Pékin Paris

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Bonjour à tous,

Les Français ont une haute idée du génie de leur race, malheureusement cette modestie leur joue parfois des tours.

La course Pékin Paris de 1908 en est un bon exemple. Ce raid, le premier du genre est du à l’initiative du journal le « Matin » mais tous y voient la main du Marquis De Dion. Son objectif est de révéler à la face du monde la supériorité de l’industrie automobile française et de ses productions.

S’il y eu 45 inscriptions ce sont seulement cinq courageux qui s’élanceront de Pékin pour la grande aventure. Il y a L’Itala du Prince Scipion Borghèse monstre de 7 L de cylindrée, deux De Dion Bouton, la Spyker Hollandaise de Charles Godard et un tricycle incertain, le mototri Contal de Pons. La notion de compétition passe au second plan remplacée par l’entraide et la convivialité entre participants.

Le prince Scipion Borghèse, condottière et grand seigneur a tôt fait d’imposer aux autres un rythme qu’ils ne peuvent suivre et s’échappe.

La Spyker tombe en panne d’essence, les De Dion qui pouvaient la ravitailler l’abandonne à son sort. L’équipage attendra les secours une journée en buvant l’eau du radiateur par une température de 45°. Le plein fait, il mène un train d’enfer et rattrape les Français. A Irkoutsk Le Condottière a deux jours d’avance sur ses concurrents, il affronte la boue, les marais, les ponts de bois qui s’écroulent, suit les rails du Transsibérien, contourne le lac Baïkal.

La Spyker donne ses signes de fatigue, la magnéto rend l’âme et la transmission ne vaut guère mieux. Incapable de poursuivre, Godard télégraphie à l’usine, et rapatrie la Spyker à Tomsk pour la réparation. Celle-ci effectuée c’est comme un fou qu’il rattrape son retard en roulant 24 heures d’affilées. En deux semaines il a parcouru la même distance que Borghèse en deux et les De Dion en cinq.

Mais c’est le Prince qui triomphe à Paris 62 jours après le départ de Pékin, accueilli par un orchestre juché sur l’impérial d’un autobus.

Les trois autres concurrents se sont rejoints et leur fraternité retrouvée, naviguent de conserve. Pourtant au passage de la frontière allemande la Spyker est arrêtée. Godard se retrouve au poste de police. Les autorités lui reprochent indélicatesses et dettes qu’il aurait commise. Il risque 17 mois fermes. Ses frasques n’expliquent pas tout. Nous devons y voir l’œuvre du Marquis déjà humilié par l’arrivée de l’Itala. Comment accepter en plus une deuxième place pour la Spyker (supérieure aux De Dion par ailleurs).

Mais la marque néerlandaise ne s’en laisse pas compter et délègue son pilote d’sine pour terminer la course. Naturellement il rattrape les Français, les double mais beau joueur en vue de l’arrivée leur laisse prendre les deuxième et troisième places.

L’humiliation du pauvre marquis est totale d’autant que Godard est relâché quelques heures plus tard.

Nous sommes le 30 aout 1907 le Pékin-Paris est terminé, la légende commence.

A la semaine prochaine

Donec

Rappel pour les néophytes : la cambuse est un lieu merveilleux qui recèle mille mets tous plus succulent les un que les autres

Rev’là Fañch Mit !

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Bonjour à tous,

Des présidents de la Vème république François Mitterrand est assurément un personnage de roman.

Œcuménique, il fit la synthèse entre l’extrême droite la plus trouble et l’extrême gauche la plus fumeuse. Présent aux obsèques des membres éminents de la Cagoule, il vivait entouré de fils d’Israël prestigieux dont il ne manquait jamais de faire l’éloge.

Coté jardin, le « Beau François » menait une vie amoureuse trépidante, ayant plusieurs fers au feu et n’hésitant jamais à partager son savoir faire avec les femmes des copains.

