Vito Dumas et son Legh II

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‌Bonjour la compagnie,

Moitessier et son Joshua, Tabarly et son Pen Duick tout le monde connaît, mais Vito Dumas et son Legh II c’est une autre histoire !
Pourtant le personnage vaut le détour. Né en 1900, Argentin, sportif accompli, il se distingue par une force morale peu commune. Il allait le prouver en accomplissant quelques exploits
.
En 1931, après l’échec d’une tentative de traversée de la Manche à la nage, nous le retrouvons à Arcachon. Pour retourner au pays, par manque de moyens, il y achète un voilier de 1912 à l’abandon, Legh. En dépit de l’état lamentable du bateau et de son inexpérience de navigateur en 76 jours il atteint Buenos Aires le 11 avril 1932.

Mis en jambe par ce premier voyage, il décide de réaliser un tour du monde par les latitudes australes avec son Lehg 2, ketch marconi de 9.5 m de long. Son appareillage a lieu le 27 juin 1942 date qui se situe, comme chacun sait en pleine seconde guerre mondiale.

Pour corser la fête, il choisit de faire route au niveau du 40ème degré de latitude sud, haut lieu de tempêtes permanentes. S’il est un peu secoué, le trafic est faible et offre donc une certaine sécurité. Les sous-marins et les convois s’étripent plutôt dans l’Atlantique Nord. Un petit voilier battant pavillon neutre ne pouvait intéresser les belligérants. En plus ne disposant pas de TSF, il ne risquait pas d’être accusé d’espionnage.

Pour se faire idée de l’envergure du personnage, voici une petite anecdote. Au début de la croisière une voie d’eau se déclare à un endroit difficile d’accès. En la réparant il se blesse aux mains et ses blessures s’infectent (le bâtiment est particulièrement malpropre). L’état de la mer lui interdit de faire bouillir de l’eau et les médicaments dont il dispose sont peu efficaces. Son bras enfle démesurément l’entraînant inexorablement vers la gangrène et la mort. Il envisage alors le plus sérieusement du monde de s’auto-amputer le bras au niveau du coude. Pourra-t-il alors survivre ? Pourtant un abcès qui s’était formé se perce spontanément, purgeant l’infection. Il ne manquera pas de curer la plaie avec le poinçon de son couteau et vogue la galère…

A son retour le 7 novembre 1943 il sera accueilli comme un héros en Argentine. Le tour du monde accompli fut l’un des plus courts mais aussi l’un des plus durs, il fut par ailleurs le premier à doubler le Cap Horn en solitaire et à avoir survécu.

Après SLOCUM mais avant CHICHESTER, MOITESSIER et tous les fils et filles de TABARLY, il a navigué seul dans des conditions extrêmes avec des moyens misérables. Il a pourtant taillé sa route et survécu, pour cela il mérite notre admiration.

Il tira de son exploit plusieurs livres dont « seul cap sous la Croix du Sud » et « seul par les mers impossibles » qui ne lui apportèrent pas la fortune. Dans son pays, l’Argentine, Il est aujourd’hui bien oublié.

A la semaine prochaine

DONEC

Commémorons Narvik

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Salut la compagnie,

Notre pays a une faiblesse bien compréhensible pour les commémorations de toutes sortes. En cette fin de printemps c’est la compagne de Norvège et la bataille de Narvik qui est mise à l’honneur.

Dans son livre « Les taxis de la Marne ». Jean DUTOUR avec le talent acidulé qui le caractérise nous en fait une intéressante relation. Il nous rappelle que si nos soldats sont des lions souvent nos stratèges sont des ânes.

Parole à l’auteur du « Bon beurre » dans son VIIème chapitre intitulé LE CONCOURS LEPINE.

