d’UNIENVILLE née à l’île Maurice en 1915 et décédée à Paris en 1998, résistante dès juillet 1940, agente du SOE, parachutée en France arrêté par la Gestapo,  elle feint la folie, s’évade, retrouve Paris avec les Américains. D’une beauté sculpturale, elle devient une des premières hôtesses d’Air France et vole sur le mythique Super-Constellation. Elle écrit « en vol » témoignage d’une hôtesse de l’air,  En 1950 elle est la première femme à recevoir le prix Albert Londres. Une autre destinée….

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

L’anecdote du jour : Un jour Jean François Kahn demande bêtement au merveilleux Francis BLANCHE sa définition du rire, il lui répond : « Quand on me pose cette question, je n’y suis pour Bergson! »

Et l’amour dans tout ça?

Bonjour la compagnie,

 Le séjour sur le tombeau des ancêtres exacerbe ma passion pour la lecture, j’ai donc fait l’acquisition à la librairie Jean Jaurès de l’autobiographie du célèbre journaliste touche-à-tout  Jean François KAHN : « Mémoire d’outre vie ».

L’ouvrage contient quelques belles rencontres de vie et d’expériences vécues. Je vais vous en faire partager une.

La vie à deux, le mariage sont toujours pour l’observateur perspicace un sujet d’étonnement.

Nous sommes au Club Méditerranée en Côte d’Ivoire, au seuil des années 60 où notre ami fait un séjour        avec son épouse. Parmi les gentils membres un Américain costaud au torse avantageux, poilu à souhait mais patibulaire et désagréable. Comme chaque jour il effectue un parcours crawlé, puis se hisse sur la plage et lance le cri de Tarzan. Or se jour-là il s’effondre…  sans vie. On l’installe dans une chambre et le médecin prévenu effectue sur notre athlète la respiration artificielle. C’est un échec et il déclare donc le « culturiste » mort. Les gentils organisateurs se rendent auprès de l’épouse avec mille précautions pour lui annoncer la terrible nouvelle.
Mais à la surprise générale  la Dame s’exclame « champagne pour tous ! » C’est la sidération. A entendre la dame le mari était un salopard violent  et elle est ravie de d’en être débarrassé : « enfin libre ! ».

Pendant ce temps un gentil organisateur opiniâtre poursuivait les exercices de respiration. Quelque chose craqua, une côte ou deux sans doute. Le moribond poussa alors un retentissant « Ouille ! ».

L’athlète patibulaire n’était pas mort !

Rappelé, le médecin penaud admit sa méprise. Il en fut tout autrement pour l’épouse qui  hurla, injuria, tempêta et n’admit pas que sont mari fût vivant. Il était mort, affaire classée, il n’y a pas à revenir dessus.

Les gentils organisateurs adeptes de la paix des ménages ne prévinrent pas le mari de la réaction de son épouse. Ce qui convenons-en était une sage décision pour l’avenir de leurs relations conjugales..

A bientôt pour de nouvelles aventures

Donec

Ps : en cadeau un dessin de l’ami Ballouhey