Mais toutes ses conquêtes ne s’en laissaient pas compter. Ainsi la petite Anne Pingeot qui nous livre 33 années des lettres qu’elle recevait de son héros, lui en faisait voir de toutes les couleurs.

En tout cas pour de qui est de la pratique de la langue, François était à la hauteur. Ainsi je ne puis résister au plaisir de lui donner la parole, Découvrons ensemble son intronisation dans l’ordre des chevaliers de la Dive Bouteille.

– « Vers 4 heures je me suis arrêté à Saint-Vincent de Tannay, l’un des rares vignobles de la Nièvre (saint Vincent est le patron des vignerons). J’ai horreur de ces beuveries, de la fausse poésie qui chante les bons crus, de la gaîté collective qui s’exprime gras, de ces bourgeois qui jouent au paysan, de ces paysans qui forcent leur nature. Autant dire que je n’étais pas à mon aise (il y a quelques années, ministre de je ne sais quoi j’ai été invité aux fameux dîners du Tastevin au château Clos-Vougeot. Là on m’a fait « grand-officier » de l’ordre en question, avec un ambassadeur, deux ou trois maîtres de forge et Robert Lacoste, qui fut gouverneur de l’Algérie. Je me vois décoré, louangé par ces trognes, le vin coulait. Une noblesse de mauvais aloi emplissait ces discours. Ca a duré jusqu’à 4 heures du matin avec des plats incroyables – Je me souviens de porcelets glacés ! Et bien ! Je rougis encore de m’être prêté à cette comédie et depuis lors, bien que parlementaire de Bourgogne je n’y ai jamais remis les pieds… )».

A la semaine prochaine

Donec

Le Tigre est dans l’arène

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Bonjour à tous,

1917, c’est l’année terrible. Elle avait mal commencé avec la mise en œuvre de la guerre sous marine à outrance, c’était poursuivie par le repli stratégique de l’armée allemande qui minait et saccageait le terrain abandonné. Il y avait eu la folle offensive du chemin des dames suivie des mutineries. N’oublions pas la révolution bolchevique qui allait inventer pour huit décennies une Russie Potemkine ou derrière des tentures chatoyantes s’installe un enfer impitoyable. Quand aux tentatives de paix elles sont repoussées avec mépris
Dans cette atmosphère de fin du monde Clemenceau arrive aux affaires.
Le deus ex machina de l’évènement est le président Poincaré décrit par Emile Moreau* attentiste, manquant de caractère, autoritaire et peu franc. Mais c’est aussi un redoutable tacticien, expert du billard à trois bandes. Il partageait avec Clémenceau la haine de Caillaux, autre homme d’état dépassant d’une tête le « marais politique ». Choisir le jusque auboutisme de Clemenceau ou la « paix blanche » de Caillaux, car un fort courant existe en faveur de la paix ?
Poincaré tranche ce sera Clemenceau dont la force morale l’impressionne et en conséquence l’arrestation de Caillaux… et son renvoi en Haute Cour.
Désormais la route est tracée nous sommes le 17 novembre 1917 le Tigre prend la barre.
A la chambre Clemenceau parle : « Vous voulez la paix ? Moi aussi. Il serait criminel d’avoir une autre pensée. Mais ce n’est pas en bêlant la paix qu’on fait taire le militarisme Prussien. Ma politique étrangère et ma politique intérieure c’est tout un. Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre ».

La machine à broyer du poilu poursuit sa marche inexorable.

A la semaine prochaine

Jean Jacques

*Emile Moreau gouverneur de la Banque de France qui mettra en œuvre le « franc Poincaré » en 1928