– « Le gouvernement pensait aussi au miracle. Il cherchait le miracle comme un mathématicien travaille sur une équation. Finalement, il trouva l’inconnue. Elle s’appelait Narvik. Mais c’était un miracle pour gens médiocres et un faux miracle. Narvik cela allait bien dans le sens des niaiseries rassurantes de la propagande du pauvre Giraudoux ; cela signifiait la route du fer coupée, les Allemands affamés et réduits à merci, la guerre gagnée avec une poignée d’hommes. Bref c’était le système « D » appliqué à l’Histoire. Autre temps, autres miracles ; les Taxis de la Marne étaient grands, Ils symbolisaient un exploit semblable à celui de Léonidas ; Narvik, c’était le Concours Lépine. A la puissance et à la science, on opposait l’adresse légendaire du bricoleur.
Il n’est pas étonnant qu’une pareille idée ait enflammé les ministres de cette époque. C’est le type même de l’idée séduisante pour intelligences brillantes : elle présente le double avantage d’être paradoxale et mesquine, autrement dit elle surprend et ne fait pas peur. On se donnait à bon compte l’illusion d’être joueur et d’être audacieux. Avec cent francs on faisait sauter la banque. Quelle gloire en perspective ! Il est étrange que l’on n’ait pas changé le texte des affiches et que les Français sur les murs : « Nous vaincrons parce que nous sommes les malins. » En France une telle formule aurait pris. Hélas la banque n’a pas sauté et nous avons perdu nos cents francs.
J’ai vu en Bretagne en juin 1940 une demi-douzaine de rescapés de Narvik qui avaient échoué là Dieu sait comment. Ils portaient de bien belles canadiennes doublées de mouton qui faisaient envie à tout le monde. Sombres, renfermés, ils nous considéraient avec dédain. Ils avaient pris une ville pour l’abandonner le lendemain. Fait rare dans les annales des guerres, ils avaient été contraints de fuir leur victoire. […]
De toutes les actions militaires de 1940, Narvik est peut-être celle dont le souvenir soit le plus douloureux. Quoi de plus amer qu’une victoire perdue ? Le conseil municipal parisien eu -t-il un peu d’honneur ou de fermeté il rebaptiserait sa place de Narvik : carrefour des succès inutiles. On pourrait inscrire sur la plaque comme on faisait jadis, comme on fait encore en province : « Cette place a été ainsi nommée en souvenir de la prise de Narvik qui ne servit a rien à cause de la sottise et de la lâcheté du G.Q.G. français de 1940. » Humilions les enfin ces généraux ganaches, réincarnations des badernes dorées sur tranche d’Autriche et de Prusse que les colonels analphabètes de Napoléon mettaient dans leur poche.”

A la semaine prochaine

Donec

1968 Faisons la fête

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Salut la compagnie,

Il y a juste cinquante ans un joyeux tintamarre s’instaura dans l’université française histoire de se débarrasser des oripeaux de l’ancien temps. Mais il ne s’agissait là que blagues de potaches et de jeunes bourgeois.

Les élites d’alors étaient issues de la résistance. Elles avaient transformé un pays exsangue et ruiné en une nation conquérante et sûre d’elle-même. A sa tête le général de GAULLE et son premier ministre Georges POMPIDOU veillaient au grain.

Malheusement le cycle de l’activité solaire allait perturber ce bel équilibre et exacerber la violence humaine dans le monde entier. Le Quartier Latin n’évita pas la bourrasque. Tout commença à l’université de Nanterre par une sombre histoire d’accès au dortoir des filles.

Les étudiants en ce temps-là étaient peu nombreux, issus de l’élite précitée que le travail acharné et des choix politiques judicieux avaient enrichie. Les actualités du temps les montrent cravatés, jetant des pavés sur cette émanation terrifiante des SCHUTZSTAFFEL* : les CRS. Le coté ringard de la démocratie gaulliste ne pouvait échapper à cette jeunesse romantique éprise de sensations fortes et d’égalité. MAO TSE TOUNG, HO CHI MIN, FIDEL CASTRO, CHE GUEVARA leur montraient un chemin qui mettait en musique le bonheur par l’égalité, les fleurs et la comédie musicale. Pendant ce temps, motif supplémentaire de révolte et d’indignation le petit peuple vietnamien résistait à l’impérialisme américain qui voulait le réduire en esclavage et en consommateurs de Coca Cola.

Tout ce joyeux carnaval se termina à la fin d’une année scolaire où les examens ne furent qu’une simple formalité. Nos étudiants rentrèrent dans leur famille pour une villégiature réparatrice à Cannes ou Beg Meil. A la rentrée, Ils reprendraient leurs études qui les porteraient aux plus hautes fonctions de la République ou de l’industrie.

Mai 68 allait entrer dans l’Histoire. Pour ses laudateurs c’est une fenêtre ouverte sur la liberté et les temps nouveaux où le slogan « interdit d’interdire » aura toute sa place.
Les détracteurs y verront la fin des temps et le début du chaos.
Et Pasolini « moi, je sympathisais avec les policiers.
Car les policiers sont fils de pauvres
Ils viennent des sub-utopies, paysannes ou urbaines ».