Anecdote

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Bonjour à tous,

George Clemenceau partage avec Charles de Gaulle un exceptionnel prestige auprès de nos compatriotes et ce n’est que justice.
Nous allons la semaine prochaine commémorer le siècle de sa nomination au poste de premier ministre. Nous en reparlerons.
Personnage haut en couleur, il rendait régulièrement visite aux poilus auxquels il vouait un immense respect.
Je vous livre un dialogue savoureux qu’il eut justement avec un « bonhomme ».
– « Sept palmes ! d’où es tu ? »
– « De Marseille ! »
– « Tu as été blessé ? »
– « Oui mon Président, treize fois »
– « Treize fois, tu as la médaille militaire, serais tu content d’avoir la Légion d’Honneur »
Silence du poilu ému.
Se tournant vers le colonel – « Peut t on donner la Croix ? »
– « Il a mauvais esprit il a fait deux mois de prison »
– « Et pourquoi ? »
– « Parce que j’avais refusé la Médaille Militaire »
– « Et pourquoi ? »
– « Parce que le général avait dit que les gens du midi étaient des gens foutres ».

A la semaine prochaine.

Donec

Je n’oublie pas qu’il y a 47 ans disparaissait le général de Gaulle

Un aimable quiproquo

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Bonjour à tous,

L’exercice du pouvoir demande talent et savoir faire. Il convient pourtant de ne pas oublier que les meilleures intensions ne reçoivent pas toujours l’accueil espéré et doivent porter à l’humilité. Ainsi un ministre de l’intérieur récent qui fut en fin de règne premier ministre avait un dada : vider les prisons. Il était révolté par le coût exorbitant des établissements pénitentiaires. La population de vide goussets, de tire laine et autres assassins étaient luxueusement logés dans des prisons cinq étoiles. Ils abusaient sans vergogne de l’hospitalité de l’état. C’est donc avec la meilleure volonté du monde qu’il pratiquait le pardon à grande échelle et ouvrait grandes les portes des centres pénitentiaires. La multitude quand à elle, peu soucieuse d’économies lui en voulait d’avoir élargi les assassins islamistes, les cheminots et les souleveurs de jupes.

Il en est tout autrement du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Il considère que ces économies à la petite semaine n’ont pas lieu d’être. Il préconise au contraire l’incarcération de tout personnage au teint halé, à la barbe fournie et porté aux momeries islamistes. L’éradication de la pègre est son vœux le plus cher et nul ne doute que devenu ministre de l’intérieur il y parviendra.

Tout cela lui vaut une extrême popularité auprès d’un public soucieux d’ordre et aimant la cochonnaille.

Pourtant ces deux personnalités imminentes se ressemblent par une petite taille, une vue défaillante et une aimable calvitie.
Dernièrement celui qui fut ministre de l’intérieur puis premier ministre se rend dans une librairie parisienne. Il est abordé par une vieille dame qui le remercie chaleureusement pour son action au gouvernement. Elle évoque l’incurie des malfrats qui gouvernent le pays. Pour finir, elle lui prend la main et lui susurre avec empressement « Merci monsieur Ciotti, continuez, je vous en prie, continuez, ne lâchez rien ».

Soyons humble, je vous dis !

A la semaine prochaine

Donec

PS : certain d’entre vous m’ont demandé un portrait. C’est avec grand plaisir que je l’envoie. Sur ce cliché pris il y a une semaine entre Monaco et St Jean Cap Ferrat l’on distingue nettement sous le casque mon teint halé.
portrait

Compte rendu pour le Festival Trait d’Humour.

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Bonjour à tous,

Quel weekend !

Comme vous le savez les humoristes se réunissaient le weekend dernier à Saint Jean Cap Ferrat pour le Festival Trait d’Humour.
Quel plaisir de retrouver cette belle équipe de crayonneurs !

Les Belges sont là, Sondron et Decressac, solides gaillards au rire aussi éclatant que leurs dessins. Le merveilleux Bonfim et sa guitare, les doigts plein de crayons. Il commence immédiatement à portraiturer à tour de bras, Il nous interprète au passage quelques mélodies brésiliennes indispensables à l’amour et autres fantaisies galipettantes. Sampaio, notre lisboète dessine des hommes à tête de chien. Nadia et son chat « Willis from Tunis » ferraille dur avec les barbus de son pays et leur obscurantisme congénital. Donnelli nous livre son amour de new Yorkaise pour son président à la main leste et à l’esprit lourd.

Naturellement les français débarquent en force, Balouhey, vieux sage aux lunettes à la Marcel Achard, Trax et son crayon fulgurant, Besse qui nous croque tout cru, Placide, dégingandé et hilare qui sophistique ses dessins. Je ne manque jamais, la fête finie, de le reconduire à la gare. Il y a aussi Beltramo et son cœur « gros comme ça » qui dessine plus vite que son ombre. Sans compter les petits nouveaux dont je ne connais que la réputation : Jépida, Cap, Lagrange, Lanchon, Rafage, Ysope. Il y a aussi Ricor, le grand ancien, le caricaturiste de « Pilote » et des « Grandes Gueules ». Il vient d’être mis à l’honneur dans une émission de France Culture concernant Goscinny. N’oublions pas son compère Ganan tout à fait talentueux.

Les organisateurs veillent au grain, Sabine qui mène son monde d’éclats de rire en éclat de rires. Olive l’enjôleur qui organise le festival et peint ses tableaux à l’imprimante. Enfin Thierry notre speakeur qui conserve de sa jeunesse trépidante et cascadeuse une démarche chaloupée et une inépuisable réserve d’anecdotes.

Pourtant, parmi tous ces artistes il en est un, tout feu, tout flamme et la pipe au bec, sorte de petit ouragan, qui porte son père dans son sac à dos. Insolent, plein d’humour,il a la dent dure et l’œil pétillant. C’est Barrigue !

Son père, le grand Piem, ne manqua pas d’honorer le festival il y a quelques années. En 2014 Cabu est parmi nous, Barrigue aussi. Il téléphone à son père qui suit les évènements du haut de sa 92éme année. Thierry passe le récepteur à Cabu.

« Alors tu es le prochain sur la liste » lui dit le père du grand Duduche. Le sort et les dérangés du bocal en décideront autrement…

Il nous présente les dessins que lui a inspirés son voyage dans les camps de réfugiés d’orient effectué avec son compère Sjöstedt pour rencontrer les émigrés. Ils nous en ramènent un reportage, des images et des dessins d’une grande humanité.

La conclusion lui appartient, à la distribution des prix, il prendra la parole pour dévoiler un scoop dont Closer ne va pas manquer de faire ses choux gras. « Thierry Barrigue n’est pas le fils de Piem, il est le fils de la femme de Piem ».

A la semaine prochaine

Donec

Rendez vous sur le port de St Jean Cap Ferrat

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Bonjour,

Nous y sommes, demain à 17h00 dans le cadre pittoresque et inoubliable du port de Saint Jean Cap Ferrat avec en toile de fond le superbe Baou Rous va s’ouvrir le festival « trait d’humour ».
L’an passé 20 dessinateurs de presse étaient reçus, demain à 17h00 nous seront 27 à exposer dessins et caricatures.
Cette semaine Sabine, Coco, Guy, Olive et moi-même avons mis la dernière main à l’installation des panneaux et cimaises dans les salles Neptune et Néréides.
Nous allons retrouver demain cette troupe de mauvais ou très mauvais esprits, ennemis de la bêtise et du marcher droit. Comme chaque année nous allons partager quelques instants inoubliables. Par delà l’échange, les battles, les happenings et autres dédicaces et concours, il y aura les repas du soir. Le repas d’un dessinateur de presse c’est quelque chose ! Le service à peine terminé on écarte les couverts les crayons sortent comme par enchantement. La nappe devient le terrain de jeux de ces sales gosses, garçons et filles qui laissent aller leur humour ravageur.
Un air de liberté et d’insolence va souffler sur la nuit Saint Jeannoise. Ce qui ne manque pas de vous faire un moral tout neuf.
Alors rappelez-vous, demain 17 h00 salle des néréides sur le port de Saint Jean Cap Ferrat.