Mais vous et moi qui sommes dans le secret des choses savons que tout ce tintamarre n’est dû qu’à la colère de l’activité solaire.

A la semaine prochaine

Donec

SCHUTZSTAFFEL : plus connu sous le nom de SS. Troupe d’élite allemande qui porta très haut la notion de crime de masse et fit reculer les frontières de l’ignoble. Comparer nos braves CRS à ces soldats-assassins c’est pousser le bouchon un peu loin.

Rendez vous à Fréjus

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Bonjour la compagnie,

Le 26 janvier 1954 un Dassault MD312 de l’escadrille 10S faisant la liaison entre la base du Luc et la base aéronavale de Fréjus s’écrase au col de Gratteloup. Six victimes sont à déplorer : le maître Bernard MADELIN, pilote, L’enseigne de vaisseau de 1ère classe Aloys RABAIN, navigateur, Le second maître Albert CHAUVIN, pilote, Le quartier maître René TOSELLO mécanicien de bord, le matelot Roger FALCOU mécanicien et l’ouvrier civil Aymé CLEMENT mécanicien.

Le 15 février 1965 en début d’après midi un Breguet 1050 Alizé su centre d’expérimentation de l’aéronautique navale de l’escadrille 10S de la base aéronavale de Fréjus Saint Raphael c’est écrasé dans la cour de l’immeuble « le Thoron » évitant de justesse le bâtiment. L’équipage composé du lieutenant de vaisseau Henri LE FLAIVE commandant l’escadrille et de l’enseigne de vaisseau Philippe MENU disparaissent dans l’accident.

Le jour de la fête des mères, le 30 mai 1965 un hélicoptère SA 321 Super Frelon n° 03 de la 20S en expérimentation s’abimait en mer dans le golfe de St Tropez. Le lieutenant de vaisseau Roger BONVALLET, pilote et commandant de bord disparaissait dans l’accident. L’enseigne de vaisseau FARLET copilote était blessé au dos, le maitre mécano BATTIER dut être amputé d’une jambe. Seul notre ami Jean EXERTIER à l’époque quartier maître de 2ème classe mécano s’en sortait miraculeusement indemne.

Le lundi 21 mai, jour de la pentecôte, nous nous recueillerons à la stèle du Thoron, à Fréjus pour nous souvenir de nos compagnons d’armes. Ce petit monument du souvenir se situe à l’angle de l’avenue de Lattre de Tassigny et de la rue du docteur Augier.

A l’issue de la cérémonie nous nous rendrons (pour ceux qui le souhaitent) au camp Marin, le temple de l’aéronavale, pour un repas convivial.

Au menu œufs meurette, cochon grillé et naturellement …conversations de pingouins.

Pour réserver votre place à table ne manquez pas de retourner l’inscription à Bernard LESSEVE

Courrier repas Thoron 21-05-2018

A la semaine prochaine

Donec

Pauvre petit sergent

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Salut la compagnie,

Depuis quelque temps l’actualité résonne des malheurs que subit la population féminine de nos pays. Trop souvent le cerveau reptilien prendrait le commandement de la libido de nos contemporains mâles, rendant impossible toute aimable cohabitation et entraînant des dégâts collatéraux.

Il est bien entendu que tout cela est passablement inventé car les femmes ne manquent jamais de faire aussi régner la terreur. Combien de mes amis doivent interrompre une conversation, laisser un verre du whiskey sur le coin du comptoir pour accomplir leur « devoir conjugal ». Pourtant c’était pire avant. Pour preuve ce témoignage d’un propos recueillit dans la « gazette des tribunaux » en 1864.