A la semaine prochaine

Donec

Un peu d’humour

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Bonjour à tous,

Au XVIIIème siècle Louis Sébastien Mercier, ce piéton de Paris nous à livré un tableau saisissant qui ne s’arrête pas aux images mais y ajoute les bruits et les odeurs.
Tout cela dans un style inimitable. Aujourd’hui il parle latrines.
« Elles manquent à la ville. On est fort embarrassé dans ces rues populeuses, quand le besoin vous presse ; il faut aller chercher un privé au hasard d’une maison inconnue. Vous tâtez aux portes et avez l’air d’un filou, quoique vous ne cherchiez point à prendre.
Autrefois le jardin des tuileries, le palais de nos rois, était un rendez vous général ; Tous les chieurs se rangeaient sous une haie d’ifs, et là soulageaient leurs besoins. Ils y a des gens qui mettent de la volupté à faire cette sécrétion en plein air : les terrasses des tuileries étaient inabordables par l’infection qui s’en exhalait. Monsieur le comte d’Angiviller , en faisant arracher ces ifs, a dépaysé les chieurs qui venaient de loin tout exprès. On a établi des latrines publiques, où chaque particulier satisfaisait son besoin pour la pièce de deux sols ; mais si vous vous trouver au faubourg Saint Germain et que vos viscères soient relâchées, aurez vous le temps d’aller trouver l’entrepreneur ? L’un se précipite dans une allée sombre et se sauve ensuite, l’autre est obligé au coin d’une borne d’offenser la pudeur publique ou de se servir d’un fiacre ou d’une vinaigrette. Il transforme le siège de la voiture en siège d’aisance. Ceux qui se sentent encore des jambes courent à demi courbés au bord de la rivière. »

A la semaine prochaine

Donec

TRAIT D’HUMOUR, festival international du dessin de presse et de la caricature aura lieu les 13, 14 et 15 octobre 2017 à la salle Neptune sur le port de St Jean Cap Ferrat.
Soyez présent ! Cocktail d’inauguration le vendredi 13 à 18:00
Portrait d’un artiste participant au festival, aujourd’hui Moine

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Il y a 50 ans, l’école de Maistrance

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Bonjour à tous,

Il y a juste 50 ans par un temps pauvrement ensoleillé que nous affectionnons tous, l’express de Paris me laissait sur le quai de la gare de Brest ma valise à la main.
Les trains ouvriers déversaient une population assez curieuse, bigarrée et rubiconde. Je suis tout de suite abordé par un matelot dégingandé et souriant dans un uniforme impeccable. Il avait découvert, sans doute à ma mine hébétée un candidat à la grande aventure marine. Ce garçon devait par la suite poursuivre une brillante carrière qu’il commença chez les fusiliers marins pour finir au capitanat de vaisseau, faisant montre en toutes circonstances d’un humour « pince sans rire » décoiffant.
Je lui ai un jour rappelé sa mission d’accueil en gare de Brest mais il n’en avait plus souvenir.
Puis c’est la ballade en bus bleu brinquebalant vers le Centre d’Instruction Naval. Cet ensemble de bâtiments avait grande allure. A ses pieds, dans le port, le cuirassé Richelieu, la base sous marine et un ponton qui s’appela au temps de sa splendeur Grossherzogin Elisabeth. Suivant une solide tradition française j’imaginais que ce trois mats carré avait terminé sa carrière métamorphosé en ailes et capots de Renault. Pas du tout il est visible sur le port de Dunkerque.
Nous sommes reçu au CIN par une brochette d’officiers mariniers galonnés d’or jusqu’aux épaules qui trient et auscultent notre bagage, très à cheval sur les lectures. Les Bronnec, Abiven, Furic, « Calagan » et d’autres appartenant aux multiples spécialités nous accompagneront l’année durant pour nous initier à l’univers fascinant de « l’homme libre ».*
Nous passons ensuite entre les mains du premier maitre « Capoul ». Ce personnage, natif des îles, haut en couleur, exerçait les doubles fonctions de coiffeur et de chef de la musique. Il exerçait ces sacerdoces avec un talent consommé. Le crâne enfin rasé, Il ne manquait que l’uniforme, c’est bientôt fait. Nous voilà installé dans notre poste, comiques dans nos treillis neufs, éberlués de cette métamorphose.
Je réalise alors que l’autobus brinquebalant « nous avait conduit dans une époque nouvelle où bien qu’étant encore adolescents nous venions cependant de naitre »

Nous faisions nos premier pas à l’école de Maistrance Pont.

A la semaine prochaine et …Merci Guillaume

Donec
* homme libre toujours tu chériras la mer, tout le monde connait la suite…

TRAIT D’HUMOUR, festival international du dessin de presse et de la caricature aura lieu les 13, 14 et 15 octobre 2017 à la salle Neptune à St Jean Cap Ferrat.
Soyez présent ! Cocktail d’inauguration le vendredi 13 à 18:00

Portrait d’un artiste participant au festival, aujourd’hui Olive

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Toujours la grande armée

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Bonjour à tous,

Aujourd’hui mettons nos pas dans ceux du sergent Bourgogne le 25 novembre 1812.
Il pouvait être 7 heures du matin ; il ne faisait pas encore grand jour, j’étais dans mes réflexions, lorsque j’aperçus la tête de la colonne. Je le fis remarquer à Picart. Les premiers que nous vîmes paraître étaient des généraux, dont quelques uns étaient encore à cheval, la plus grande partie à pied, ainsi que beaucoup d’autres officiers supérieurs, débris de l’Escadron et du Bataillon sacrés que l’on avait formé le 22, et qui, au bout de trois jours, n’existait pour ainsi dire plus. Ceux qui étaient à pied se traînaient péniblement, ayant, presque tous les pieds gelés et enveloppés de chiffons ou des morceaux de peaux de mouton et mourant de faim. On voyait, après, quelques débris de la cavalerie de la Garde. L’Empereur venait ensuite, à pied et un bâton à la main. Il était enveloppé d’une grande capote doublée de fourrure, ayant sur la tête un bonnet de fourrure amarante, avec un tour de peau de renard noir.
A sa droite, marchait également à pied le roi Murat ; à sa gauche, le prince Eugène, vice roi d’Italie ; ensuite les maréchaux Berthier, prince de Neuchâtel, Ney, Mortier, Lefebvre ainsi que d’autres maréchaux et généraux dont les corps avaient été anéantis.
A peine l’Empereur nous avait t’il dépassé, qu’il monta à cheval, ainsi qu’une partie de ceux qui l’accompagnaient ; Les trois quarts des généraux n’avaient plus de chevaux. Tout cela était suivi de sept à huit cent officiers, sous-officiers, marchant en ordre et portant, dans le plus grand silence, les aigles des régiments auxquels ils avaient appartenus et qui les avaient tant de fois conduit à la victoire. C’était les débris de plus de soixante mille hommes. Venait ensuite la garde impériale à pied, marchant toujours en ordre… Mon pauvre Picart, qui n’avait pas vu l’armée depuis un mois, regardait tout cela sans rien dire… Plusieurs fois il frappa la crosse de son fusil contre la terre, et de son poing sa poitrine et son front. Je voyais de grosses larmes couler sur ses joues et retomber sur ses moustaches où pendait des glaçons. Alors, se retournant de mon coté : « En vérité, mon pays, je ne sais pas si je dors ou si je veille. Je pleure d’avoir vu notre Empereur marcher à pied, un bâton à la main, lui si grand, lui qui nous a fait si fiers ! ».
Mon ancêtre, Martial Bussière, caporal au 23ème de ligne participa à cette épopée et en revint. La croix de Sainte Hélène lui fut décernée et il en éprouva, comme on l’imagine, une légitime fierté.

A la semaine prochaine

Donec

TRAIT D’HUMOUR, festival international du dessin de presse et de la caricature aura lieu les 13, 14 et 15 octobre 2017.
Soyez présent !
Portrait d’un artiste, aujourd’hui Willis from Tunis