« Par une étrange prédestination elle s’appelle Moutarde et elle comparaît aujourd’hui devant la cours d’assise de la Seine non pour avoir traité son mari de « sinapisme malgré lui » mais pour l’avoir un peu proprement barbouillé avec du vitriol. Quand on a un nom aussi caustique que celui de Moutarde un tel procédé n’a rien qui doive étonner. Seulement Charrier le mari a eu le tort d’épouser sans y regarder à deux fois une femme de quarante ans. En janvier dernier Charrier homme rassit de cinquante ans, ancien sous-brigadier de sergent de ville épousait en toute cordialité Marie Moutarde et six mois plus tard, le 14 juillet suivant la lune de miel se dénouait par cette tentative de vitriolisation qui amène aujourd’hui l’épouse sur le banc des accusés. Il paraît que Marie n’avait pas tardé à rendre son homme fort malheureux. Selon lui elle serait d’une malpropreté révoltante et d’une avarice sordide. Elle le faisait littéralement mourir de faim, l’accablait de reproches et de mauvais traitements. Pourtant il s’était résigné à prendre ses repas aux restaurant, a vivre ses journées loin d’elle et ne rentrait que le soir. Mais elle le disputa et le malmena encore. Enfin elle s’avisa de lui faire des scènes de jalousie. Il avait assisté à un baptême en compagnie d’une jeune cuisinière. Elle prétendit que cette jeune cuisinière était sa maîtresse. Le matin du 15 juillet 1875, le sieur Charrier balayait la salle à manger pendant que sa femme s’apprêtait à manger. Une querelle s’éleva elle lui dit : « va donc chercher la pourriture avec laquelle tu étais jeudi » il répliqua : « Je n’ai pas besoin d’aller chercher dehors ce que j’ai chez moi ! ».

Ils échangèrent des injures, elle sortit alors de la salle à manger, entra dans sa cuisine et revint avec à la main une tasse dont elle lança le contenu au visage de Charrier. Il s’agissait d’acide sulfurique. Ce matin-là contrairement à ses habitudes elle avait bu un verre d’absinthe… ».

Preuve est ainsi faite que la vie d’hier comme celle d’aujourd’hui n’était pas toujours rose pour les garçons.

A la semaine prochaine

Donec

Le Festival de Cannes

Salut la compagnie,

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Le festival de Cannes fut initié par Jean ZAY en 1936, mais cette manifestation n’ouvrit ses portes qu’en 1946. La Palme d’Or récompensa des chefs-d’œuvre : la Dolce Vita en 1960, le Guépard en 1963, Kagemusha en 1980 ou Dancer in the Dark en 2000. D’autres furent en demi-teinte, d’autres sans teinte du tout.

Certains nous consternent. En 2013 est récompensé un film d’Abdelladif KECHICHE : « la vie d’Adèle » salué unanimement par une presse enflammée. C’est une œuvre qui confine au génie !

Le synopsis est simplissime, une gamine de 15 ans cherche l’amour, elle tâte du garçon mais ça ne lui dit rien. Alors elle s’oriente vers une fille à cheveux bleus bien délurée. Va suivre une succession de scènes d’amour assez sportives et complètement dénudées, ponctuées de petits cris de plaisir. Ne croyez pas que la bonne humeur règne, tout y est tristesse et sale gueule. La gamine c’est Adèle. Elle se découvre une âme de petite esclave, fait la vaisselle, cuit des pâtes, l’autre, la délurée poursuit sa réussite avec sa tête carrée assez chercheuse. Mais patatras l’ambitieuse vire de sa vie Adèle et la renvoie à son école maternelle, sa vie médiocre, ses larmes et son Rimmel qui coule.

Je m’attendais à un épilogue, façon Anna KARENINE, sous les roues d’un train de banlieue. Pas du tout, elle s’éloigne tristement dans la nuit. Nous avons mis 2h42 pour en arriver là.

Cerise sur le gâteau ce film est une suite ininterrompue de clichés, de lieux communs et de dialogues d’une déconcertante vulgarité. Le tabagisme et l’alcool y règnent en maître et l’argent mène la danse !

A la semaine prochaine

Donec

La Grande Russie

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Salut la compagnie,

Au début du siècle dernier l’Etat russe atteint un intéressant niveau de sclérose. Il s’apprête a vivre un siècle d’abominables aventures révolutionnaires. En attendant il est en guerre contre le Japon.

La marine russe est très inégalitaire, une bande d’aristocrates mène d’une poigne de fer un équipage de moujiks. Le 21 octobre 1904 la flotte de la Baltique fait route vers Port-Arthur pour renforcer celle d’Extrême-Orient. Il fait nuit. Nous sommes au large de l’Angleterre, en pleine mer du nord, le navire-atelier Kamtchatka qui ferme la marche des 45 navires signale qu’ils sont suivis par plusieurs bâtiments dont les feux ne sont pas règlementaires.

Branle-bas de combat dans l’escadre, les Japonais attaquent !

L’amiral ROJESTVENSKY ne barguigne pas et fait ouvrir le feu pendant 20 minutes. Après avoir fait cesser le feu, on allume les projecteurs et surprise les destroyers japonais ne sont que de paisibles pêcheurs anglais. Heureusement que les canonniers russes tirent mal. Il n’y aura chez les Britanniques que deux morts et six blessés.

Comble de malchance, les croiseurs russes Aurora et Dmitrii Donskoi sont pris à partie par leurs coreligionnaires. L’aumônier et un matelot sont tués. Le cuirassé Oryol a de son côté tiré 500 obus en pure perte.

Non content d’avoir mis à mal les chalutiers anglais l’amiral ROJESTVENSKY abandonne les naufragés à leur sort.

Orage à Londres !

Sous la pression diplomatique une enquête internationale est menée. L’escadre doit relâcher à Vigo pour s’expliquer avant de poursuivre sa route vers son anéantissement total à la bataille de Tsushima.

Pour conclure c’est avec ces couillons, dit le « rouleau compresseur russe » que dix ans plus tard, le président Poincaré a la bonne idée d’affronter l’Allemagne. Nous n’avions peur de rien en ce temps-là.

C’est tout simple

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‌Salut la compagnie,

Parmi les hommes d’Etat qui trouvent des solutions simples à des situations abracadabrantesques je citerai encore une fois le meilleur de tous, Donald Trump.

Régulièrement aux Etats Unis, s’organisent des tueries, commises par des lycéens en délicatesse avec leurs établissements. Après l’achat de quelques armes de guerre, ils attendent les copains à la sortie du collège.

Que faire pour mettre fin à cette folie ? Interdire les armes ? Réglementer leur vente ?

Ce serait faire inutilement du tort à la Rifle National Association, congrégation éminemment philanthropique. Celle qui permet à chaque Américain de posséder les outils pour se défendre contre les ours bruns, les Sioux ou les vide-goussets.

L’interdiction, la réglementation sont des attitudes d’européens prompts à la repentance, au mea culpa et disons-le empreints de la lâcheté propre aux civilisations décadentes.

Face à ces assassins en culottes courtes Donald trouve immédiatement la parade : armer les professeurs. L’idée est géniale, il la tient d’une tradition solidement ancrée dans l’âme américaine : le western. Son imaginaire ayant été nourri des œuvres de John Ford, Georges Stevens ou Fred Zinnemann.

Sa grande culture lui a montré la voie.

Ainsi quand à la sortie des cours un élève paranoïaque fera feu, immédiatement des professeurs formés par les « marines » le mettront hors d’état de nuire.

Une telle solution porte à l’évidence la patte du grand Donald Trump.

C était tout simple mais encore fallait-t il y penser !

A la semaine prochaine

Donec

Rationnaire : membre de l’équipage devant prendre son quart à midi et qui a donc accès à la cafétéria vers onze heures trente. Bien entendu quelques malins tentent de se faufiler et peuvent ainsi déjeuner tranquillement et à l’avance.

PJ : magnifique texte de l’amiral Marin GILLIER sur nos valeurs Marine 4 valeurs dans la marine (2)

Sacré Dany !

commandant en second sont pas biplace

Salut la compagnie,
Je vous racontais le plaisir qu’il y a dans ce temple de la Marine qu’est la Rascasse, sise à la pointe des Sans Culotte, à Nice, de se retrouver entre bouffeurs d’écoutes, tailleurs de routes, sous mariniers ou pingouins.
Parmi les personnages dont la présence est synonyme de dépaysement, il y a Dany Grandvoinet.

Etre à ses cotés c’est être assuré d’embarquer sur un Junker 52, poursuivre par quelques appontages de jour et de nuit en Breguet 1050 Alizé et terminer dans la peau d’un commandant de bord de Boeing blanchi sous le harnois.
Le tout est ponctué d’anecdotes impayables car ce diable d’homme a de l’esprit et un humour redoutable.

Résolu de faire profiter ses contemporains de sa riche expérience, il vient d’écrire un ouvrage « effraction dans un carnet de vol » qui ne manque pas de sel. Il évoque sa passion forcenée pour l’aviation et sa boulimie de pilotage. Depuis les machines approximatives de 1950 aux monstres technologiques contemporains. Cerise sur le gâteau, Il n’oublie pas d’évoquer ses missions d’honorable correspondant.

Je vous invite donc à faire l’acquisition de ce petit ouvrage qui pourra d’ailleurs être dédicacé par Dany le 22 mars prochain à la salle du Tribunal de la mer sur le port du Cros de Cagnes de Cagnes vers 17:00… Et boire un pot à sa santé.

En pièce jointe vous trouverez le modus operandi.
effractions dans un carnet de vol

A la semaine prochaine

Donec

PS : Le Corsaire F4 U5 est la mythique machine chère à Pappy Boyington et que présentait en vol, dans les années 2000 Ramon Josa (voir le hors série n°60 du Fana de l’aviation)
Le North Américan T6 fut un avion d’entrainement standard dans les années 50. Il fut abondamment utilisé par l’armée française en Algérie.

Alexandre Henri Nadault de Buffon

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‌Salut la Compagnie,

La société Nationale de Sauvetage en Mer vient de fêter son cinquantenaire. Chacun a conscience du rôle essentiel de cette association, présente 24h sur 24 et 365 jours par ans pour venir en aide à ses frères marins malchanceux imprudents ou maladroits.

Cette belle organisation est issue de la fusion des Hospitaliers Sauveteurs Bretons et de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés. Cette dernière fut portée sur les fonds baptismaux par des personnages prestigieux : l’impératrice Eugénie, Napoléon III et l’amiral Rigault de Genouilly.

Aujourd’hui nous allons plutôt évoquer le souvenir de celui qui fut à l’initiative des Hospitaliers Sauveteurs Bretons : Alexandre Henri Nadault de Buffon.
Naturellement nous ne le confondrons pas avec son grand oncle Louis-Leclerc, Comte de Buffon entomologiste et maître de forges.

Le jeune Henri reçoit de son père le goût de l’ordre et de sa mère un authentique don littéraire, une imagination vive et généreuse sans oublier une profonde religiosité.

En 1848 la révolution éclate, il a 17 ans. Le 22 juin, une manifestation dégénère sous ses fenêtres. Son père est en mission. La garde Nationale est refoulée, il saisit les armes qu’il trouve, rejoint la Garde et fait le « coup de feu ». Il sera trois fois blessé. Pour cette action le voilà promu au grade de chevalier de la Légion d’Honneur.

La paix revient et l’Empire s’installe, en 1852 il est licencié en droit et entre dans la Magistrature.
Installé à Chalon sur Marne, le 21 mars 1861, il sauve de la noyade un malheureux qui se débat et manque de le noyer. Il obtient pour cet acte de courage la médaille d’or du sauvetage. Sa générosité est sans limite. Il apprend qu’un amoureux éconduit a tenté de se suicider, Il se rend chez la belle et la persuade de revenir sur sa décision. Ce qu’elle fait.

Un orateur né je vous dis !

A 36 ans il est nommé Substitut du procureur de Rennes, avancement brillant voire exceptionnel. Pourtant cet homme reste ouvert aux humbles. Il n’hésite jamais à effectuer des démarches en leur faveur. Cela ne l’empêche pas d’être aussi intransigeant avec ses principes au risque de nuire à sa carrière.

Il se bat aussi pour l’abrogation de la loi du 30 juin 1838 qui autorise l’internement d’un individu en asile psychiatrique sur la foi d’un seul certificat médical. Nadault de Buffon réclame qu’il soit contresigné par deux autres confrères. La réprobation est générale mais cette loi ne sera abrogée qu’en 1968.

Malheureusement en 1872 sa vue s’obscurcit et sa cécité devient totale.

Cinq ans avant son départ en retraite, se promenant sur la grève à Saint Malo l’idée lui vient de faire quelque chose pour ceux qui se consacrent à sauver la vie des autres en danger de mer.

Il mettra quatre ans à élaborer les statuts de la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons, son but étant de leur donner les moyens nécessaires à leur action.
Après un début difficile, des liens étroits vont se nouer avec la Société centrale de Sauvetage des Naufragés comme avec les milieux maritimes français et étrangers. A sa mort la société à largement dépassé le cadre des départements bretons. Elle allait poursuivre son développement jusqu’à sa fusion en 1967et devenir partie prenante de la Société Nationale de Sauvetage en Mer.

Comme il le disait, voyant son succès malgré les épreuves « Si Dieu avait frappé l’ouvrier, il s’était plu à bénir son œuvre ! ».

A la semaine prochaine

Donec

PS : merci à Michèle Jenny qui a guidé mes pas

N’oubliez pas, Donec a un blog : donec.eu